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Berne:50 ans de dialogue judéo-chrétien en Suisse (300896)
L’AJC fête un demi-siècle d’approfondissement de la confiance mutuelle
Berne, 5septembre(APIC) L’Amitié judéo-chrétienne en Suisse (AJC) a fêté
ses 50 ans jeudi dans la salle du Conseil national à Berne, en présence
notamment de la conseillère fédérale Ruth Dreifuss et de l’ancien ministre
polonais des Affaires étrangères Ladyslas Bartoszewski, président du Comité
international auprès du Musée d’Auschwitz.
Quelque 400 invités juifs, catholiques, protestants, catholiques-chrétiens et orthodoxes ont envahis les travées du parlement fédéral, un lieu
hautement symbolique.
Le dialogue reste d’une grande actualité, estime Ernst Ehrlich, secrétaire central de l’AJC. Il est nécessaire pour éliminer les préjugés réciproques et pour dépasser la peur de l’autres sans tomber dans le syncrétisme religieux. Aucun discours d’Eglises ou sur l’Eglise ne peut se faire
sans prendre en compte le judaïsme dont elles sont issues.
L’AJC a placé la commémoration de sa fondation sous le thème des droits
de l’homme. C’est en effet à la sortie de la guerre, le 28 avril 1946 que
naît à Zurich la « Communauté de travail chrétienne-juive pour la lutte contre l’antisémitisme en Suisse », dont le président-fondateur fut le professeur Ernst Bickel, de l’ETH Zurich. Née dans le contexte du traumatisme de
la « shoah », l’AJC s’est d’emblée donné pour objectif de lutter contre l’antisémitisme, de permettre une meilleure connaissance mutuelle et une compréhension plus éclairée du judaïsme.
Ces dernières décennies, cet objectif s’est élargi à l’engagement en faveur du droit à l’existence de l’Etat d’Israël et de la recherche d’un
équilibre pacifique au Moyen-Orient.
« 50 ans, c’est un commencement – plein d’espérance certes – mais pas
plus qu’un début. Notre groupe de travail n’est pas une entreprise qui peut
arrêter son bilan définitif; elle est et restera toujours au travail », relève de son côté Georges. A. Braunschweig, président central de l’AJC.
Un message repris en écho par l’ancien ministre des Affaires étrangères
polonais Ladyslas Bartoszewski. Pour lui le dialogue judéo-chrétien est « un
nouveau regard sur la vie des juifs parmi les non-juifs, principalement les
chrétiens. L’expérience terrible et incomensurable de l’élimination systématique d’un groupe humain par un autre a été une base importante de ce
dialogue. Elle ne l’a certainement pas toujours facilité. » Dans le monde
occidental, cinq décennies de dialogue ont conduit à des résultats tangibles. « Pour les décennies et les générations à venir, poursuit le professeur polonais, il sera de notre devoir d’étendre ces activités aux pays
d’Europe centrale et orientale où les hommes ont souffert beucoup plus
longtemps sous les régimes totalitaires. »
Des avancées significatives
Les progrès du dialogue judéo-chrétien ont bénéficié de l’évolution majeure enregistrée aussi bien chez les catholiques que chez les protestants
face au judaïsme. Du côté de Rome, la déclaration conciliaire « Nostra Aetate » évoque le « lien qui unit spirituellement » juifs et chrétiens et affirme
que l’Eglise reconnaît « l’origine de sa foi et de son élection se trouve,
selon le dessein de Dieu, chez les patriarches, Moïse et les prophètes ».
Côté protestant, de nombreux documents ont également mis l’accent sur le
nécessaire partenariat entre chrétiens et juifs. Le travail de l’AJC a permis de mettre en lumière les points communs et les divergences entre les
deux communautés croyantes. Les chrétiens ont été amenés à reconnaître que
leur relation au peuple juif est la plus ancienne et la plus étroite qui
soit. Les juifs sont désormais reconnus comme de réels partenaires de dialogue, après des siècles de méfiance réciproque, voire de rejet, dont certaines mentalités sont encore imprégnées. (apic/mp)
Encadré
2’000 membres en Suisse
L’AJC regroupe 10 sections locales (Argovie, Bâle, Berne, Bienne, Locarno,
Lugano, St-Gall, Soleure, Zurich et Suisse romande). Le comité central de
l’AJC est présidé par le pasteur protestant Georges Braunschweig, de Winterthur assisté de deux vice-présidents, Martin Dreyfus, membre de la communauté juive libérale de Zurich, et du professeur catholique Clemens Thoma,
de Lucerne.
L’AJC compte actuellement plus de 2’000 membres dont 60% de chrétiens et
40% de juifs. (apic/be/bl)
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