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51e session de l’Assemblée générale des Nations Unies (141196)
le Saint-Siège demande l’annulation d’une partie substantielle de la dette
Rome/New York, 14novembre (APIC) Le Saint-Siège demande l’annulation d’une
partie substantielle de la dette pour les pays les plus pauvres. Devant les
membres du IIe comité de la 51e session de l’Assemblée Générale des Nations
Unies qui traitent des « Questions de macro-économie », Mgr Martino a rappelé
au nom du Saint-Siège les engagements pris au sommet de Copenhague.
Ces engagements prévoient non seulement la réduction ou l’étalement de
la dette, mais aussi son annulation ou d’autres mesures d’effacement.
« Pour certains des pays les plus pauvres, l’annulation d’au moins une
partie substantielle de leur dette extérieure est un pas nécessaire afin de
leur permettre d’atteindre leurs objectifs de développement social », a
plaidé l’observateur permanent du Saint-Siège.
Des pas ont été faits et Mgr Martino s’en félicite. Mais il invite à ne
pas considérer le problème de manière isolée. Il faut d’une part considérer
l’histoire des pays et éviter « les erreurs passées », a-t-il déclaré, et
d’autre part prendre en considération les mutations dans le « système économique global », qui se caractérisent en particulier par une recrudescence
des investissements privés directs des pays développés vers les pays en
voie de développement ou des « économies en transition ».
Le serpent se mord la queue
Dans le même temps, on note la chute de l’assistance officielle au développement, y compris dans les pays connus pour leur engagement dans la solidarité internationale, tandis que la demande d’assistance augmente. Car
« le serpent se mord la queue », a observé Mgr Martino: les fonds alloués au
développement servent à éponger les dettes des pays envers leurs créanciers, qui ne sont autres que les donneurs. Et de rappeler aussi la responsabilité des pays débiteurs d’engager effectivement ces fonds dans les secteurs les plus pauvres, « ce qui suppose un gouvernement et une économie responsables ».
Le Saint-Siège dépose deux demandes concrètes. Tout d’abord, les réformes économiques doivent partir de la reconnaissance de la priorité à donner
à l’éducation et aux soins de santé, comme clés du développement. Les programmes doivent donc être établis soigneusement en dialogue entre pays donneurs et pays bénéficiaires. Il s’agit ensuite d’appliquer rapidement la
réduction de la dette des pays les plus pauvres, et de façon la plus large
possible. « Procrastination et délais, ont hélas souvent grevé la mise en
application des mesures décidées », a déploré Mgr Martino.
Le représentant du Saint-Siège a souligné l’enjeu éthique sous-jacent à
la question de la dette. Elle relève, a dit Jean-Paul II aux Nations Unies
le 5 octobre 1995, d’une « éthique de la solidarité » dont la conscience semble de plus en plus vive. Cette conscience pourra vaincre les répugnances
et aider les nations endettées à investir et se sentir « responsables de
leur propre développement ». C’est, a conclu Mgr Martino, « le devoir de la
communauté internationale de reconnaître et de manifester la solidarité,
spécialement envers les pauvres qui souffrent dans les pays endettés ».
(apic/imed/pr)
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