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Soudan: Deux évêques catholiques témoignent
sur la plus longue guerre civile du siècle (081096)
Des millions de morts et de déportés
Lucerne, 8octobre (APIC) 1,3 million de personnes tués depuis une quinzaine d’années, trois millions de personnes déplacées ou déportées. Depuis 30
ans, le Soudan subit la plus longue guerre civile du siècle. Mgr Paride Taban, évêque catholique de Torit, et Mgr Daniel Adwok, auxiliaire de Khartoum, invité de Caritas Suisse, ont témoigné mardi à Lucerne de la situation dramatique des populations du sud du pays.
Mgr Paride Taban a souligné combien les populations du sud passaient
pour des quantités méprisables aux yeux des politiciens et des militaires
musulmans du nord. Le climat de peur augmente et la guerre touche surtout
les populations civiles. Les hélicoptères de combats et les armes lourdes
de l’armée permettent aujourd’hui un vrai génocide. Le verrouillage des
fontières pour empêcher le transport de l’aide humanitaire participe de la
même politique. Les combats entre l’armée et les rebelles ont fait de nombreux morts. D’où l’apparition d’enfants soldats toujours plus nombreux.
«Dans nos écoles beaucoup d’enfants dorment en plein air, parce qu’ils ont
peur du recrutement», explique Mgr Taban.
Mgr Daniel Adwok, évêque auxiliaire de Khartoum rappelle que les Eglises
se sont opposées à l’introduction de la loi islamique dès 1983. Elle ont
aujourd’hui des difficultés à distribuer l’aide aux pauvres et à avoir accès aux médias. Dans le cadre d’une conférence internationale le gouvernement avait promis de garantir les droits des Eglises, trois semaines plus
tard une nouvelle loi religieuse anti-chrétienne est entrée en vigueur.
«Il s’agit d’une lutte pour le pouvoir, les politiciens du nord utilisent l’islam pour étendre leur influence. Les militaires sont censés participer à une guerre sainte», commente Mgr Adwok.
Priorité à la survie
Une des priorités pour le Soudan est d’assurer la survie de centaines de
milliers de réfugiés entassés dans des bidonvilles près de Khartoum et
d’Omdurman. La malaria, la dysentrie, le sida, et la tuberculose s’y sont
répandus de manière très rapide. Caritas Suisse participe au programme «Save the Saevable» (sauver ce qui peut l’être) visant notamment à améliorer
les conditions d’hygiène et d’alimentation. La survie des réfugiés dépend
presque exclusivement de l’aide humanitaire. Le tissu économique a été détruit et d’innombrables champs restent en jachère à cause de la présence
militaire.
Depuis cinq ans, le consortium des oeuvres d’entraide auquel Caritas
Suisse participe a acheminé 70’000 tonnes de vivres. Souvent ces marchandises ne peuvent être acheminés autrement que par avion à une coût exhorbitant.
Le gouvernement brandit cependant toujours la menace d’un retour forcé
des réfugiés dans les régions du sud. Les oeuvres d’entraide sont contraintes de limiter leurs interventions à des opérations de survie à court terme. Des mesures de reconstruction et de réhabilitation à plus long terme ne
sont guère envisageables. Caritas suisse a investi au Soudan 5,8 millions
de francs durant les cinq dernières années, avec le soutien régulier de la
Confédération.
Environ 70% des 26,6 millions de Soudanais sont musulmans. 20% se rattachent aux religions animistes, 5% sont catholiques et 5% protestants. Depuis plus de 30 ans le plus grand pays d’Afrique est en proie aux conflits
internes. Après une relative accalmie, la guerre civile a repris en 1983 de
manière encore plus violente entre le nord peuplé de musulmans de langue
arabe et le sud peuplé de noirs animistes et chrétiens. (apic/wl/com/mp)
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