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apic/Inde/Théologiens sermonés

Rome s’inquiète de l’orthodoxie de l’enseignement théologique en Inde

Théologiens indiens mis en cause: création d’une commission d’observation

Rome, 5novembre (APIC) Rome s’inquiète de l’orthodoxie de l’enseignement

théologique en Inde. La visite « ad limina » d’une vingtaine d’évêques de

l’Inde du 21 au 24 octobre à Rome était en réalité une convocation du

Saint-Siège. Une initiative inhabituelle, indique le 5 novembre Eglises

d’Asie, l’agence d’information des missions étrangères de Paris. Une commission d’experts internationaux sera à l’avenir chargée d’observer l’enseignement dispensé dans les grands séminaires, les centres et les facultés

de théologie de l’Inde.

Les évêques de l’Inde ont eu des entretiens avec des cardinaux préfets

de cinq dicastères romains: les Congrégations pour la doctrine de la foi,

l’évangélisation des peuples, l’éducation catholique, les Eglises orientales et le dialogue interreligieux.

Un certain nombre de théologiens de l’Inde, parmi les plus connus, ont

été mis en cause par des dicastères romains. On leur reproche en particulier plusieurs de leurs formulations qui mettraient en doute la médiation

unique et universelle du Christ dans l’économie du salut. Partant d’une

conception théocratique du salut, ils considèrent en effet, comme dit l’un

d’eux, que cite « Eglises d’Asie », que « le Jésus historique n’épuise pas le

logos » et que Dieu peut utiliser aussi d’autres grandes figures religieuses

telles que Bouddha ou Krishna pour se révéler aux hommes, même si le rôle

du Christ reste irremplaçable.

Un second point qui inquiète Rome découle du premier, à savoir que certains de ces théologiens se demandent, par souci d’authenticité du dialogue

interreligieux, si l’Eglise ne devrait pas reconsidérer sa position sur les

conversions au christianisme: est-il opportun de proposer le baptême à des

personnes qui peuvent être sauvées dans le cadre de la religion dans laquelle ils sont nés?

De leur côté, les évêques de l’Inde ont déclaré que les écrits des théologiens mentionnés par les autorités romaines ne sont pas destinés à la

masse du peuple catholique qui d’ailleurs ne les lit pas, mais qu’ils font

partie de la recherche théologique de cercles intellectuels restreints. Selon « Eglises d’Asie », les évêques ont toutefois admis qu’il est difficile

de conserver une équilibre juste entre la créativité théologique et l’enseignement doctrinal orthodoxe.

Au terme des entretiens, il a été demandé aux évêques juridiquement responsables des théologiens en question de les convoquer pour une mise au

point. Il a en outre été décidé de créer une commission d’experts internationaux chargés d’observer l’enseignement dispensé dans les grands séminaires, les centres et les facultés de théologie de l’Inde.

Une autre question, débattue depuis longtemps, a été celle des rites et

en particulier la possibilité de créer de nouveaux diocèses de rite oriental dans des territoires traditionnellement occupés par les diocèses de rite latin. Aucune réponse n’a été apportée sur le sujet.

La liste des évêques présents à Rome suggère que Rome a voulu que toutes

les régions géographiques du pays soient représentées ainsi que chaque rite. A noter aussi que l’ensemble des évêques juridiquement responsables de

centres ou de facultés étaient également au Vatican.

Au-delà du grave problème ainsi posé à l’Eglise catholique de l’Inde,

cette affaire pourrait avoir dans l’avenir des répercussions sérieuses pour

la Fédération des Conférences épiscopales catholiques d’Asie (FABC), avance

« Eglises d’Asie ». Les théologiens indiens mis en cause par Rome sont en effet très présents dans les diverses commissions de la FABC, celle de théologie en particulier. (apic/eda/pr)

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