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Fribourg: 700 religieuses et religieux réunis à l’Université (220996)
«Une pauvreté à combattre, une pauvreté à embrasser»
Fribourg, 22septembre (APIC/Maurice Page) Plus de 700 religieuses et religieux venus de toute la Suisse ont participé de vendredi à dimanche à Fribourg à une rencontre sur le thème de la pauvreté. Cette première au niveau
suisse a été un franc succès tant par la qualité des intervenants que par
l’intensité des échanges, soulignent les organisateurs. Entre pauvreté
choisie et pauvreté subie, les membres des Communautés religieuses sont invités à occuper une place spécifique.
Les travées de l’Université de Fribourg ont été envahies pendant trois
jours par des voiles et des costumes de toutes sortes. L’habit blanc des
dominicains cotoyant le froc brun des capucins, le voile bleu des Filles de
la Charité frayant avec le noir des Soeurs de la Sainte Croix. La plupart
des 150 Ordres et Congrégations qui comptent en Suisse quelque 8’900 membres étaient représentés. C’est dire la diversité des engagements et des
styles.
Pour tous cependant la pauvreté représente un défi personnel et communautaire, puisque les religieuses et les religieux en font le voeu. Le titre de la rencontre «une pauvreté à combattre, une pauvreté à embrasser»
résume bien le propos. Il fait référence aux délibérations du Synode des
évêques sur la Vie consacrée réuni à Rome en 1995.
Pour Frère Mauro Jöhri, supérieur des capucins suisses, le signe le plus
grave de la déchristianisation, n’est pas la baisse de la pratique religieuse, mais l’indifférence croissante face au scandale de la pauvreté dans
le tiers monde, mais aussi en Suisse. Or l’Evangile affirme que nous serons
jugés sur notre attitude envers le pauvre, l’affamé, le mendiant, le prisonnier, souligne le capucin. L’option pour les pauvres, c’est l’option de
Dieu. Pour des communautés souvent vieillisantes, parfois bien installées,
cette démarche n’est pas toujours facile.
Créer des réseaux
Jan de Haas, pasteur de rue à Lausanne, vit depuis cinq ans cette proximité avec les pauvres et les exclus. Les paroisses, les Eglises doivent
être conscientes de la réalité de l’exclusion, souligne-t-il. Il ne suffit
pas de donner 20 francs à la personne qui vous aborde et de s’en débrarasser ainsi avec plus ou moins bonne conscience. Il faut prendre le temps de
l’écoute et du dialogue. Le pasteur de Haas, accompagné de nombreux bénévoles, tente de le faire en n’oubliant jamais la dimension spirituelle de la
relation. En particulier en demandant de prier les uns pour les autres.
Soeur Wilma Fraefel, active dans la pastorale sociale à Lucerne, insiste
sur l’importance de créer des liens, des réseaux, par exemple entre un réfugié iranien et un vieux couple suisse isolé. Deux manques peuvent souvent
se combler l’un l’autre sans pour cela mettre en oeuvre de grands moyens.
La «pauvreté» des handicapés mentaux, est pour nous une grande richesse,
témoigne Thomas Wittkowski, membre de l’Arche de Jean Vanier. Nous ne travaillons pas pour les handicapés mais avec eux. Une de nos objectifs est de
faire partager ce que nous apprenons d’eux, explique-t-il.
A ces pauvretés extérieures correspond une pauvreté intérieure, relève
Renate Put, du Katharinawerk de Bâle. Assumer ses manques est une chose pénible, mais le processus de réconciliation avec soi-même est nécessaire
pour développer de nouvelles relations avec les autres. Il faut avoir le
courage d’embrasser cette pauvreté.
Ces trois jours de débats ont débouché sur une série «d’impulsions» qui
doivent offrir aux communautés des axes de réflexion et d’action. Plusieurs
voix se sont notamment fait entendre en faveur d’un engagement social et
politique plus marqué des religieuses et des religieux. (apic/mp)
Des photos de ces journées sont diponibles auprès de l’agence CIRIC, Bd de
Grancy 17 bis, case postale 405, 1001 Lausanne, tél. 021/ 617 76 13, fax.
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