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Fribourg: La Turquie pays de tourisme? Pays de torture (211196)
Le Comité fribourgeois d’aide aux Kurdes prône le boycott du tourisme
Fribourg, 21novembre (APIC) Le Comité fribourgeois d’aide au peuple kurde,
placé sous l’égide de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture
(ACAT), est très inquiet de la dégradation constante de la situation des
droits de l’homme dans le Kurdistan turc. Réuni la semaine dernière à Fribourg, le Comité appelle au boycott du tourisme en Turquie.
Concrètement le Comité continuera à soutenir, notamment par un courrier
régulier, les cinq parlementaires kurdes encore emprisonnés et apportera
une aide financière à des organismes venant en aide aux torturés.
Au moment où Amnesty international publie un nouveau rapport accablant
sur les violations des droits de l’homme en Turquie, le conseiller national
socialiste Erwin Jutzet souligne que la Suisse officielle est parfaitement
au courant des faits. Il constate qu’aucune des promesses du premier ministre Tansu Ciller n’a été tenue, concernant la liberté d’expression, la révision de la loi antiterroriste, la lutte contre la torture et la levée de
l’état d’exception. Pire: un rapport de la Commission des Affaires étrangères daté du mois d’octobre 1996 confirme l’aggravation de la situation et
la volonté des Turcs de venir à bout militairement de la rebellion kurde.
Une guerre qui ne dit pas son nom
Yavuz Binbay, vice-président de l’association des droits de l’homme de
Van, aujourd’hui réfugié politique en Suisse après avoir subi la torture il en porte encore les séquelles physiques – a dénoncé une guerre qui ne
dit pas son nom. Le peuple kurde est en train de devenir un peuple de réfugiés. Un million de Kurdes ont fui la Turquie entre 1961 et 1993. Durant
les trois dernières années un deuxième million a fui vers l’Europe. En Turquie même, deux millions de Kurdes se sont réfugiés dans les grandes villes, Istanbul, Ankara, Izmir. 3’000 villages ont été détruits, 3’000 autres
ont été endommagés. La tâche prioritaire est aujourd’hui de stopper cet
exode.
Comme il s’agit d’une guerre civile, la Turquie n’autorise aucune organisation internationale à se rendre sur place, seules quelques groupes locaux tentent plus ou moins clandestinement d’organiser de l’aide. Et Yavuz
Binbay de réclamer de la part des Occidentaux des mesures politiques et
surtout économiques.
On estime que la Turquie a retiré de son tourisme l’an dernier 4 milliards de dollars, dans le même temps elle en a dépensé 10 pour son armement.
Un boycott généralisé du tourisme vers la Turquie pourrait donc avoir un
effet. (apic/mp)
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