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Rome: L’ambassadeur d’Indonésie présente (231296)

ses lettres de créances à Jean Paul II

Contrairement à l’ambassadeur, le pape évoque la question de Timor-Est

Rome, 23décembre (APIC) Jean Paul II, en recevant lundi les lettres de

créances du nouvel ambassadeur indonésien, Irawan Abidin, a demandé qu’une

solution juste et pacifique soit trouvée le plus rapidement possible à Timor-Est. «L’Indonésie entend renforcer ses relations avec le Saint-Siège et

reconnaît qu’elle peut améliorer certains aspects de sa politique», a répondu l’ambassadeur du gouvernement de Jakarta. Ce dernier, contrairement

au pape, a toutefois soigneusement évité d’évoquer explicitement la

question de Timor-Est.

Jean Paul II a commenté en ce sens, sans les nommer, l’attribution du

Prix Nobel de la paix à Mgr Carlos Filipe Ximenes Belo, administrateur apostolique de Dili, et à José Ramos Horta, leader indépendantiste: «A propos

des récents événements touchant Timor Est, je suis heureux qu’un dialogue

plus fructueux soit poursuivi à tous les niveaux. Tous ceux qui sont responsables, d’une manière ou d’une autre, du futur de Timor-Est, doivent

être convaincus du besoin d’arriver, le plus rapidement possible, à une solution juste et pacifique. C’est d’ailleurs l’ardente aspiration de ce peuple exprimée depuis très longtemps.»

Le pape a également confirmé que l’Eglise ne se lassera pas d’éclairer

et de former les consciences des citoyens à propos de leurs droits et devoirs comme «membres d’une communauté nationale» afin que rien ne soit fait

contre la dignité humaine, tout en assurant le gouvernement de Jakarta de

la loyauté des catholiques indonésiens.

Enfin, tout en félicitant l’Indonésie pour son rôle actif dans les négociations internationales de paix, le pape a éveillé l’attention de ce gouvernement devant «le danger de l’intolérance religieuse».

Le nouvel ambassadeur a, quant à lui, affirmé la volonté de son pays de

se rapprocher du Saint-Siège, par la biais de «formes effectives de coopération». Il a enfin admis que le «système» de son pays n’était pas encore

parfait. «Nous reconnaissons humblement, a-t-il affirmé, qu’il y a encore

beaucoup de place pour des améliorations», sans néanmoins perdre de vue la

«prudence et l’ordre public».

Timor-Est, ancienne colonie portugaise, a subi une répression sanglante

de la part du gouvernement indonésien, qui a annexé cette partie de l’ile

de Timor en décembre 1975. L’attribution du prix Nobel de la Paix à Mgr Belo en novembre dernier a d’ailleurs voulu récompenser le rôle actif de

l’Eglise dans la résistance à cette annexion politique et culturelle.

La remise du Prix Nobel à Mgr Belo a été fort peu appréciée par le gouvernement de Jakarta qui considère Timor-Est comme son territoire. D’autant

que le prix Nobel a été également attribué au leader politique de la résistance de Timor Est, José Ramos Horta.

Au Vatican, on s’est pourtant félicité de l’attribution aux deux ressortissants de Timor-Est, malgré le risque de récupération politique. C’est en

effet le dialogue que l’Eglise entend promouvoir pour sortir de la crise

ouverte en 1975.

L’Indonésie est le premier pays musulman du monde. Sur 193 millions

d’habitants, le pays compte 89 % musulmans sunnites (156 millions), 8 % de

chrétiens – 5 millions de catholiques – et 2 % de religion hindoue. (apicimed/ba)

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