I.Media – Date : 96 09 03?Sujet : PRE-PAPIER HONGRIE 1?Car : 6500
Hongrie, est un nouveau test pour la sante du pape qui a donne quelques
signes de faiblesse cet ete, a dix jours d’un voyage tres attendu – et
objet de polemique – en France, du 19 au 22 septembre prochain.
?L’avant veille du depart pour Budapest, la capitale hongroise, le 4
septembre, l’etat de sante de Jean-Paul II qui porte ses 76 ans, est apparu
comme stabilise lors de l’audience generale qúil a donnee, en plein air,
place Saint Pierre, devant 15 000 personnes et pendant une heure et demie.
?Jean-Paul II devrait se poser a Budapest dans la matinee du vendredi 6
septembre pour se rendre aussitot, par helicoptere, a l’abbaye de
Pannonhalma situee a 100 km a l’Est de la capitale hongroise. Pannonhalma
fete le millenaire de sa fondation par Charlemagne. L’empereur y fit eriger
une eglise en remerciement d’une victoire contre les barbares, eglise qúil
dedia a St Martin de Tours, natif de cette region. L’abbaye de pannonhalma
est le but principal de ce deuxieme voyage du pape en Hongrie apres son
periple d’aout 1991.
?En ce haut lieu culturel – une bibliotheque y recele 350 000 volumes
anciens – et religieux le pape rencontrera le president de la Republique,
Arpad Goncz, puis un groupe de personnes agees et d’infirmes. Il celebrera
ensuite les vepres du millenaire dans la basilique de l’abbaye avec une
priere pour l’unite des chretiens.
?Unite des chretiens avec un grand absent : le patriarche russe orthodoxe
Alexis II. Le Pere Abbe de Pannonhalma, Asztrik Varsegi, a en effet invite
officiellement le patriarche Alexis II, en avril 1995, a venir aux
ceremonies de ce millenaire. Et, pendant une annee tout a ete fait pour
favoriser cette rencontre historique entre le patriarche et le pape a cette
occasion.
?Toutefois, en juillet dernier, le patriarche Alexis II a du decliner
l’invitation, sous la double pression d’une crise ouverte avec le
Patriarcat de Constantinople, et du refus, d’une partie de son Saint
Synode, de faire un pas en direction des catholiques. Du coup, le bref
voyage de Jean-Paul II en Hongrie perd de son relief international meme si,
sur un plan interne, il reste de premiere importance pour les hongrois.
?Les hongrois vivent en effet dans la desillusion la plus totale. Le pape
ne devrait pas retrouver les foules enthousiastes de l’ete 1991, encore
dans l’euphorie de la liberte retrouvee devant qui Jean-Paul II avait alors
prononce, dans ce coeur d’Europe, un important discours sur le droit des
minorites.
? Aujourd’hui, c’est la crise economique qui est a l’ordre du jour avec, en
particulier, une inflation proche de 25 %. «Les hongrois sont vraiment
desesperes, en raison d’un niveau de vie tres bas et de la situation
generale, confie le pere Lazslo Lukacs, porte parole de la conference
episcopale. Nous attendons de Jean-Paul II qúil nous apporte une nouvelle
inspiration, pour l’Eglise et pour le pays».
?A cet egard, les eveques hongrois viennent d’ailleurs de publier un lettre
pastorale de 70 pages ou ils denoncent une situation «d’apres guerre» : «le
chomage, ecrivent-ils, a augmente, les retraites ont baisse dramatiquement,
le nombre des pauvres et sans abris ne cesse de croitre alors que les
riches deviennent de plus en plus riches».
?A cette plainte ils ajoutent la denonciation du manque de democratie :
«l’ancien systeme avait concentre le pouvoir dans les mains de quelques
uns. Rien n’a change, on empeche les petits de faire valoir leurs propres
droits. (…) Il est necessaire de creer un dialogue entre les puissants et
la population».
?Une population dont Jean-Paul II aura un petit apercu, le samedi, 7
septembre, lors de la messe en plein air, a l’Ipari Park de Gyor (10 km de
Pannonhalma) l’une des plus anciennes citees hongroises. Selon l’episcopat,
160 000 fideles l’attendront en cet endroit. Suivra un repas avec les 27
eveques hongrois, dans le palais episcopal de la ville, et un discours de
Jean-Paul II.
?Si le menu de ce repas n’est pas connu, il est probable que les eveques
s’entretiendront avec Jean-Paul II de leur motifs d’esperance mais aussi de
leurs difficultes. La premiere d’entre elles est le manque de pretres – 1
pour 2500 habitants – et l’age eleve de ceux-ci, en raison de leur non
remplacement pendant la periode communiste. Le nombre de seminaristes a eu
beau passe de 300 en 1978 a 474 en 1994, il ne sont pas suffisants, selon
les eveques, pour rattraper le temps perdu. 40 % des paroisses n’ont en
effet pas de pretres.
?La seconde difficulte est la secularisation galopante. Si 64,6 des
hongrois se disent catholiques, bien peu pratiquent. Une des statistiques
les plus fiables annonce un taux de pratique de 15 % en incluant tous les
chretiens, catholiques et les protestants. Cette meme statistique indique
que plus de la moitie des pratiquants a plus de cinquante ans, et a peine
10 % de ces pratiquants ont moins de 29 ans. «Nous sommes une terre de
mission» concluent les eveques.
?Troisieme probleme, le statut de l’Eglise et ses relations avec l’Etat. Le
sort de 3 500 anciennes proprietes de l’Eglise, confisquees a l’epoque
communiste, et non encore restituees, est sans solution depuis trois ans,
date a laquelle les negociations entre l’Etat et l’Eglise se sont bloquees.
De meme, le financement par l’Etat des activites de l’Eglise, prevu dans la
nouvelle Constitution, n’a pas ete reevalue depuis trois ans malgre
l’inflation. Et ce, quand il est effectivement verse car les autorites
locales detournent souvent ces fonds pour des besoins qúelles jugents plus
urgents.
?Apres cette rencontre avec les eveques, le pape observera un temps de
repos pour ensuite recevoir le Premier Ministre Gyula Horn, dans le meme
palais episcopal de Gyor. Apres cette entrevue de 25 minutes, Jean-Paul II
se rendra a pieds – une cinquantaine de metres – dans la cathedrale de Gyor
pour une rencontre avec des representants du diocese.
?Dans cette meme eglise, il s’inclinera sur la tombe du Serveur de Dieu,
Vilmos Apor, eveque, et mort en 1945 d’un coup de pistolet tire par un
soldat russe alors que Vilmos Apor s’opposait au transfert des femmes et
jeunes filles de Gyor. Elles s’etaient refugiees dans l’eveche pour fuir
l’arrivee de l’armee rouge. Ce pelerinage accompli, a 19:20, heure locale,
Jean-Paul II, reprendra l’avion pour Rome ou il attendu samedi a 21:30.
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