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Rwanda:Arrestation et «disparition» du cousin de l’abbé Sibomana(181096)
Pression accrue sur le rédacteur en chef de «Kinyamateka»?
Berne/Kigali, 18octobre (APIC) Sylvère Kanani, un mécanicien rwandais de
Kigali, a été arrêté fin septembre dernier par des soldats de l’APR, l’Armée patriotique rwandaise. Il est porté «disparu» depuis trois semaines et
l’on craint pour sa sécurité, révèle la section suisse d’Amnesty International à Berne dans un appel urgent. Certains observateurs mettent cette
«disparition» en relation avec les pressions accrues sur l’abbé-journaliste
André Sibomana et sa famille.
S. Kanani est en effet le cousin de l’abbé Sibomana, rédacteur en chef
du journal catholique «Kinyamateka», un journaliste dans le collimateur du
régime en place à Kigali. Le pouvoir actuel souhaite faire taire toutes les
voix discordantes et critiques, selon Robert Ménard, directeur de «Reporters sans Frontières» (RSF) à Paris, qui connaît bien A. Sibomana. Ce prêtre de l’ethnie hutue, militant des droits de l’homme, serait devenu
«l’homme à abattre», relève RSF.
Cette arrestation, qui s’est accompagnée de brutalités contre des membres de sa famille – le neveu de S. Kanani, François Iyakaremye aurait été
battu à mort, rapporte AI -, aurait pour but de mettre Sibomana sous pression, relèvent ses proches. Les autorités aimeraient le pousser à émigrer
en s’en prenant à sa famille, notent les mêmes sources. Le journaliste dérangeant a depuis longtemps déjà reçu des menaces de mort à Kigali: «Je
suis toujours prêt, je me considère comme déjà mort!Ici, personne n’est
en sécurité, tout le monde peut arrêter tout le monde», a-t-il récemment
confié à l’agence APIC.
Plus de 81’000 personnes détenues sans jugement au Rwanda
Selon AI, Sylvère Kanani avait déjà été menacé par un soldat de l’APR
sous prétexte que son père et ses frères auraient commis des crimes durant
le génocide de 1994. Selon AI, Sylvère Kanani n’a pas été accusé personnellement d’avoir participé au génocide. L’organisation internationale de défense des droits de l’homme basée à Londres affirme que plus de 81’000 personnes sont actuellement détenues sans jugement dans les prisons du Rwanda.
AI se dit inquiète par le fait que nombre de personnes sont détenues au
Rwanda sur la base de vagues accusations de «génocide» utilisées comme prétexte, alors qu’elles ont été arrêtées en fait pour d’autres motifs.
L’organisation de défense des droits de l’homme fait également état de
modèles de «disparition» mis en oeuvre au Rwanda. Certaines personnes ainsi
enlevées ont été retrouvées dans des centres de détention officiels,
d’autres ne sont jamais réapparus et sont présumés morts. (apic/be)
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