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Hongrie: Un pasteur se bat pour la dignité du peuple tzigane (110996)
Les tziganes: «les laissés-pour-compte du pays»
Budapest, 11septembre (APIC) La Hongrie possède une des meilleures législations de défense des minorités de toute l’Europe. Grâce à cette loi, les
tziganes – à l’instar des treize autres minorités reconnues officiellement
par l’Etat hongrois – ont pu se doter de leur propre parlement. Ils disposent également de leurs propres médias. S’ils commencent à exister sur le
plan politique, en revanche sur le plan social, ils demeurent les laisséspour-compte du pays, ainsi que l’explique Antal Hadhazy, pasteur de l’Eglise réformée hongroise de passage à Lausanne.
Invité par l’Entraide protestante suisse (EPER), qui fête ses 50 ans
cette année, le pasteur hongrois, ancien boursier de l’oeuvre d’entraide,
dresse un bilan alarmant de la situation des tziganes dans son pays.
«Je suis triste que ni la société, ni mon Eglise ne se préoccupent du
problème tzigane comme elles devraient le faire», déclare Antal Hadhazy.
Avec une population estimée à 500’000 personnes, les tziganes représentent
la plus forte minorité de Hongrie, mais aussi la plus pauvre. Depuis les
changements politiques intervenus en 1989, la situation économique et sociale des tziganes s’est nettement aggravée. «Avant, tous les tziganes,
quelque soit leur qualification, avaient une place de travail. Aujourd’hui,
il y a quatre fois plus de chômeurs parmi les tziganes que dans le reste de
la population», note Antal Hadhazy. Pas étonnant dès lors que la dégradation de leur situation sociale engendre prostitution et criminalité de toutes sortes. «80% des prisons sont peuplées de tziganes», relève encore
l’ancien boursier de l’EPER.
La plupart catholiques
Quatre peuples forment la communauté tzigane de Hongrie: les tziganes
hongrois (60%), les Roms (21%), les tziganes roumains (8%) et les Sinti
(quelques familles). Tous ont été sédentarisés bien avant l’avènement du
communisme, souligne le pasteur Hadhazy. Aujourd’hui, la majorité des tziganes de Hongrie aspire à être assimilée. Les tziganes de Hongrie sont pour
la plupart catholiques. Certains appartiennent à l’Eglise gréco-catholique
(uniate). Mais dans les régions où l’Eglise réformée est présente, ils sont
réformés. L’Eglise réformée de Hongrie compte 2 millions de membres dont
100’000 pourraient être tziganes, estime le pasteur Hadhazy.
Explosion démographique
Ces prochaines années, la communauté tzigane risque bien d’exploser en
raison d’une démographie galopante, prévient Antal Hadhazy. Dans sa paroisse de Nyire Gyhaza, à l’est de la Hongrie, 5 à 7 % de la population adulte
appartient à la communauté tsigane, mais 25% des enfants en bas âge sont de
la même origine. Parmi les baptisés, le pasteur Hadhazy recense 50% de tziganes. Cette population se concentre essentiellement dans la partie orientale du pay s où certains villages sont aujourd’hui déjà majoritairement
tziganes. Depuis le changement politique, l’Etat n’alloue plus d’autres
subsides que les allocations pour enfants, précise le pasteur pour expliquer l’un des facteurs de cette explosion démographique.
Dans le cadre de sa diaconie, l’Eglise réformée de Hongrie a créé une
mission tzigane. Aumônier de la mission, le pasteur Hadhazy y consacre à
titre bénévole une partie de son ministère. (apic/spp/mms/ba)
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