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apic/Santé du pape/Opération de l’appendicite/Les spéculations continuent

Vatican:Le pape Jean Paul II sera opéré(150996)

de l’appendicite avant la fin de l’année

Toujours des doutes dans la presse italienne

Rome, 15septembre (APIC/Jean-Marie Guénois) Si le doute ne plane plus,

sauf accident de dernière minute, sur la visite pastorale de Jean Paul II

en France du 19 au 22 septembre, les interrogations restaient entière dimanche dans la presse italienne sur la nature exacte du mal dont souffre le

pape. Ne s’agit-il vraiment que d’une opération de l’appendicite, comme annoncé samedi par la salle de presse du Vatican?

Le communiqué rassurant publié le samedi 14 septembre par le médecin

personnel du pape, Renato Buzzonetti, assisté d’un conseil médical, affirme

que le pape souffre d’une «inflammation récurrente de l’appendice» à l’exclusion de toute tumeur dans la zone abdominale. Cette information officielle sur la santé du pape, âgé de 76 ans, n’a pas convaincu.

Pourquoi avoir attendu si longtemps?

En effet, la presse italienne de dimanche présente plusieurs interviews

de professeurs de médecine italiens qui se demandent pourquoi s’il ne

s’agissait que d’une appendicite – cas exceptionnel à cet âge, disent-ils on aurait tant attendu pour réaliser une opération aussi bénigne.

Cela dit, en l’absence de données médicales précises, aucun des professeurs interrogés ne se risque à livrer un diagnostic plus précis. Questionné sur l’hypothèse d’un cancer, le professeur Giorgio di Matteo, directeur

d’une Clinique de chirurgie de l’Université de Rome et spécialiste des

maladies abdominales, n’exclut rien. Mais il ajoute:»Si le pape avait un

cancer, il n’aurait pas de fièvre, à moins que ce cancer soit à un stade

avancé, et il n’aurait pas non plus le teint rose qu’on lui connaît».

Un autre professeur, le chirurgien Carlo Caruso, de l’Université romaine

«La Sapienza», précise quant à lui que «toute l’évolution clinique de Jean

Paul II laisse supposer qu’il ne peut s’agir d’une inflammation de l’appendice (…) Je ne voudrais pas, dit-il, que l’annonce de la nouvelle maladie

du pape soit, en réalité, une opération commode pour cacher quelque chose

de plus sérieux à l’opinion publique.»

Ainsi, et contrairement à l’effet recherché par le communiqué médical du

Vatican du 14 septembre, la polémique sur l’état de santé de Jean Paul II

est donc relancée. Et il faudra certainement attendre le 9 octobre, date de

l’intervention chirurgicale selon la presse italienne, pour en savoir plus.

Si, bien sûr, cela est possible.

L’image d’un homme souffrant

En attendant, le pape continue son activité quotidienne. Le dimanche 15

septembre, il est apparu pour un quart d’heure au balcon de sa résidence

d’été de Castelgondolfo. Traits tirés, voix assez faible, il a encore une

fois donné l’image d’un homme souffrant qui a perdu son sourire habituel,

et ce malgré les sollicitations de la foule présente. Toutefois, à cette

occasion, et en français, Jean Paul II a dit «se réjouir» de sa toute prochaine visite en France. (apic/jmg/be)

Encadré

Le pape Jean Paul II, âgé aujourd’hui de 76 ans, a déjà fait dans sa vie

neuf séjours à l’hôpital, dont six d’une certaine durée. En 1944 déjà, le

jeune Karol Wojtyla avait été hospitalisé dans une clinique de Cracovie

après avoir été renversé par un camion. Le 13 mai 1981, Jean Paul II était

victime d’un attentat Place St-Pierre à Rome perpétré par le terroriste

turc Ali Agça; il dut être emmené d’urgence à la Polyclinique Gemelli pour

y subir une grave opération. Quelques jours après sa sortie d’hôpital en

juin 1981, il avait dû être hospitalisé à nouveau en raison de fièvres provoquées par un virus présent dans le sang, le «cytomegalovirus».

En juillet 1992, le pape avait été opéré pour une «tumeur absolument bénigne», selon les mots du professeur Francesco Crucitti, qui avait dirigé

l’opération du pape. En janvier et juillet 1993, Jean Paul II a subi des

examens médicaux approfondis, qui révélaient un état de santé «optimal»,

selon son porte-parole, Joaquin Navarro Valls.

En novembre de la même année, lors d’une chute à l’occasion d’une audience, le pape se luxait l’épaule et fut opéré pour une légère fracture de

l’articulation. Il se fracturait le col du fémur en avril 1994, en glissant

dans sa salle de bain. Il dut, après l’opération, séjourner quatre semaines

à l’hôpital. Le jour de Noël de l’année dernière, grippé et fiévreux, le

pape dut interrompre sa traditionnelle bénédiction «Urbi et orbi» devant

quelque 500 millions de téléspectateurs frappés d’inquiétude. En raison

d’une indisposition fébrile soudaine, le 13 mars dernier, Jean Paul II

avait dû annuler sa traditionnelle audience générale du mercredi.

Jeudi dernier, sur l’initiative de son médecin personnel, le docteur Renato Buzzonetti, s’est tenu un conseil médical pour établir la conduite

clinique et thérapeutique ultérieure. Le Collège médical auquel ont participé un certain nombre de professeurs, dont F. Crucitti, a examiné toutes

les données médicales et analyses de laboratoire ainsi que les radios disponibles. A l’unanimité, les membres du Collège ont exclu toute «pathologie

néoplastique endoabdominale», concluant à des «processus inflammatoires récurrents de l’appendice». Une opération de l’appendice devra être entreprise dans le courant de cette année et Jean Paul II a donné son accord, ontils encore précisé. (apic/be)

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