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Hongrie: visite du pape Jean Paul II (080996)
Mille ans de présence bénédictine à Pannonhalma
Pannonhalma, 8septembre(APIC/Jean-Marie Guénois) Visage rayonnant, le père Abbé du monastère bénédictin de Pannonhalma en Hongrie, Asztrik Varszegi, a accueilli Jean-Paul II vendredi en début d’après-midi dans son abbaye
millénaire. Celle-ci a en effet été fondée en 996, par un groupe de disciples directs de saint Benoît tout droit venus de Rome, qui dédièrent leur
église à saint Martin de Tours, originaire de cette région de Hongrie.
Le pape a pris un repas avec la communauté des moines dans le réfectoire
baroque du monastère. Il a eu ensuite une rencontre privée d’une demi-heure
avec le président de la République, Arpad Göncz, qui a trouvé le pape «affaibli mais toujours aussi jeune d’esprit».
Jean Paul II a saisi l’occasion d’une rencontre avec les personnes âgées
et les malades pour méditer sur «la valeur de la souffrance humaine et
l’indispensable contribution de ce que l’on appelle le ’troisième âgé».
«La maladie est une situation ambivalente, a expliqué le pape: d’un côté
elle handicape la personne et la conduit à expérimenter ses propres limites
et sa propre fragilité. D’un autre point de vue, elle la met au contact direct de la Croix du Christ, en l’enrichissant de possibilités nouvelles:
«En offrant ses propres souffrances au Christ, la personne malade peut contribuer à son oeuvre de rédemption et participer activement à l’édification
de l’Eglise.» Quant à la «présence précieuse» des personnes âgées, elle est
«un patrimoine très riche de valeurs et d’expérience». «Ne restez pas fermés sur vous même, a recommandé le pape, mais communiquez ce patrimoine aux
plus jeunes, ils vous en seront reconnaissants.»
Le rôle oecuménique de Pannonhalma
L’après-midi s’est terminée par la célébration des vêpres du millénaire
dans la basilique de l’Abbaye. Parce que la langue hongroise est très difficile à prononcer, et probablement aussi suite à une grande fatigue JeanPaul II se fait relayer par un évêque hongrois pour lire sa longue homélie.
Son message était double: d’une part, il a conforté les moines bénédictins
dans leur vocation d’»éclaireurs» des sociétés, d’autre part, il a confirmé
le rôle oecuménique de l’abbaye de Pannonhalma.
L’abbaye aurait dû voir, en ce jour, la rencontre historique de JeanPaul II et d’Alexis II, le Patriarche orthodoxe de Moscou. Le pape n’y fait
pas allusion, mais le rendez-vous manqué est dans tous les esprits. «Commémorer les mille ans de la fondation de Pannonhalma, a dit le pape, signifie
remonter dans le temps jusqu’au premier millénaire qui fut caractérisé par
l’unité entre les croyants. Le pape encourage les moines a tenir leur maison «toujours ouverte» pour favoriser l’unité des chrétiens «en dialoguant
avec tous».
Jean-Paul II a encore souligné combien la vocation bénédictine est appelée à transformer le monde: «La simple phrase: ’Ora et labora’ a jeté les
bases d’un vaste programme par lequel le continent, une fois les grandes
migrations de peuples accomplies, a commencé à assumer des formes culturelles qui ont caractérisé, jusqu’à aujourd’hui, les nations européennes et
leur rôle spécial dans le monde.» (apic/jmg/mp)
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