?Jean-Paul II va bien. 24 heurs apres l’operation chirurgicale de
communique medical, publie le 9 octobre, en milieu de journee.
?Le patient a dormi « quelques heures » precise la meme source. Il n’a pas de
fievre et ne se plaint pas de douleurs. Le pape a repris une alimentation
mais sous forme de liquide seulement.
?Dans la matinee de mercredi, il s’est leve et a marche quelques minutes.
Il s’est ensuite entretenu longuement avec ses medecins.
?Le communique precise enfin que l’examen histologique « definitif » de
l’appendice, confirme le diagnostic emis par le professeur Crucitti, le 8
octobre. Apres avoir opere le pape, celui-ci avait en effet nie
categoriquement la presence d’un cancer.
?Selon la premiere chaine de television italienne, Rai uno, le pape devrait
apparaitre, dimanche 13 octobre, a sa fenetre d’hopital, pour prononcer
l’habituel priere de l’Angelus.
?Enfin, sur le plan medical, aucun bulletin de sante n’est annonce avant
plusieurs jours.
?La presse italienne, du mercredi 9 octobre, deborde de commentaires et de
reactions. Parmi elles, le professeur Corrado Nanni, anesthesiste de
l’operation du 8 octobre, mais aussi des cinq operations precedentes : « Il
pourra continuer longtemps sa mission avance-t-il a propos du pape. Cela
dit, meme si Jean-Paul II a une constitution robuste comme l’a encore
demontre l’operation, il ferait bien de reduire au moins une partie de ses
engagements, parce que les annees passent aussi pour lui ».
?Interroge sur le tremblement de la main gauche de Jean-Paul II, le
professeur reste tres prudent : « Je voudrais surtout preciser qúun
tremblement des membres n’a aucune influence sur les capacites
intellectuelles d’un individu. En un mot, la maladie de Parkinson n’est pas
celle d’Alzheimer ».
?A la question de savoir, si le pape est affecte, « oui ou non » de la
maladie de Parkinson, le professeur Nanni repond : « je ne suis pas
specialise en Neurologie. L’anesthesie s’occupe d’aspect completement
differents. Ce que je peux dire est qúil n’y avait pas de risques
particuliers pendant l’anesthesie, et que c’est cette reponse qui compte. »
?Un autre grand temoin, le Cardinal Jozef Glemp, va aussi de son
commentaire, lui qui a dejeune avec Jean-Paul II dimanche 7 octobre et qui
a passe une partie de l’apres-midi avec le pape avant l’entree a l’hopital
Gemelli dans la soiree. Pour lui, le pape n’est pas pret de demissionner :
« Je crois fermement que le Seigneur lui donnera la grace de faire passer
l’Eglise vers le troisieme millenaire. Le Saint Pere ne fait que de parler
du Jubile. Il n’y a pas de meilleure garantie. Je suis sur qúil y arrivera.
Et il ne semble pas qúil ait l’intention de demissionner. »
?Le Cardinal Achille Silvestrini, quant a lui, se rejouit de l’issue
positive de l’operation et salue « le courage » de Jean-Paul II, qúil juge
« digne d’admiration ». Mais celui qui est en charge des Eglises Orientales
au Vatican, apres avoir eu la responsabilite de la diplomatie du Vatican,
ajoute : « Il est difficile de dire si le pape va se reposer davantage. Les
medecins font bien de le lui demander. Mais nous savons que le pape ne se
refuse jamais a ce qúil considere important pour sa mission. Il est donc
possible qúil ecoute mais qúil ne suive pas toujours le conseil ».
?Le grand rabbin de Rome, Elio Toaff, confie pour sa part qúil a « suivi » le
pape « par la priere » parce que, souligne-t-il, « je desire qúil retourne
rapidement a son poste ». Elio Toaff rend egalement compte de l’emotion
suscitee par l’hospitalisation de Jean-Paul II, dans la communaute
hebraique de Rome : « Il sont tous fous, (« pazzi » en italien) pour lui. Je
peux dire que nous suivons la maladie du pape avec trepidation et que nous
formulons pour lui, les meilleurs voeux en vue d’un prompt retablissement.
Savoir que tout s’est bien passe a ete pour nous une grande satisfaction.
Nous esperons qúil va pouvoir retourner rapidement a son travail et a sa
mission ».
?Reunis a Rome, a l’initiative de la communaute Sant’Egidio pour le dixieme
anniversaire de la priere interreligieuse d’Assise, les « responsables des
grandes religions mondiales » ont egalement fait savoir au pape leur
« proximite » « dans l’epreuve et dans la souffrance » : « en tant qúHommes de
Religion qui viennent de plusieurs parcours et lieux de la terre, nous
voulons transmettre a Jean-Paul II la solidarite de croyants ». Ils ajoutent
: « le monde a besoin de Son temoignage de foi au Dieu tout-puissant et de
Sa confiance inepuisable dans les possibilites de l’homme. Le monde a
besoin de Son temoignage de pelerin de la paix entre tous les peuples et
les nations ».
?Parmi les multiples messages arrives au Vatican, y compris via internet,
on note la proposition du Cardinal Pio Taofinúu, Archeveque de Samoa-Tapia
– un paradis terrestres au centre de l’Ocean Pacifique – qui propose au
pape de venir passer sa convalescence dans ces iles de reves.
?En attendant, une certaine polemique reprend dans la presse, non plus sur
le cancer suppose et maintenant officiellement dementi par le chirurgien du
pape – ce que personne ne remet plus en doute ici – mais sur la maladie de
Pakinson dont serait affecte Jean-Paul II. Tous les observateurs ont
observe que ce tremblement s’est accelere de maniere presque spectaculaire,
le dimanche 6 octobre, alors que le pape procedait a une ceremonie de
beatification sur la place Saint Pierre.
?La seule explication officielle est celle d’un « trouble de nature
extra-pyramidale » mais personne, dans le corps de medecins qui suit le
pape, ne s’est risque a diagnostiquer la maladie de Parkinson. Pour
certains, elle est evidente, pour d’autres non. Un nouveau debat est donc
ouvert.
?Vittorio Messori, le journaliste ecrivain qui a interviewe Jean-Paul II
pour le livre « Entrez dans l’esperance » donne ce point de vue : « Les
ennuis physiques de Jean-Paul II pourrait le conduire jusqúa l’immobilite.
Et, dans ce cas, il reviendrait au pape de decider ce qúil doit faire, en
prenant eventuellement en compte l’hypothese de la demission. Mais, l’idee
de voir un pape diriger l’Eglise depuis un fautueil roulant, non seulement
ne me scandalise pas, mais elle m’edifie au regard de ce que represente la
valeur de la souffrance dans la perspective chretienne. Un pape, qui serait
affecte a ce point physiquement, serait a aimer encore plus profondement.
Enfin, sur la demission, je pense que c’est une hypothese techniquement
possible, mais je crois qúelle deviendrait une sorte de devoir moral,
seulement en cas de maladie mentale. »
?Pour finir, la presse italienne qui parfois ne recule devant rien,
s’interroge sur le sort qui sera reserve a l’appendice de cinq centimetres,
objet central de l’operation chirurgicale subie par Jean-Paul II. Plusieurs
journaux se demande en effet si un jour l’appendice pourra etre un objet de
relique…
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