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apic/Elections Bosnie/ position du Saint-Siège auprès de l’OSCE

Bosnie-Herzégovine: Le processus électoral, un défi (010996)

pour la communauté internationale, avertit le Saint-Siège

«Attention au danger de purification ethnique»

Vienne, 1erseptembre(APIC) Le danger existe que les élections qui se dérouleront le 14 septembre en Bosnie-Herzégovine contribuent à la «purification ethnique». C’est la mise en garde adressée en fin de semaine dernière

à Vienne à l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe

(OSCE) par Mgr Mario Zenari, représentant permanent du Saint-Siège auprès

de cette Organisation

Mgr Zenari a invité l’OSCE à s’acquitter de sa tâche jusqu’au bout, en

veillant à un total respect des conditions mises à l’enregistrement des

électeurs et à favoriser plus tard la mise en place des instances élues

pour donner vie à tous les niveaux d’une société démocratique.

L’OSCE s’est fortement engagée pour rendre possible ces élections après

les conflits qui ont dressé les uns contre les autres les trois groupes

ethniques principaux de la Bosnie-Herzégovine. C’est donc pour elle «un défi et une responsabilité» de faire en sorte que tous les personnes concernées par le scrutin puissent y participer de façon libre et raisonnable, a

souligné le représentant du Saint-Siège. Ce dernier a attiré l’attention

des participants sur «le devoir que les responsables de vos pays ont d’inviter les électeurs à sortir de la logique des conflits au profit de celle

du dialogue, de la coopération, de la construction d’une société politique

une et plurielle, dont la Bosnie-Herzégovine pourrait devenir le modèle».

Attention à la contrainte, génératrice de peur

Le processus électoral, a souligné Mgr Zenari, représente un défi tant

pour la communauté internationale que pour les populations concernées. Il

doit favoriser l’expression de la liberté individuelle et non la brimer par

des pressions motivées par «des considérations ethniques, politiques ou même religieuses». Pour s’exprimer librement, l’électeur doit pouvoir choisir, et donc pouvoir s’informer tant sur les enjeux des différents scrutins

que sur les partis et les candidats. «La contrainte, génératrice de peur, a

relevé le prélat, ne ferait qu’augmenter le désarroi des populations déjà

profondément meurtries par quatre ans de conflits».

Danger de purification ethnique

Pour Mgr Zenari, il est à craindre que l’électeur ne soit soumis à des

contraintes avant même d’exprimer son vote, quand l’aide humanitaire dont

il a besoin est liée à son enregistrement dans tel district électoral, afin

d’assurer une majorité ethnique ou politique dans telle circonscription ou

municipalité. Si la coordination des différentes phases d’organisation des

élections par l’OSCE a cherché à pallier à ce danger, il faudra veiller encore à un exact et total respect des conditions mises à l’enregistrement

des électeurs, soit comme résidents, soit par correspondance. «Le péril

existe, en effet, a averti le prélat, que les élections contribuent à la

«purification ethnique», par exemple lorsqu’est dénié à un réfugié ou déplacé le droit de vote parce que, auparavant, il a été privé du droit de

propriété dans le lieu où il avait son domicile avant le conflit.»

Aux yeux du représentant du Saint-Siège, les élections sont une étape

importante du processus de pacification, mais elles ne sont «ni son achèvement, ni même l’élément principal de sa mise en oeuvre», car ce processus

est fort complexe, comme le prouve le volumineux dossier des Accords signés

à Paris le 14 décembre 1995. Le résultat du processus engagé à Dayton est

d’assurer l’existence d’un Etat multiethnique, ce qui, pour Mgr Zenari, «ne

signifie pas un développement politique, économique et social séparé, mais

bien au contraire une communauté permettant à chacune des personnes et à

chacun des groupes de la Bosnie-Herzégovine de vivre librement sur l’ensemble du territoire de la République».

Après les élections, la tâche de l’OSCE n’est pas terminée

Pour le diplomate du Saint-Siège à l’OSCE, la tâche de l’organisation ne

s’achèvera d’ailleurs pas avec la proclamation des résultats: elle devra

«suivre, accompagner, soutenir et favoriser la mise en place des instances

élues pour donner vie à tous les niveaux d’une société démocratique». Les

membres de l’OSCE et les populations concernées doivent, a-t-il conclu,

«regarder l’avenir et, tirant les leçons du passé, faire de la Bosnie une

nation pacifiée et pacifique, qui contribuera à la sécurité et à la coopération de tous les peuples des Balkans». (apic/cip/bol/ba)

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