JP II France – I.Media – 96 09 19 – 1 – Tours- 5700 ?»Sans confusion»

Jean-Paul II, des son arrivee a Tours, le 19 septembre 1996 a Tours a comme

voulu repondre, a la contestation qui se heurte a ce sixieme voyage en

France. «C’est en pelerin que je viens ici»affirme-t-il. Pas de melange de

genre donc, entre le religieux et le politique, mais, pour ce qui est de

l’Eglise, une affirmation sans complexe de ce qúelle represente : «L’Eglise

se sait investie d’une mission spirituelle lui faisant le devoir de

rappeler, en autres, les valeurs qui fondent la vie sociale.»

?Une vie sociale, comme la pluie tenace de ce jour, qui fait grise mine en

France : «Ma pensee va d’abord vers ceux qui traversent des epreuves en

particulier ceux qui vivent dans des situations de pauvrete, d’exclusion,

de precarite ou de maladies. Notre coeur ne pourra etre en paix, ajoute-le

pape, tant que nous n’aurons pas tout mis en oeuvre pour venir en aide aux

blesses de la vie qui ne doivent pas etre exclus de la vie sociale».

?Jean-Paul II s’arrete un instant, et reprend longuement son souffle sous

les lambris dores de la Prefecture de Tours avant de continuer son

discours. Il est assis mais ne peut cacher sa fatigue. Juste avant lui, le

President Jacques Chirac l’aura accueilli en insistant sur les «la France

republicaine et laique, la france de la Declaration des droits de l’homme,

respectueuse des croyances et des convictions de chacun, respectueuse de

tous les cultes et de leur libre expression, mais la France aussi, vieille

nation, faconnee par l’Histoire et l’Esprit, demeure fiere de ses racines.

La France, dont tant de filles et de fils se reconnaissent aujourd’hui dans

le message evangelique.»

?Ce message evangelique, Jean-Paul II entend le decliner en trois

directions pour la France. Outre, bien sur la meditation sur «la

redecouverte des racines spirituelles» de ce pays, le pape etend l’appel a

la solidarite interne, a la solidarite internationale : «C’est la

responsabilite specifique des pays les plus riches de la planete de faire

en sorte que les pays les plus pauvres puissent etre les premiers

beneficiaires de leurs ressources et du fruit de leur economies.» En ce

sens, ajoute, le pape, «la France a un role important a jouer dans la

famille des nations».

?Seconde direction : le «dialogue inlassable avec toutes les composantes de

la nation, specialement avec les membres des autres confessions

chretiennes, de la religion juive et de la religion musulmane.» Jean-Paul

II demande donc aux chretiens «une attitude de respect envers chacun» en

vue de creer des «relations bienveillantes et constructives» avec tous ,

«quelques soient leur conviction». Plus precis encore : «C’est tout a

l’honneur de la France que de surmonter les difference legitimes d’opinion

pour rappeler que le bapteme de Clovis fait partie des evenements qui l’on

faconne». Derniere direction : «l’engagement dans la societe civile pour

les catholiques». L’objectif etant «d’edifier ensemble une societe

accueillante»

?Apres un dejeuner a la «grande Breteche», le couvent de dominicaine, ou le

pape s’etablit pour les trois nuits de son sejour francais, Jean-Paul II

devait se rendre dans la «capitale spirituelle de la Vendee» selon le

Cardinal Poupard, Saint Laurant sur Sevres, pour prier sur le tombeau de

Saint Louis Marie Grignon de Montfort. Ce saint a joue un role determinant

dans la spiritualite du pape. Dans l’avion, le Cardinal Poupard rappelait

l’anecdote suivante : «la premiere chose que le Cardinal Wojtyla a demande

qúon aille lui chercher dans sa cellule, quand il a appris qúil etait elu

pape, est le Traite de la vraie devotion a la Sainte Vierge, de Saint

Louis Marie Grignon de Montfort.»

?De fait, devant son tombeau, son disciple devenu pape, devait dire «Vous

savez que je dois beaucoup a ce saint et a son Traite». Une spiritualite,

devait rappeler le pape, qui place «le bapteme» en son centre. C’est-a-dire

«le choix de Dieu, le choix du Christ, le choix de vivre dans la grace de

l’Esprit Saint (…) choisir le bien et non le mal, le salut et non le

refus». S’adressant a des religieux et des religieuses, le pape devait leur

rappeler combien leur «le monde a besoin de leur temoignage» meme si cela

est «difficile a comprendre» pour le monde qui pense que «c’est presque

impossible a vivre».

?Comme le temoignage des «sept Freres trappistes de Notre Dame de l’Atlas»,

des «temoins purs et desinteresses de l’amour du Christ aupres de freres en

humanite qúils n’ont desire que servir. Continuons de prier, a souligne le

pape, pour que leur sacrifice devienne source de vie (…)». Aux religieux

et religieuses presentes, le pape a donc lance : «osez faire connaitre la

qualite de votre experience (…) de votre joie de servir».

?»Je sais que beaucoup d’entre vous, a observe le pape, eprouvent de

l’inquietude devant la diminution actuelle du nombre des vocations et le

vieillissement des congregations. Il vous est ainsi demande mysterieusement

une forme de participation a la Croix. Mais l’epreuve n’est pas un terme.»

?Aux jeunes vendeens que le pape devait rencontrer a Saint Laurent sur

Sevres, juste avant d’entrer dans la basilique, Jean-Paul II devait

adresser un vibrant appel a la memoire : " vous etes les heritiers d’hommes

et de femmes qui ont eu le courage de rester fideles a l’Eglise de Jesus

Christ alors que sa liberte et son independance etait menacees (…) ils ne

pouvaient accepter qúon leur impose une rupture de communion avec l’Eglise

universelle, et specialement avec le successeur de Pierre». Cela dit, «loin

de cultiver des nostalgies steriles», le pape leur a demande de «rester

attaches au Christ (…) a l’Eglise, a l’Eucharistie et au sacrement du

pardon.» FIN

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