L’athlète est un peu comme le saint, affirme le pape

«L’athlète est un peu comme le saint: il connaît la fatigue mais elle ne lui pèse pas», explique le pontife argentin dans un entretien publié le 2 janvier 2021 par la Gazzetta dello Sport et son magazine Sportweek. Le pape y parle de sport et des valeurs qu’il véhicule mais il évoque aussi le dopage, son rapport personnel au football ou bien encore la disparition de Diego Maradona.

Pour son premier numéro de l’année 2021, le journal sportif italien La Gazzetta dello Sport et son magazine Sportweek publient de larges extraits d’un entretien obtenu avec le pape François en décembre dernier. L’intégralité de l’interview est par ailleurs compilée dans le fascicule Le sport selon le pape François*, associé au magazine sportif. Les responsables du journal le décrivent comme une sorte d’encyclique laïque sur l’univers du sport.

Dans les extraits disponibles sur le site de la Gazzetta dello Sport, le pape développe la notion de «sacrifice» que le sportif accepte de faire pour devenir meilleur. «Personne n’aime travailler dur parce que la fatigue est un poids qui vous brise. Mais si, par fatigue, vous parvenez à trouver un sens, alors votre joug s’allège», explique-t-il. Le pontife fait alors un parallèle avec la vie chrétienne: «L’athlète est un peu comme le saint: il connaît la fatigue mais elle ne lui pèse pas».

Le dopage: «un raccourci qui annule la dignité»

Amateur de sports, le pape insiste par ailleurs sur l’importance de «la formation» lorsqu’on pratique un sport. Elle est pour lui la «voie de la perfection» ou encore le «point de départ du dépassement de soi». Certes, le «talent est un cadeau reçu»; mais il ne suffit pas. Pour le pontife, la formation consiste à prendre soin du talent, en essayant de le faire mûrir au maximum de ses possibilités. Dès lors, le dopage n’est pas seulement une tricherie, «c’est un raccourci qui annule la dignité».

Interrogé sur son rapport personnel au football, le pape François raconte son plaisir d’être allé en famille au stade pour voir des matchs alors qu’il était enfant. Parmi ses souvenirs heureux, celui du championnat de 1946 que son club de San Lorenzo a remporté. «Je me souviens de ces jours passés à regarder les footballeurs jouer et du bonheur que nous avons ressenti, nous les enfants, en rentrant à la maison: la joie, le bonheur sur nos visages, l’adrénaline dans notre sang», se remémore le successeur de Pierre.

«Être gardien de but a été une grande école de vie»

Il rapporte aussi que sa famille n’avait pas les moyens d’acheter un ballon en cuir. Il s’est donc longtemps contenté d’une pelote de chiffons pour jouer. Cela «suffisait pour s’amuser et faire, presque, des miracles», assure-t-il. Pour autant, le pape François reconnaît qu’il n’était pas l’un des meilleurs.

«J’étais ce qu’on appelle en Argentine une ‘pata dura’, littéralement une ‘jambe dure’», avoue-t-il, expliquant avoir toujours été désigné gardien de but. Un poste qu’il ne dédaigne toutefois pas. «Être gardien de but a été une grande école de vie pour moi. Le gardien de but doit être prêt à répondre aux dangers qui peuvent venir de toutes parts…»

Maradona, un «poète» sur les pelouses

Répondant à une question sur la disparition récente de Diego Maradona, le pape François parle du prodige argentin comme d’un «poète» sur le terrain, «un grand champion qui a fait la joie de millions de personnes, en Argentine comme à Naples». Il souligne néanmoins que Maradona était aussi un homme très fragile. (cath.ch/imedia/hl/bh)

* Le fascicule Le sport selon le pape François est offert en kiosque aux lecteurs italiens de La Gazzetta dello Sport et de son magazine Sportweek à partir du 2 janvier 2021.

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