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Genève: Rapport du COE sur le sida présenté au Comité central (160996)
« Certaines Eglises ont contribué au climat de discrimination et de peur »
Genève, 16septembre (APIC) Certaines Eglises ont contribué au climat de
discrimination, de désinformation et de peur, estiment les auteurs d’un
rapport sur le sida publié par le COE. L’action des Eglises face au problème du sida est insuffisante, déplore en outre le COE dans son rapport présenté aux 156 membres du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises,
réunis à Genève du 12 au 20 septembre.
Dans une déclaration, appelée à être approuvée le 20 septembre par le
Comité central, le COE demande aux Eglises du monde entier de mettre de côté leurs différences théologiques et éthiques sur la sexualité, pour s’engager « activement dans la lutte mondiale contre le SIDA ».
Face au problème du sida, l’action des Eglises, dans l’ensemble, « a été
insuffisante et a même, dans certains cas, aggravé le problème », peut-on
lire dans un rapport élaboré par le Conseil oecuménique des Eglises. Une
organisation forte de 330 Eglises membres dans le monde, avec des vues
« très différentes sur la question de l’éthique sexuelle », constatent les
auteurs.
« Alors que de nombreux chrétiens et Eglises ont apporté une contribution
positive sur le plan de l’accompagnement pastoral des personnes touchées
par le sida, d’autres ont contribué au climat de « discrimination, de désinformation et de peur », déplore Christoph Benn, théologien luthérien et président du groupe consultatif du COE sur le sida.
Le rapport a été contesté par un responsable d’Eglise orthodoxe, le métropolite Kirill de Smolensk. A tavers le sida, « Dieu a puni les êtres humains », a-t-il soutenu.
Plus d’engagement
Il sera demandé au Comité central de prendre acte du rapport de l’étude,
d’adopter une déclaration préparée sur la base de cette étude, et de faire
distribuer ces deux documents aux Eglises en les invitant à en faire l’objet de leur réflexion et à prendre les mesures qui s’imposent. Le Comité
central procédera au vote sur ce point le 20 septembre.
Le groupe consultatif du COE sur le sida a été mis en place en 1994. La
déclaration publique a été élaborée à partir d’un document d’une soixantaine de pages.
Le but de cette déclaration, et du document qui l’accompagne, indique-ton à Genève, est d’abord d’aider les Eglises à affronter la question du sida telle qu’elle se pose dans leurs pays, et dans ses différents aspects:
médical et sanitaire mais aussi psychologique, social, éthique et théologique, même si bon nombre d’Eglises n’ont pas attendu la déclaration du COE
pour s’engager, d’une manière ou d’une autre, dans la lutte contre la maladie et ses conséquences.
Pour les rapporteurs du document, il ne fait aucun doute que les Eglises
sont concernées par ce problème mais surtout que leur expérience de l’action diaconale, leur réflexion éthique et morale les désignent tout naturellement pour être en première ligne dans ce combat.
Dans sa conclusion (« Ce que les Eglises peuvent faire »), la déclaration
du COE demande à toutes ses Eglises membres de renforcer leur témoignage
auprès des personnes touchées par la maladie, et plus particulièrement les
femmes et les enfants, de veiller à sauvegarder leurs droits, d’engager un
travail d’information et de plaider auprès de leur gouvernement pour que
celui-ci fasse tout son possible pour renforcer les différents moyens de
lutte engagés contre la maladie. Cette déclaration est appelée à compléter
le « Guide pour l’accompagnement patoral des personnes touchées par le sida », publié par le COE en 1990. (apic/com/pr)
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