Suisse: Cri d’alarme des Eglises contre l’augmentation du CO2 (280596)
Lausanne, 28mai(APIC) Face au changement du climat et aux conséquences
graves qui peuvent en résulter pour l’humanité, la « Communauté oecuménique
suisse de travail, Eglise et environnement » (COTE) s’engage pour que les
émissions de dioxyde de carbone (CO2) diminuent en Suisse aussi.
Présentée mardi, à Zurich et à Lausanne, lors d’une conférence de presse
« Pétition-Climat » va être lancée, dès le 1er juin, par les Eglises
chrétiennes et de nombreuses Organisations non-gouvernementales (ONG).
Cette pétition est adressée au Conseil fédéral et aux Chambres fédérales et
également à l’ONU, de concert avec les pétitions d’autres chrétiens des
pays industrialisés.
Les responsables de cette pétition estiment qu’il est urgent d’agir
aujourd’hui pour éviter de prendre des mesures drastiques plus tard. Si
des mesures ne sont pas prises, le réchauffement terrestre est inévitable,
aux dire de la communauté scientifique.
Pour la présentation de cette pétition, la COTE avait invité Lukas
Vischer, chargé de liaison du Conseil oecuménique des Eglises (COE) auprès
de la Conférence des Nations Unies sur le climat; John Doom, responsable
polynésien du Bureau du Pacifique au COE et René Longet, ancien Conseiller
national genevois et directeur de la Société suisse pour la protection
de l’Environnement. Les trois intervenants ont insisté sur l’urgence de
tirer la sonnette d’alarme aujourd’hui. Les scientifiques signalent en
effet que l’augmentation des changements climatiques par l’émission de gaz
à effet de serre, spécialement le CO2 qui est rejeté dans l’atmosphère
à travers l’utilisation de combustibles fossiles (industrie, chauffage,
circulation automobile, trafic aérien) aura des conséquences dramatiques
durant le 21e siècle.
Trois raisons de s’engager
Lukas Vischer a donné trois raisons fondamentales à cette action spécifique des chrétiens sur ce sujet: Il s’agit de respecter la création
de Dieu. Devant la tendance actuelle à reléguer ce problème à l’arrièreplan, les chrétiens doivent être en première ligne pour cette mobilisation. Il s’agit aussi d’une question de solidarité, car le style de vie des
pays industrialisés impose au reste du monde, spécialement aux ìles du
Pacifique et des Caraïbes – des nuisances. Quand 75% des effets de serre
proviennent des pays industrialisés, il faut que ces derniers prennent
conscience de leur responsabilité. Enfin, troisième raison: il faut un engagement personnel de la part des chrétiens: une véritable conversion à
un style de vie différent.
Le destin de nos ìles est en jeu!
John Doom, originaire de Polynésie, devant une carte du Pacifique, a
montré comment ces dernières années, la répétition de cyclônes violents
inquiètent les habitants des îles et des atolls du Pacifique. Nous serons
les premières victimes de la montée des eaux . « Quand nos atolls ne seront
plus habitables, où irons-nous? Que deviendrons nos cultures ancestrales,
pourtant acquises à l’environnement. Oui, l’avenir des nos 25’000 îles
et atolls est en jeu.
Quant à René Longet, il a rappelé que les scientifiques sont d’accord
sur le diagnostic. Depuis 1992, la fameuse convention de l’ONU sur le
changement climatique est devenu un instrument juridique. Depuis l’industralisation, on a mesuré une augmentation de 30% du CO2 dans le monde.
Une augmentation de 5O% pourrait faire augmenter le niveau de la mer entre
30cm à un mètre. René Longet se réjouit donc que les chrétiens du monde
prennent au sérieux la question. Car la plupart des Etats annoncent des
augmentations de l’utilisation des énergies fossiles. Il s’agit d’un cri
d’alarme et d’un cri du coeur. (apic/ba)
Encadré
Lancée par le Conseil oecuménique des Eglises (COE), avec le soutien, au
plan international, entre autres, du Patriarchat oecuménique de Constantinople et de la Conférence des Eglises chrétiennes (CEC) .
Sur le plan suisse, outre la Fédération des Eglises protestante de la
Suisse (FEPS), la Conférence des évêques suisses (CES), l’Eglise catholique chrétienne soutiennent totalement cette pétition. Parmi les organisations catholiques , on peut encore citer la Commission nationale
« Justice et Paix, Action de Carême, Caritas Suisse, le Conseil missionnaire catholique suisse (CMCS), la Ligue suisse de femmes catholiques et
l’Union des supérieurs majeurs de la Suisse (USM).
La récolte des signatures aura lieu du 1er juin 1996 au 25 janvier 1997.
La pétition demande au gouvernement suisse et aux membres des deux Chambres
d’agir avec plus de fermeté. En respectant la promesse faite au Sommet de
Rio (1992) de ramener d’ici l’an 2000, les émissions de CO2 à leur niveau
de 1990. Pour la période après l’an 2000, il faut exiger des objectifs
contraignants et des mesures correspondantes adaptées. L’objectif à long
terme doit être de ramener en Suisse les émissions du CO2 de 6,5
tonnes aujourd’hui à un maxumum de 2 tonnes par habitant et par an. Au
nombre des mesures, on demande la promotion des sources d’énergies
renouvelables. Suisse doit en outre s’employer à faire respecter ces objectifs aussi au p,lan international et il est nécessaire qu’un débat
public sur les changement du climat et ses conséquences soit fortement encouragé. (apic/ba)
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