L’initiative «Nous sommes aussi l’Eglise» devient un mouvement

international ENI-96-0311çF

Rome, le 27 novembre (ENIçLuigi Sandri) – « Nous sommes aussi l’Eglise » une initiative réclamant davantage de démocratie et de participation au

sein de l’Eglise catholique romaine – est devenue un mouvement

international qui, le 11 octobre de l’année prochaine, 35e anniversaire du

début du Concile Vatican II, organisera à Rome une « Rencontre du peuple de

Dieu » et présentera au Vatican les signatures collectées dans plusieurs

pays d’Europe et d’Amérique.

C’est en effet ce qúont décidé lors d’une rencontre à Rome (du 23 au 25

novembre) les délégués de ce mouvement venus de dix pays, Autriche, Brésil,

France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Espagne et

Etats-Unis d’Amérique.

L’initiative « Nous sommes aussi l’Eglise » a été lancée pour la première

fois en Autriche par un « Appel du peuple de Dieu » qui réclamait la mise en

place de structures de communications et de dialogue, à tous les niveaux,

au sein de l’Eglise catholique; l’égalité totale des femmes et des hommes

dans tous les ministères de l’Eglise; le célibat facultatif pour le clergé;

la liberté de conscience des conjoints dans le domaine du contrôle des

naissances; le respect des personnes homosexuelles et des divorcés

remariés; un plus grand engagement dans la promotion de la justice et de la

paix.

En Autriche, en juin 1995, l’ »Appel » a recueilli plus de 500 000

signatures; en novembre suivant, en Allemagne, cet Appel était signé par

1,8 million de personnes. Puis l’initiative, avec des adaptations locales,

s’est développée dans plusieurs autres pays européens, et aussi aux

Etats-Unis d’Amérique et au Canada, o? elle est encore en cours.

Si, en général, les Conférences épiscopales des pays intéressés ont ignoré

ou se sont opposées à l’initiative, certains évêques ont fait des

ouvertures prudentes, et montré une certaine volonté de discuter d’un ou

plusieurs points de l’Appel. Ainsi se sont exprimés, par exemple, l’évêque

de Mayence, Karl Lehmann, en Allemagne, ou Luigi Bettazzi, d’Ivrea (Turin),

en Italie.

Durant son dernier voyage en Allemagne, le 22 juin, le pape Jean-Paul II a

indirectement repoussé les perspectives ouvertes par cette initiative

lorsqúil a déclaré, à Paderborn, que l’affirmation de la vérité de la foi

et l’exercice de l’autorité des évêques ne pouvaient être mis en question

dans des débats publics et des colloques pastoraux.

Mais exactement une semaine après, Mgr John Quinn, ancien président de la

Conférence épiscopale des Etats-Unis, et ancien archevêque de San

Francisco, a, lors d’une conférence à Oxford, en Grande-Bretagne, répété

des thèses analogues à celles contenues dans « Nous sommes aussi l’Eglise »,

et affirmé qúil existait actuellement dans l’Eglise catholique une

« centralisation » excessive du pouvoir aux mains de la Curie romaine.

Les délégués à la rencontre de Rome ont décidé de fonder un mouvement

international qui réunisse des expériences analogues, et ils ont par

ailleurs mis en place une équipe de coordination de quatre personnes, dont

la porte-parole sera Elfriede Harth, Allemande d’origine colombienne.

A l’issue de la rencontre, les délégués des dix pays ont approuvé une

Déclaration dans laquelle ils affirment, entre autres: « Dans l’esprit du

Concile Vatican II, nous réclamons l’instauration d’un dialogue qui

conduise à un authentique renouvellement et à une réforme subtantielle de

l’Eglise catholique romaine ». Dans cette perspective, pour leur « Rencontre

du peuple de Dieu » à Rome, les délégués ont choisi l’anniversaire du 11

octobre 1962, lorsque Jean XXIII a ouvert le Concile Vatican II, « Un

Concile, conclut la Déclaration, qui a fait au peuple de Dieu des promesses

qui n’ont pas encore été tenues. » (578 mots)

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