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Le cardinal Castillo Lara: pourquoi pas un pape en chaise roulante ? Rome,
10octobre (APIC) Un pape en chaise roulante, pourquoi pas ? L’hypothèse
n’effraie en tout cas pas le cardinal Castillo Lara, président de la Commission pontificale pour l’Etat de la Cité du Vatican. Le ministère de pape
n’exige pas une prise de position importante tous les jours, et le système
est du reste « structuré de telle manière que beaucoup de décisions sont déjà prises au nom du pape, a-t-il confié au quotidien « La Repubblica ».
Le cardinal Rosalio José Castillo Lara, 74 ans, est, de par sa fonction,
un des hommes qui comptent dans le gouvernement de l’Eglise. Il a joué un
rôle particulier dans l’assainissement des finances du Saint-Siège.
« Roosevelt n’a-t-il pas été lui-même président des Etats-Unis, assis
dans un fauteuil roulant ? » fait-il observer.
Le tremblement de la main de Jean-Paul II n’inquiète pas du tout le cardinal: « Cela ne porte pas atteinte à la lucidité mentale du Souverain Pontife. Ce tremblement n’est évidemment pas bon et je pense que pour le pape,
qui a été si sportif, ce phénomène ne peut être qu’humiliant et mortifiant.
Mais c’est une aide pour maintenir un esprit d’humilité. Le pape, de toute
façon lucide, a une excellente mémoire ».
Un pape ne démissionne pas !
Des rumeurs ont circulé avant l’opération à propos d’un cancer. « Dans un
milieu que l’on pourrait qualifier de fermé sous certains aspects, et un
peu particulier, les rumeurs vont très vite bon train, explique le cardinal. Il est toujours possible qu’un prêtre avance des suppositions, voire
des ragots. Une « information » qui se déforme ensuite en circulant. Cela arrive aussi pour les hypothèses de nomination d’évêque. Je ne pense pas
qu’il faille y voir de la malice ».
D’où viennent les rumeurs sur une éventuelle démission du pape ? « Je ne
crois pas qu’il s’agisse de groupes organisés ou importants , répond Mgr
Castillo Lara. Cela s’est manifesté au sein de l’Eglise catholique plus
qu’au Vatican. Tout remonte au Concile quand on parla de la limite de 75
ans pour les évêques et les curés de paroisse. Et aussi de la mitie de 80
ans s’agissant du conclave. A l’époque, quelques cardinaux se sont donc dit
: pourquoi, ne pourrions-nous pas, ayant dépassé les 80 ans, élire le pape
alors que lui pourrait continuer son « métier » ? A ce moment-là, on imagina
que cette règle pourrait aussi s’appliquer au Souverain Pontife ».
Quant à une possible réforme de ce système, le Cardinal Castillo Lara
est catégorique: « Une réforme pour limiter le pontificat ? Je refuserais.
Ce ne serait pas bon pour l’Eglise. Que deviendrait alors le pape ? La culture et l’histoire ont forgé l’idée que le pape est une personne choisie
par l’Esprit Saint pour être le vicaire du Christ jusqu’à sa mort. Fixer un
terme ou dire qu’une personne est pape pour un temps limité amoindrirait la
figure et le rôle du Souverain Pontife ». (apic/imed/pr)
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