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Suisse: Préserver la tradition humanitaire suisse (231096)
«Non» sec des organisations catholiques
à l’initiative de l’UDC «contre l’immigration clandestine
Lucerne, 23octobre (APIC) L’initiative de l’UDC «contre l’immigration
clandestine» soumise au vote populaire le 1er décembre prochain n’est pas
en odeur de sainteté auprès des catholiques. Une vingtaine d’organisations
et d’associations catholiques disent un «non» clair à cette proposition.
Dans un déclaration commune, diffusée mercredi, les organisations relèvent que cette initiative non seulement n’atteint pas le but visé, mais
contredit gravement les principes du droit international, de la tradition
humanitaire suisse et de l’éthique chrétienne.
L’initiative «contre l’immigration clandestine» lancée en 1992 prévoit
pour l’essentiel la non-entrée en matière sur les demandes d’asile des personnes entrées irrégulièrement en Suisse, la limitation du droit de recours
et la gestion par la Confédération des éventuels revenus d’une activité lucrative des requérants d’asile.
Pour les signataires de la déclaration – parmi lesquels on trouve Caritas Suisse, Justice et Paix, la Confédération des syndicats chrétiens de
Suisse et la Ligue suisse de femmes catholiques – l’initiative contredit
l’esprit de la Convention relative au statut des réfugiés et la tradition
humanitaire de la Suisse. Selon la Convention et la pratique internationale, l’entrée clandestine n’est pas un motif suffisant pour exclure les requérants de la procédure d’asile. Les réfugiés peuvent avoir des motifs excusables de franchir illégalement la frontière. Dès 1957, le Conseil fédéral a fait de l’octroi de l’asile aux réfugiés politiques une valeur nationale. En acceptant l’initiative de l’UDC, la Suisse se trouverait en contradiction avec ces principes.
Les flux migratoires sont un phénomène global
Les auteurs de l’initiative ont oublié en outre que les flux migratoires
sont un phénomène global. Leurs effets négatifs ne peuvent être combattus
efficacement que par une stratégie concertée des pays concernés, incluant
les pays de provenance. Une solution strictement nationale, comme celle
prônée par l’UDC, freinerait voire empêcherait les efforts dans ce sens,
déplorent les signataires.
Il faut considérer également que depuis 1992, date du lancement de
l’initiative, la situation a nettement évolué. Le nombre des requérants
d’asile a fortement diminué et quatre demandes sur cinq sont traitées en
première instance dans un délai de trois mois.
L’évolution du marché du travail suisse fait qu’aujourd’hui la plupart
des requérants d’asile n’ont pas d’activité lucrative. Dans ce cadre, la
proposition de faire gérer par l’Etat les revenus des requérants d’asile
aurait pour seule conséquence de développer un appareil bureaucratique coûteux et inutile, relèvent les signataires. On peut donc se demander ce que
veulent les initiants qui ne cessent de se plaindre des dépenses élevées
dans le domaine des réfugiés.
Au-delà des problèmes juridiques et techniques posés par cette initiative, la déclaration aborde aussi la question de fond. A savoir que la dignité humaine et les droits de l’homme sont indivisibles. On ne saurait discriminer gravement une personne parce qu’elle est entrée illégalement en
Suisse. Ceux qui fuient leur pays n’ont très souvent pas la possibilité
d’obtenir des papiers en règle de la part de l’Etat qui les persécute.
L’article 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme garantit
le droit d’asile. Concrètement cela signifie le droit à une procédure correcte, le droit à un logement, et le droit à la protection face aux persécutions, conclut la déclaration.
On attend par ailleurs pour la fin du mois une déclaration commune sur
ce sujet de la Conférence des évêques suisses, de la Fédération des Eglises
protestantes de la Suisse et de la Fédération des communautés israélites.
(apic/com/mp)
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