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Pologne:Le cardinal Macharski pronostique (171096)
l’échec de la nouvelle loi sur l’avortement
L’Eglise polonaise poursuit sa campagne contre l’avortement
Cracovie, 17octobre (APIC) Le cardinal Franciszek Macharski, archevêque de
Cracovie, pronostique l’échec définitif de la nouvelle loi sur l’avortement
en Pologne. La loi libéralisant l’avortement doit obtenir à nouveau la majorité absolue au «Sejm», le Parlement, après le surprenant rejet de la loi
le 3 octobre dernier au Sénat, où la majorité conduite par l’alliance démocratique de gauche SLD aurait dû facilement l’emporter.
En effet, à la surprise générale, le Sénat dominé par la coalition gouvernementale réunissant le SLD et le parti paysan (PSL) avait repoussé début octobre par 52 voix contre 40 la nouvelle loi libéralisant l’avortement. Une loi pourtant largement adoptée à la fin août par la chambre du
peuple par 208 voix contre 61 et 15 abstentions. Une centaine de députés
avaient quitté le Sejm avant le vote en signe de protestation. La loi pour
entrer en vigueur doit maintenant retourner devant le Parlement et y obtenir la majorité absolue. Mais la pression sur les députés ne s’est pas relâchée.
La loi proposée par la gauche permet l’avortement jusqu’à douze semaines
de grossesse pour «indications sociales», en cas de graves difficultés personnelles ou matérielles de la mère. La loi précédente, adoptée sous le
président Walesa, limitait l’avortement à des cas exceptionnels: danger
grave pour la santé de la mère, grave malformation de l’embryon ou en cas
de grossesse issue d’un viol.
Intervention massive de l’Eglise dans le débat sur l’avortement
Au lendemain du vote du Parlement, le pape Jean Paul II s’était dit
«amer» et «très peiné» de cette décision, estimant qu’»il n’y a pas de légalité dans un Etat qui permet de tuer les innocents». Il avait ajouté
qu’»une nation qui tue ses propres enfants est une nation sans avenir».
Début octobre, de grandes manifestations anti-avortement ont rassemblé
la foule devant le Sénat à l’appel de diverses organisations catholiques.
Les évêques polonais avaient promis de mettre tout en oeuvre pour démontrer
les conséquences de cette «tragique décision». Le primat de Pologne, le
cardinal Jozef Glemp, a déclaré qu’il n’y a pas de place dans l’Eglise catholique pour les partisans de la légalisation de l’avortement.
Le cardinal Macharski a confiance que le Parlement polonais rejettera la
libéralisation de l’avortement, une loi «à laquelle s’opposent des raisons
tout simplement humaines et pas seulement des motifs religieux». Mais en
cas d’acceptation, il souligne que l’Eglise polonaise maintiendra son engagement en faveur des droits fondamentaux, «dont fait aussi partie la protection de la vie à naître».
Si la loi passe, l’Eglise renforcera naturellement les activités des
centres d’accueil et de conseil pour les futures mères au niveau paroissial
et diocésain. «Quand je parle de la défense de la vie, je parle aussi de
l’assistance pour la mère et l’enfant», a-t-il confié au correspondant de
l’APIC à Cracovie. Pour atteindre ce but, a-t-il poursuivi, «l’Eglise utilisera toutes les possibilités, en collaboration non seulement avec les
croyants, mais également avec tous les hommes de bonne volonté». L’archevêque de Cracovie considère finalement que les motivations pour cette loi ne
sont plus la vie, mais relèvent notamment de raisons idéologiques. (apickna/be)
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