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apic/COE/Grave crise financière/Rapport du secrétaire général/Déficit 1997

Genève:Une grave crise financière secoue (120996)

le Conseil oecuménique des Eglises (COE)

Le secrétaire général préconise des changements radicaux

Genève, 12septembre (APIC) Une grave crise financière secoue le Conseil

oecuménique des Eglises (COE) à Genève. En dépit des réductions de personnel (près de 20%), il subsiste encore un déficit d’environ 1,35 million de

francs suisses pour 1997, a précisé jeudi le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du COE.

Le pasteur Raiser, qui présentait son rapport aux 156 membres du Comité

central, réunis à Genève du 12 au 20 septembre, a cependant précisé que le

Conseil demeurait en mesure de remplir «son mandat de base», mais que les

revenus dont le COE dispose ne suffisent plus à maintenir le niveau actuel

de ses activités.

Préoccupé par la mauvaise santé financière du COE, le théologien et oecuméniste allemand Konrad Raiser, qui a pris ses fonctions de secrétaire

général au début de l’année 1993, a annoncé que les revenus provenant des

institutions traditionnelles – Eglises membres ou agences d’entraide des

Eglises – continueront de baisser et qu’aucune augmentation substantielle

n’était à prévoir de ce côté-là.

«La recherche de nouvelles sources de revenus, a ajouté Konrad Raiser,

est une tâche de longue haleine qui exige des investissements à long terme

et n’apporte pas de soulagement immédiat.» «Pour ce qui est de réduire encore nos effectifs, a dit Konrad Raiser, cela est presque impossible, compte tenu de notre structure et des programmes que nous avons pour tâche de

réaliser.» Pour retrouver sa stabilité financière à long terme, a annoncé

le pasteur Raiser, le Conseil devra procéder à des «changements radicaux»

qui devront être pensés et mis en oeuvre, dans toute la mesure du possible,

d’ici l’Assemblée de Harare, en 1998.

«Quand on a proposé pour la première fois de réunir l’Assemblée de Harare sur le thème ’Tournons-nous vers Dieu dans la joie de l’espérance, a

rappelé le secrétaire général, rares étaient ceux qui pouvaient prévoir que

l’invitation à la ’conversion’ s’adresserait bientôt au Conseil oecuménique

lui-même.» «Le COE se trouve à une croisée de chemins et le choix que nous

ferons sera décisif. La crise financière, si douloureuse soit-elle, survient peut-être à point nommé.»

Une structure institutionnelle bien trop lourde

«Nous sommes bien obligés de constater que la structure institutionnelle

du COE, avec ses multiples niveaux de consultation et de prise de décision,

est devenue trop lourde, en particulier si l’on considère l’autorité limitée dont dispose le Conseil», a-t-il déploré. Trop d’énergie et beaucoup

trop de ressources matérielles et humaines sont en effet investies dans les

procédures de compte rendu et de prise de décision qui n’ont en fin de

compte qu’un impact réduit sur la vie des Eglises membres.

«Les femmes, les jeunes, les laïcs, les régions et les confessions, tous

sont soucieux de disposer de quotas fixés dans les instances décisionnelles

et consultatives. D’un point de vue purement institutionnel, ces préoccupations sont légitimes mais, en même temps, elles favorisent l’asservissement

du COE à ses propres institutions», a relevé le secrétaire général du COE.

Des erreurs dans la gestion du personnel

Le pasteur Raiser a reconnu que des «erreurs ont été commises» au moment

d’opérer des réductions de personnel. «Le processus a mis à rude épreuve la

confiance et la cohésion au sein de notre personnel et on ne peut pas dire

que nous nous en soyons tout à fait tellement bien sortis», a expliqué Konrad Raiser. Il a encore constaté que, «lorsque suite à une vague de licenciements, on perd près de 20 % du personnel en six mois, il n’est guère

surprenant que cela crée des tensions et que l’on ait tendance à rejeter la

faute sur les autres et à chercher les coupables supposés de la gabegie».

(apic/eni/be)

Encadré

Le COE, dont le siège est à Genève et qui célébrera le 50e anniversaire de

sa fondation en 1998, gère un grand nombre de programmes dans les domaines

de la théologie, de l’éducation, de l’assistance, en coopération avec ses

330 Eglises membres dans le monde. Les Eglises membres représentent toutes

les grandes traditions du christianisme, à l’exception de l’Eglise catholique romaine, qui n’est pas membre du COE, même s’il y a coopération entre

le COE et l’Eglise catholique. (apic/com/be)

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