Le texte contient 64 lignes (max. 75 signes), 741 mots et 4689 signes.

apic/Dossier sida

APIC – DOSSIER

Journée mondiale du sida, le 1er décembre (271196)

Progrès thérapeutiques majeurs, mais incertitudes éprouvantes

Fribourg, 27novembre (APIC) Un slogan: « Unis dans l’espoir », une date, le

1er décembre, pour vivre la Journée mondiale du sida. Et si l’espoir ne met

pas à l’abri du virus HIV, la prévention est plus que jamais nécessaire.

Des lueurs d’espoir pointent, certes. Sans pour autant occulter les réalités. Un peu partout en Suisse des manifestations de solidarité figurent au

programme. Comme en France, où la Conférence des évêques rappelle sa prise

de position sur la question.

L’épidémie du sida ne cesse de s’étendre, dans le monde entier comme en

Suisse. Jusqu’à aujourd’hui, rappelle l’ »Aide suisse contre le sida », 5’400

personnes ont contracté le sida en Suisse, et 4’000 sont décédées des suites de la maladie. 22’000 habitants de ce pays ont en outre connaissance de

leur séropositivité.

Présenter ce bilan est tout aussi important qu’invoquer les nouveaux

espoirs soulevés par les résultats de la recherche sur le HIV et sur les

thérapies du sida. Mais malgré ces progrès, la prévention est plus que jamais nécessaire, tout comme la solidarité.

« Sur la piste du HIV », « Saut en avant dans la recherche sur le sida »,

« Sida: la guérison bientôt en vue? »: tels sont les titres notés ici et là

dans la presse ces derniers mois. Les importants succès éveillent l’espoir,

sinon de pouvoir un jour guérir du sida, du moins de pouvoir mieux le soigner. Reste que cette vague d’espoir occulte une situation, qui incite tout

sauf à l’optimisme. A l’ »Aide suisse contre le sida », on estime qu’un

espoir est digne de ce nom dès lors qu’il ne met pas en danger les acquis

et ne compromet pas le succès du travail de prévention: « Les progrès annoncés dans le traitement du HIV ne doivent pas servir de prétexte à abandonner la lutte contre l’épidémie ».

Les personnes qui vivent avec le HIV ou le sida sont malheureusement encore trop souvent rejetées et victimes de licenciements, déplore l’Aide

suisse, qui voit dans cette discrimination un signe du relâchement de notre

tissu social devant l’émergence d’une nouvelle vague de pauvreté.

Un désastre qui interpelle l’Eglise

La France aussi s’apprête à vivre cette Journée mondiale. Le SNOP, bulletin de la Conférence des évêques de France, consacre un dossier sur le

sujet: « Dimanche 1er décembre 1996: commencement de l’Avent, entrée dans le

Jubilé, ce jour sera riche de signification. Serait-ce une raison pour oublier que le 1er décembre est aussi la Journée mondiale du sida? Celle-ci

tombant un dimanche, nombre de communautés d’Eglise se sentent concernées ».

Le SNOP rappelle que l’Eglise catholique en France, par sa Commission

sociale, a pris position en février dernier. « Ce texte fut bien reçu – par

delà l’exaltation des médias, focalisés sur quelques phrases ». Dans une déclaration présentée sous le titre « Devant le sida, relancer l’espérance »,

la Commission relevait notamment que l’usage du préservatif est « nécessaire » à la prévention de la transmission du sida. A l’instar de l’ »Aide suisse contre le sida », le SNOP note également un repli sensible de l’opinion

publique. « Un signe en fut le large échec de la campagne du « Sidaction » en

juin: les Français ont marqué que cette cause ne les touchait plus autant

que dans le passé ».

1996 a été l’année la plus riche en découvertes cliniques, écrit le

SNOP. La médaille, pourtant, a un revers, avec des traitements qui restent

lourds. Enfin et surtout, tous les patients n’y ont pas accès. Des malades

ne supportent pas ce traitement de choc et, angoissés, regardent s’éloigner

le train de l’espoir dans lequel ils n’ont pu monter. D’autres enfin sont

trop avancés dans la maladie pour bénéficier de ce succès.

La France est un des rares pays pourvus de ces produits – l’Italie, par

exemple, en demeure loin – et la pénurie qu’on a craint cet hiver a été

évitée, c’était, rappelle le SNOP, au temps des débats sur le « tirage au

sort ». Mais ce ne pourra jamais être le cas des pays pauvres. Comment imaginer des trithérapies qui coûtent plus de 60’000 francs (15’000 fs) par an

là où le buget annuel de santé est de 25 francs par habitant? Le progrès

multiplie ainsi les inégalités…

Bref, note encore le SNOP, progrès thérapeutique majeurs, mais incertitudes éprouvantes, espoirs fondés pour certains, détresses accrue pour

d’autres. Et de part le monde, cela n’a aucun impact sur la course du virus. A travers la planète, entre 8’500 et 10’000 personnes sont contaminées

chaque jour, dont une moitié de femmes et un millier d’enfants. « Un désastre de plus, dans ce monde qui n’en manque guère? Sans doute, mais qui,

semble-t-il, interpelle l’Eglise d’une façon particulière ». (apic/com/snoppr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/apic-dossier-sida/