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Graz: Prix de la paix 1996 de Pax Christi International

Le cardinal Danneels le remettra à quatre lauréats de l’ex-Yougsolavie

Bruxelles, 15novembre (APIC) Le cardinal Godfried Danneels, président de

Pax Christi International, remettra le 23 novembre à Graz en Autriche le

Prix de la paix 1996 décerné par ce mouvement à quatre personnalités de

l’ex-Yougoslavie: Mgr Franjo Komarica, évêque catholique de Banja Luka;

Hadzi Ibrahim Efendi Halilovic, mufti de Banja Luka; Jelena Santic de Belgrade et Gordana Stojanovic de Slavonie orientale.

Institué en 1988, le prix annuel de Pax Christi International est décerné à une personne ou à un groupe pour ses actions concrètes en faveur de la

paix.

D’origine croate, Mgr Komarica, 50 ans, est un des quatre évêques catholiques de Bosnie-Herzégovine. Avant la guerre 180’000 catholiques et

356’000 musulmans vivaient à Banja Luka. Passée sous contrôle serbe, la

ville a subi la «purification ethnique». Il ne reste aujourd’hui que 30’000

catholiques et 37’000 musulmans. Malgré les menaces serbes, l’évêque catholique est resté dans sa cité épiscopale afin de défendre les droits humains, appelant publiquement à la prière aux côtés du responsable de la

communauté musulmane et de l’évêque orthodoxe. En mai 1995, il a été arrêté

par l’armée serbe de Bosnie. Pour protester contre les attaques violentes

contre les catholiques et leurs églises, il entama une grève de la faim. Il

a recueilli chez lui des réfugiés et s’est assuré que la Caritas locale se

charge aussi bien des musulmans que des catholiques.

L’évêque a oeuvré en collaboration étroite avec le mufti Halilovic.

Ibrahim Halilovic, 56 ans, est l’imam principal de Banja Luka, professeur

de langue et de littérature arabes. Il a décidé avec sa femme, dès le début

de la guerre, de rester dans la ville, où la communauté musulmane a essuyé

de nombreuses attaques et a été contrainte à l’exode. Toutes les mosquées

de la ville ont été détruites. Le mufti a lui-même échappé à trois attaques. Homme d’une profonde spiritualité et d’une grande compassion, Ibrahim

Halilovic a fait preuve d’une étonnante ouverture au pardon, souligne Pax

Christi.

Née à Belgrade, Jelena Santic y a fréquenté l’Ecole classique de ballet,

puis s’est perfectionnée à Monte Carlo, Nice, Cannes et Moscou avant de

devenir la première ballerine du Théâtre national. Chorégraphe et

professeur de danse, dès le début de la guerre, elle a pris le parti de la

paix. C’est une des fondatrices du Centre pour l’Action contre la guerre,

du Cercle des Intellectuels indépendants de Belgrade et du Mouvement

européen. De 1993 à mai 1995, elle a coordonné le projet «Pakrac», réalisé

en coopération avec la Campagne contre la guerre en Croatie, en vue d’aider

les habitants de la Slavonie occidentale à surmonter les traumatismes de la

guerre et à retrouver la confiance mutuelle. Elle est ainsi devenue

coordinatrice du «Renouveau de la confiance en Slavonie orientale, dans la

Baranja et au Sirmium occidental». Ce mouvement vise à promouvoir des

initiatives civiles pour résoudre les conflits par la non-violence.

Gordana Stojanovic est née en 1960 en Croatie d’un père serbe et d’une

mère croate. Professeur d’éducation physique, elle a vu une partie de sa

famille partir vers Osijek au nord, mais elle et son mari serbe ont décidé

de rester dans la Baranja, où sa maison a brûlé. Membre d’une famille séparée par la ligne de front, Mme Stojanovic a compris la détresse de beaucoup

et a cherché dès 1994 à mettre en contact par des messages et des lettres

les gens séparés par la guerre. Les interrogatoires et les menaces pesant

sur son emploi ont fortement gêné son action dans la Baranja. Elle a néanmoins réussi à réunir des familles (740 personnes jusqi’ici), ainsi qu’à

organiser entre clans opposés, des camps d’été pour jeunes ainsi que des

ateliers écologiques touchant le Parc national, aujourd’hui en zone militaire. En deux ans, une «Association pour la Paix et pour les Droits humains» a pris corps, avec l’appui de 17 intellectuels de la Baranja.

Un an après les Accords de Dayton, il est essentiel d’encourager les initiatives concrètes dans lesquelles ces quatre lauréats se sont engagés

pour favoriser la compréhension mutuelle et la convivialité sur le chemin

de la réconciliation, souligne Pax Christi International. (apic/cip/mp)

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