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Banja Luka: Les conditions du retour des réfugiés ne sont pas réunies
Mgr Komarica veut une pression internationale plus forte sur les Serbes
Banja Luka, 9octobre (APIC) Le retour des réfugiés bosniaques dans leur
pays est possible, mais uniquement dans certaines régions, estime Mgr
Franjo Komarica, évêque catholique de Banja Luka, en zone serbe. Il faut
faire la différence de cas en cas, et de lieu en lieu, explique-t-il au
correspondant de l’APIC.
Alors que dans la fédération croato-musulmane, les conditions d’un
retour sont généralement remplies, la situation dans la République serbe
n’autorise aucun rapatriement à grande échelle des déportés. Le pays a
besoin de gens pour la reconstruction, il doivent donc pouvoir rentrer, là
ou cela est possible. L’évêque souhaite que la pression internationale
permette d’améliorer la situation.
Pour Mgr Komarica, la tragédie du pays est aussi le produit de la désunion entre les Européens et les Américains. Et le sort de la Bosnie-Herzégovine dépend beaucoup de l’évolution des forces politiques en Europe.
Jusqu’à présent, les Etats responsables de l’application des accords de
Dayton n’ont pas eu « un comportement très crédible ». Ainsi les conditions
pour le retour ne sont pas remplies et les criminels de guerre n’ont pas
été arrêtés. Ce manque de crédibilité engendre de grandes incertitudes pour
l’avenir du pays.
A propos des élections de septembre Mgr Komarica regrette que la communauté ionternationale ait été incapable d’assurer les conditions pour un
scrutin démocratique, normal et loyal. Des abus et des manipulations ont eu
lieu. Il espère néanmoins un apaisment de la situation si les instances politiques élues peuvent commencer à travailler sous le contrôle des observateurs internationaux.
A Banja Luka, la vie est redevenue plus ou moins normale, mais la plupart des musulmans et des Croates sont partis. Si les minorités restantes
ne sont pas trop victimes de tracasseries, c’est uniquement grâce à la présence des institutions internationales. Beaucoup de gens n’ont pas pu récupérer leur maison ou leur appartement et vivent comme des réfugiés dans
leur propre ville, constate l’évêque. « Nous insistons pour que nos droits
soient respectés: le droit à la sécurité, le droit à une maison, le droit
d’exercer librement notre religion, et tous les autres », conclut Mgr Komarica. (apic/kna/mp)
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