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Rome: Jean Paul II n’a pas le cancer(081096)
L’opération des intestins s’est déroulée normalement
Rome, 8octobre (APIC) «J’exclus de manière catégorique la présence d’une
tumeur». Le professeur Francesco Crucitti, qui a opéré sous anesthésie générale Jean-Paul II, pendant 50 minutes, le matin du 8 octobre a confirmé
devant la presse, le diagnostic officiel, émis le 14 septembre: le pape
souffrait «d’inflammation récurente de l’appendice».
L’opération a donc consisté à retirer l’appendice, selon la «technique
traditionnelle», d’autres méthodes ne pouvant être utilisées en raison des
interventions précédentes subies par le pape aux intestins en 1981, après
l’attentat, et en 1992, pour lui retirer une tumeur bénigne. «Nous avons
libéré la région de l’appendice des adhérences dues aux interventions antérieures, nous avons retiré l’appendice, puis nous avons refermé.»
Selon le professeur Crucitti, Jean Paul II a très bien supporté l’intervention, et a retrouvé très vite son état de conscience. Tous «les paramètres vitaux: cardiologiques, circulatoires, respiratoires, hémathologiques,
et métaboliques, se sont maintenus dans la norme lors de l’opération».
«Il n’y a aucun secret»
Le professeur Crucitti a tenu par ailleurs à une mise au point catégorique: «Le moment est venu, de mettre un terme à toutes les fantaisies que
nous avons entendues au sujet de la santé du pape. Il n’y a aucun secret.
Je suis là aujourd’hui pour vous dire l’exacte réalité qui correspond au
bulletin du 14 septembre. Il s’agissait d’épisodes inflammatoires récurrents de l’appendice.»
Le chirurgien Crucitti, qui a toujours opéré le pape depuis l’attentat
de 1981, poursuit: «Tous les examens que nous avons fait sont normaux. Tous
les examens pré-opératoires avaient déjà précisé la situation que nous
avons trouvée, avec exactitude. Ainsi, j’exclus de manière catégorique la
présence d’une tumeur et il n’y a aucun secret là-dessus.»
«J’exclus également que la tumeur (opérée en 1992 ndlr) ait pu récidivé,
car il s’agissait à l’époque d’un adénome avec des petites zones de cellules, légères et modérées. Plus encore qu’hier, je suis convaincu aujourd’hui, que le pape pourrait être malade d’une autre maladie, et pourrait éventuellement disparaitre dramatiquement, mais cela ne serait pas le
fait de cette tumeur.»
Le pape a été mis sous antibiotiques. Il devrait pouvoir se lever dès
mercredi et quitter l’hôpital dans une semaine, a indiqué le professeur
Crucitti devant les quelque 300 journalistes accourus à la conférence de
presse. (apic/imed/mp)
Encadré
Le pape Jean Paul II, âgé aujourd’hui de 76 ans, a déjà fait dans sa vie
neuf séjours à l’hôpital, dont six d’une certaine durée. En 1944 déjà, le
jeune Karol Wojtyla avait été hospitalisé dans une clinique de Cracovie
après avoir été renversé par un camion.
Le 13 mai 1981, Jean Paul II était victime d’un attentat Place St-Pierre
à Rome perpétré par le terroriste turc Ali Agça; il dut être emmené d’urgence à la Polyclinique Gemelli pour y subir une grave opération. Quelques
jours après sa sortie d’hôpital en juin 1981, il avait dû être hospitalisé
à nouveau en raison de fièvres provoquées par un virus présent dans le
sang, le «cytomegalovirus».
En juillet 1992, le pape avait été opéré pour une «tumeur absolument bénigne», selon les mots du professeur Francesco Crucitti, qui avait dirigé
l’opération du pape. En janvier et juillet 1993, Jean Paul II a subi des
examens médicaux approfondis, qui révélaient un état de santé «optimal»,
selon son porte-parole, Joaquin Navarro Valls.
En novembre de la même année, lors d’une chute à l’occasion d’une audience, le pape se luxait l’épaule et fut opéré pour une légère fracture de
l’articulation.
Il se fracturait le col du fémur en avril 1994, en glissant dans sa salle de bain. Il dut séjourner quatre semaines à l’hôpital après l’opération
consistant à mettre en place une prothèse de la tête fémorale. Le jour de
Noël de l’année dernière, grippé et fiévreux, le pape dut interrompre sa
traditionnelle bénédiction «Urbi et orbi» devant quelque 500 millions de
téléspectateurs frappés d’inquiétude. En raison d’une indisposition fébrile
soudaine, le 13 mars dernier, Jean Paul II avait dû annuler sa traditionnelle audience générale du mercredi.
En août Jean Paul II a été sujet à nouveau à plusieurs malaises généralement passagers, mais l’inquiétude a grandi notamment le 14 août lorsque
le pape a subi divers examens médicaux après une indisposition l’ayant empêché de célébrer la messe la veille. Après être apparu très affaibli lors
de son voyage en Hongrie les 6 et 7 septembre, Jean Paul II était nettement
plus en forme lors de son voyage en France du 19 au 22 septembre. (apic/be)
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