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apic/Pape Reims

France: Ultime étape du voyage de Jean Paul II à Reims (220996)

Le pape invite les chrétiens à «dresser

un bilan de l’histoire spirituelle française»

De notre envoyé spécial, Jean-Marie Guénois

Reims, 22septembre (APIC) Le pape Jean Paul II a invité dimanche les chrétiens à dresser un «vaste bilan de l’histoire spirituelle de l’âme française», lors de la dernière journée de sa visite pastorale en France. Après

saint Martin samedi à Tours, Clovis et le 15e centenaire de son baptême ont

été dimanche à Reims au centre de cette quatrième et dernière journée passée dans l’Hexagone.

«La liturgie de cette messe nous invite à retrouver les sources de notre

baptême». Contrairement à son homélie prononcée au Bourget en 1980, le pape

s’est bien gardé d’exhorter lors de son pèlerinage «clovissien» «la fille

aînée de l’Eglise à se souvenir de son baptême». Devant l’ensemble des évêque de France et face à 150’000 à 250’000 fidèles, selon les sources, le

pape a célébré la messe dimanche matin sur la base aérienne de Reims, où il

avait atterri quelques instants plus tôt.

L’attente des fidèles, chaudement vêtus en cette journée particulièrement froide, s’est faite dans le recueillement populaire. Dans son homélie,

le pape a évité soigneusement toute polémique sur la célébration contestée.

Se contentant de relever: «De toute façon, nous célébrons aujourd’hui le

XVe centenaire du baptême de Clovis», a-t-il improvisé à la fin de son homélie.

A propos de Clovis, Jean-Paul II a observé: «Il fut ainsi donné au souverain des Francs d’être appelé à la vie du Royaume de Dieu. Il fit le

choix de renoncer à l’esprit du mal, à tout ce qui conduit au mal et à tout

orgueil. Le baptême l’a libéré du pêché originel et de tout pêché commis

antérieurement, et par grâce sanctifiante, l’a fait participer à la vie de

Dieu. Ses compatriotes baptisés avec lui reçurent les mêmes dons».

La saveur du message évangélique

Un passé qui invite à méditer sur la notion de baptême et la «saveur»

qu’il apporte à la vie : «Vous catholiques de France, comme communauté,

vous pouvez conserver la saveur du message évangelique, ou alors vous pouvez la perdre. En tant que communauté vous pouvez être la lumière qui illumine les autres ou bien vous pouvez devenir le contraire».

Ainsi, «cette grande célébration jubilaire du baptême vous donne l’occasion de réfléchir sur les dons que vous avez reçus et sur les responsabilites qui en découlent». «C’est justement parce que vous avez derrière vous

tant de siècles de christianisme que vous êtes appelés à agir de manière

digne de la vocation chrétienne. (…) Les chrétiens de notre temps ont la

même vocation que les premières générations de chrétiens de votre terre, et

en même temps, leur vocation est déterminée par l’étape présente de l’histoire. L’Eglise est toujours une Eglise du temps présent. Elle ne regarde

pas son héritage comme le trésor d’un passé révolu, mais comme une puissante inspiration pour avancer dans le pèlerinage de la foi. (…) Il faut déchiffrer notre vocation chrétienne en fonction de notre temps, à la lumière

des enseignements du Concile Vatican II sur l’Eglise, lumière des nations,

et sur l’Eglise, dans le monde de ce temps».

L’appel

Concluant son l’homélie, le pape a lancé un appel: «Catholiques de France, en communion dans la foi, l’espérance et l’amour avec vos frères de

toutes les régions du monde, soyez aujourd’hui le vivant reflet du visage

du Christ, présent en son Corps qui est l’Eglise !». «Que cette célébration

jubilaire du baptême de Clovis vous remplisse de joie, car elle rappelle le

choix accompli il y a quinze siècles. Il faut se réjouir pour le choix renouvellé au cours des siècles par tant et tant de fils et de filles de votre terre ; il faut se réjouir maintenant pour le choix fait par notre génération au terme du deuxième millénaire».

A l’issue de la messe, devant les longs applaudissements qui semblaient

ne pas vouloir cesser, le pape a improvisé ces quelques mots en français:

«Mes chers amis, il y aurait beaucoup à dire surtout si on pense à la première et à la deuxième guerre mondiale et à tous ceux qui sont enterrés

dans cette région. Mais, je voudrais seulement, pour répondre à votre joie

enthousiaste, vous dire merci, et vous inviter, j’espère, l’an prochain à

Paris».

Dans le groupe des évêques, inévitable et cible des médias, Mgr Jacques

Gaillot. Interviewé, avant la messe, l’ex-évêque d’Evreux dira: «J’aurais

préféré que la messe ne soit pas sur une base militaire. J’aurais souhaité

que ce soit un événement pluraliste, avec d’autres religions, pour montrer

que l’Etat n’est pas lié à la religion catholique. Le rassemblement de Paris, montre qu’il y a une forte tradition laïque, qu’il ne faut pas oublier. Il ne faudrait pas que notre rassemblement à Reims signifie que

l’Etat est lié à la religion majoritaire du pays. Je suis là, mais je sais

que l’événement est ambigu».

Dès cinq heures du matin, les cars avaient déjà afflué par dizaines vers

la capitale de la Champagne, avec des pèlerins venus de France, mais aussi

de Belgique, du Luxembourg, d’Allemagne et de Pologne, notamment.

Après avoir déjeuné en compagnie des évêques, et avec eux Mgr Gaillot,

le pape s’est rendu à la basilique de Reims, où il s’est recueilli devant

les reliques de saint Rémi, qui a conféré le baptême au roi des Francs au

Ve siècle.

Le pape a encore rencontré dans la soirée le Premier ministre Alain Juppé avant de s’envoler pour Rome. (apic/pr)

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