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apic/Rome/Symposium des évêques européens

Rome: Ouverture du 9e symposium des évêques d’Europe (241096)

Les évêques repensent le rôle de l’Eglise dans un monde pluraliste

Rome, 24octobre (APIC) Le 9e symposium des évêques d’Europe s’est ouvert

le 23 octobre à l’Université salésienne de Rome. Il rassemble durant quatre

jours 150 participants pour s’interroger sur «La religion entre le public

et le privé. La place de l’Eglise dans les sociétés pluralistes».

La question de la communion ecclésiale est au centre du débat, et en

particulier les difficultés de communication entre l’Est et l’Ouest, ainsi

qu’entre les pays de l’ancien bloc soviétique. La non-communication, le

non-dialogue et le «monologue» ont trop longtemps régné sous le régime

communiste, a expliqué le cardinal Vlk, archevêque de Prague et président

du Conseil des Conférences Episcopales Européennes (CCEE), qui organise la

rencontre. Le cardinal tchèque a présenté les travaux du Symposium à la

presse en compagnie du vice-président, Mgr Karl Lehmann, évêque de Mayence.

Des blocages de l’Est…

Le communisme a empêché la communication au sein de l’Eglise et entre

les Eglises locales d’un pays à l’autre, a observé le cardinal Vlk. «Le

communisme a voulu détruire la communion de l’Eglise», opposant les laïcs

aux prêtres pour n’assigner aux premiers qu’un rôle passif dans l’Eglise.

«Les communistes on tout nationalisé, sauf la religion, qu’ils ont privatisée!»

Mais l’archevêque de Prague impute aussi une partie des difficultés de

communication et de communion dans l’Eglise à la mentalité des baptisés. Il

y va de «l’évangélisation» même, a-t-il noté en se référant à Jean- Paul

II: «La première évangélisation, c’est la communion de l’Eglise animée par

la présence du Christ».

…aux défis de l’Ouest

Le défi à l’approche de 2000 est de «reconstruire une communauté», a expliqué Mgr Istvan Sergely, archevêque d’Eger en Hongrie. Sous la dictature

communiste, il était impossible de parler de religion en public, ou d’organiser quoi que ce soit.

Mgr Lehmann est pour sa part revenu sur la question de la religion privatisée. «La foi est centrée sur la personne», donc sur un être en relation. C’est pourquoi, elle ne peut être «réduite au privé». L’évêque allemand a attiré l’attention sur une évolution: les espaces «privé» et «public» ont beaucoup varié depuis quelques siècles. Il ne nie d’ailleurs pas

la responsabilité des chrétiens eux-mêmes, en particulier au XVIe, dans la

réduction de la foi à une affaire privée. «La religion ne peut renoncer à

la «publicit黫, a-t-il conclut.

Mais les Etats officiellement «neutres» ou «laïcs» n’ont-ils pas quelque

raison de craindre que la religion ne revienne sur la place publique ?

S’agit-il pour l’Eglise catholique de combattre le principe de la séparation avec l’Etat? Non, il ne s’agit pas de confondre les rôles, a souligné

Mgr Lehmann, qui a relevé que l’Eglise catholique réclame pour tous la même

liberté de conscience et de religion et, dans le cas de l’Islam, le respect

du principe de «réciprocité».

Donner une âme à l’Europe

«Notre foi n’est pas une chose privée, destinée à nous sauver tout

seuls. On ne peut être chrétien sans évangéliser.». Un «changement de mentalité» est donc nécessaire, a relevé Mgr Vlk.

Le texte de base du Symposium a été élaboré par une commission formée de

cinq évêques et de cinq théologiens. La première mouture, qui comprenait

une analyse de la situation, un éclairage théologique et des lignes concrètes, a été envoyé aux épiscopats et aux experts, avant d’être discuté lors

de six rencontres préparatoires régionales (Budapest, Varsovie, Paris, Rome, Bonn, Londres), puis enfin réécrit.

Pour Mgr Vlk, l’important n’est pas tant le texte final, mais plutôt

l’occasion de rencontre entre les 150 participants: délégués délégués, membres des dicastères romains (13), laïcs (13), prêtres (10), religieuses et

religieux (10). La Conférence des évêques suisses est représentée à Rome

par Mgr Ivo Fürer, évêque de Saint-Gall, et Mgr Henri Salina, évêque-abbé

de Saint-Maurice. Quatre évêques ont été également invités par le CCEE pour

représenter les autres continents. Trois délégués de la Conférence des

Eglises Européennes représentent les autres confessions chrétiennes. Le

symposium s’achèvera le 27 octobre. (apic/imed/pr)

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