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Chine: Un évêque catholique «clandestin»
prône la réconcilation des évêques chinois (071096)
Lettre sans réponse aux «clandestins» et aux «officiels
Pékin, 7octobre (APIC) Un évêque catholique «clandestin» chinois lance un
appel à la réconciliation des catholiques chinois. Dans une lettre adressée
à l’ensemble des évêques du pays, «clandestins» et officiels, Mgr André Han
Jingtao estime que «clandestins» et «officiels» devraient aborder les problèmes majeurs qui se posent à l’Eglise aujourd’hui. Aucune réaction n’a
été enregistrée côté évêques «clandestins». Les «officiels» se déclarent
favorables. La question est plus politique que religieuse, disent ces derniers.
Mgr André Han Jingtao, évêque «clandestin» de Shiping, dans la
province de Jilin, au nord de la Chine, estime qu’il est inutile de passer
en revue les torts des uns et des autres. «Le temps est venu, écrit-il dans
une lettre datée du 26 mai dernier, mais rendue publique ces jours, d’agir
comme un seul troupeau avec un seul berger».
Pour Mgr Han, «clandestins» et «officiels» devraient proclamer publiquement leur unité de catholiques et de citoyens chinois loyaux. «L’Eglise
catholique doit cesser de se préoccuper de ce que pense, dit ou fait l’Association patriotique des catholiques chinois, l’organe de liaison du parti
communiste avec l’Eglise catholique «officielle».
Selon «Eglises d’Asie», Mgr Han Jingtao a rencontré les dirigeants de
l’Eglise «officielle» à plusieurs reprises depuis deux ans pour parler
d’une possible réconciliation. Il a en outre discuté de ses propositions
avec Mgr Pie Jin Peixian, évêque «officiel» de Liaoning.
En 1989 déjà, Mgr Han avait fait circuler un texte intitulé «Propositions d’un professeur», exprimant les mêmes préoccupations. A cette époque,
il avait été accusé d’être un «contre-révolutionnaire». La police l’avait
interrogé pendant plusieurs heures.
Divergences politiques et non religieuses
Jusqu’à présent, Mgr Han n’a reçu aucune réponse à sa lettre, mais des
fonctionnaires du Bureau des Affaires religieuses sont venus le voir à
trois reprises. Une fois en juin et deux en août. «Si je ne vois pas l’avénement de l’unité dans l’Eglise, je mourrai dans la douleur», a-t-il confié.
Commentant le 12 septembre la lettre de Mgr Han, Mgr Zong Huaide, président de la Conférence épiscopale «officielle», reconnaît ses aspects positifs, mais n’est guère optimiste sur son efficacité éventuelle: «C’est très
difficile parce que les dirigeants catholiques ’clandestins’ n’ont jamais
répondu à nos invitations au dialogue. Ce qui nous oppose est une question
politique et non religieuse».
Mgr Huaide estime qu’une amélioration des relations entre la Chine et le
Vatican serait bénéfique à l’unité de l’Eglise parce qu’elle faciliterait
l’administration des affaires religieuses. Même son de cloche pour Mgr Pie
Jin Peixian: «Tout le monde est d’accord pour unifier l’Eglise catholique.
Il n’y a qu’une Eglise en Chine et nous sommes tous de la même foi. Nos
différences sont seulement politiques. La solution est simple, ajoute-t-il:
nous pouvons être unis si les clandestins ne s’opposent pas à nous».
Né en 1919 et ordonné prêtre en 1946, Mgr Han a été ordonné secrètement
évêque de Siping au début des années 80. Il est resté en prison entre 1953
et 1980. A sa libération, il est devenu professeur à l’Université «normale»
de Changchun jusqu’à sa retraite, en 1987. (apic/eda/pr)
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