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Sujet:Martino/ONU/Dette exterieure?Date : 96 1114 2 ?Car : 2990 Mots: 465
?»Pour certains des pays les plus pauvres l’annulation d’au moins une part
substantielle de leur dette exterieure est un pas necessire en vue de leur
permettre d’atteindre leurs objectifs de developpement social». C’est ce
que Mgr Renato R. Martino a reaffirme lundi 11 novembre devant le IIe
comite de la 51e session de l’Assemblee Generale des Nations Unies, a
propos du point n 94 de l’agenda intitule «Questions de macro-economie»
dont le premier volet est: «La crise de la dette exterieure et le
developpement».
?Mgr Martino rappelle les engagements pris au sommet de Copenhague
(engagement 7, c) non seulement pour une reduction de la dette ou son
etalement, mais pour son annulation ou d’autres mesures de liberation de la
dette.
?Des pas ont ete faits et Mgr Martino s’en felicite. Mais il invite a ne
pas considerer le probleme isolement. Il faut d’une part considerer
«l’histoire» des pays, et eviter «les erreurs passees». D’autre part, il
faut considerer les mutations dans le «systeme economique global». Elles se
caracterisent en particulier par une recrudescence des «investissements
prives direct» des pays developpes vers les pays en voie de developpement
ou des «economies en transitions».
?Dans le meme temps, on note la chute de l’Assistance Officielle au
Developpement (ODA: Official Development Assistance), y compris dans les
pays «historiquement connus» comme engages dans la solidarite
internationale. Et pourtant la demande d’assistance augmente.
?Car le serpent se mord la queue: les fonds alloues au developpement
servent a eponger les dettes des pays envers leurs creanciers, qui ne sont
autres que les donneurs. Mgr Martino rappelle aussi la responsabilite des
pays debiteurs qui est d’engager effectivement ces fonds dans secteurs les
plus pauvres, ce qui suppose un gouvernement et une economie responsables.
?Le Saint-Siege depose deux demandes concretes. Tout d’abord, les reformes
economiques doivent partir de la reconnaissance de la priorite a donner a
l’education et aux soins de sante, comme cles du developpement. Les
programmes doivent donc etre etablis soigneusement en dialogue entre pays
donneurs et pays beneficiaires.
?Ensuite, il s’agit d’appliquer rapidement la reduction de la dette des
pays les plus pauvres, et de facon la plus large possible. Procrastination
et delais, ont helas souvent greve la mise en application des mesures
decidees.
?Mgr Martino souligne enfin l’enjeu ethique sous-jacent a la question de la
dette. Elle releve, selon les termes de Jean-Paul II aux Nations Unies le 5
octobre 1995, d’une «ethique de la solidarite» dont la conscience semble
se faire de plus en plus vive. Cette conscience pourra vaincre les
repugnances et aider les nations endettees a «investir» et se devenir
«responsables de leur propre developpement». C’est, conclut Mgr Martino,
«le devoir de la communaute internationale de reconnaitre et de manifester
la solidarite, specialement envers les pauvres qui souffrent dans les pays
endettes».
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