contestation à laquelle donne lieu son cinquième voyage dans l’Hexagone.

A son arrivée à Tours, Jean-Paul II a mis les points sur les i face à la

« C’est en pélerin que je viens ici », a-t-il précisé d’entrée de jeu. Pas de

confusion donc entre le religieux et le politique, mais, pour ce qui est de

l’Eglise, une affirmation sans complexe de ce qúelle représente: « L’Eglise

se sait investie d’une mission spirituelle lui faisant le devoir de

rappeler, entre autres, les valeurs qui fondent la vie sociale. »

Une vie sociale qui fait grise mine en France, à l’image de la pluie tenace

qui tombe au moment où le pape prononce son premier discours. « Ma pensée,

dit le pape, va d’abord à ceux qui traversent des épreuves en particulier

ceux qui vivent dans des situations de pauvreté, d’exclusion, de précarité

ou de maladie. Notre coeur ne pourra être en paix, tant que nous n’aurons

pas tout mis en oeuvre pour venir en aide aux blessés de la vie qui ne

doivent pas être exclus de la vie sociale. »

Jean-Paul II s’arrête un instant avant de reprendre longuement son souffle

sous les lambris dorés de la Préfecture de Tours avant de continuer son

discours. Il est assis, mais ne peut cacher sa fatigue.

Juste avant lui, le Président Jacques Chirac l’aura accueilli en insistant

sur « la France républicaine et laïque, la France de la Déclaration des

droits de l’homme, respectueuse des croyances et des convictions de chacun,

respectueuse de tous les cultes et de leur libre expression, mais la France

aussi, vieille nation, façonnée par l’Histoire et l’Esprit, demeure fière

de ses racines. La France, dont tant de filles et de fils se reconnaissent

aujourd’hui dans le message évangélique ».

Ce message évangélique, Jean-Paul II entend le décliner pour la France dans

trois directions. Outre, bien sûr la méditation sur « la redécouverte des

racines spirituelles » de ce pays, le pape étend l’appel à la solidarité

interne, à la solidarité internationale: « C’est la responsabilité

spécifique des pays les plus riches de la planète de faire en sorte que les

pays les plus pauvres puissent être les premiers bénéficiaires de leurs

ressources et du fruit de leur économies. » A ce titre, ajoute, le pape, « la

France a un rôle important à jouer dans la famille des nations ».

Seconde direction: le « dialogue inlassable avec toutes les composantes de

la nation, spécialement avec les membres des autres confessions

chrétiennes, de la religion juive et de la religion musulmane. » Jean- Paul

II demande aux chrétiens « une attitude de respect envers chacun » pour créer

des « relations bienveillantes et constructives » avec tous, « quelles ques

soient leurs convictions ». Plus précis encore: « C’est tout à l’honneur de

la France de surmonter les différences légitimes d’opinion pour rappeler

que le baptême de Clovis fait partie des événements qui l’on façonnée. »

Dernière direction: l’engagement des catholiques dans la société civile,

pour « édifier ensemble une société accueillante ».

Après un déjeuner à La Grande Bretèche, un couvent de dominicaines, où le

pape s’établit pour les trois nuits de son séjour français, Jean-Paul II

s’est rendu à Saint-Laurant-sur-Sèvres, capitale spirituelle de la Vendée,

pour prier sur la tombe de saint Louis Marie Grignon de Montfort.

Ce saint a joué un rôle déterminant dans la spiritualité du pape. Dans

l’avion qui emmenait le pape, le cardinal Poupard a rapporté aux

journalistes cette anecdote: « La première chose que le cardinal Wojtyla a

demandé qúon aille lui chercher dans sa cellule, quand il a appris qúil

était élu pape, est le « Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge » de

saint Louis Marie Grignon de Montfort. »

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