Le texte contient 50 lignes (max. 75 signes), 525 mots et 3647 signes.

apic/Afghanistan/ programme de déminage positif

Bruxelles: « Handicap International » dresse un bilan positif (221296)

de son action préventive contre les mines en Afghanistan

Bruxelles/Kandahar, 22décembre (APIC) Après un an de travail d’information, de prévention et de déminage, les accidents de mines dans le district

de Dand, en pleine zone Taleban au sud de l’Afghanistan, ont très fortement

diminué, annonce « Handicap International » à Bruxelles.

En 1995, on comptait encore de quinze à trente accidents mensuels dus

aux mines antipersonnel disséminées en grand nombre dans le district de

Dand, détruit à 90%, où vivaient auparavant quelque 120’000 personnes. Aujourd’hui les risques, grâce à un travail persévérant de prévention et de

déminage, sont devenus minimes. Auparavant des mines tuaient ou blessaient

de nombreuses personnes, souvent des enfants ou des adolescents.

Les mines laissées sur place, d’origine soviétique, italienne, pakistanaise ou chinoise, sont souvent indétectables. Un millier de démineurs et

d’instructeurs s’activent dans la région, dans le cadre d’un programme de

déminage géré par les Nations-Unies et auquel participent 3’000 personnes.

Le succès du programme expérimental développé par « Handicap International »

en collaboration avec le programme de l’ONU a fait plus que réduire les

risques de mort ou de mutilations graves. Il ouvre un avenir plus serein à

l’agriculture, à la circulation dans les zones, au commerce, à l’éducation

et à la reconstruction.

Le déminage, toujours très dangereux, est cependant loin d’être terminé.

On estime qu’il demandera encore… une cinquantaine d’années. Mais le travail de prévention réalisé par « Handicap International » et ses collaborateurs sur le terrain joue un rôle essentiel dans la réduction des risques.

Concertation avec les autorités traditionnelles

Une cinquantaine de « Comités mines » ont été créés pour gérer l’information sur les positions et les caractéristiques des engins explosifs enfouis

dans les villages des districts de Dand et de Daman, les plus minés, au sud

du pays. Chaque village a ses caractéristiques de mines et ses structures

sociales, culturelles et religieuses. L’action de formation et de mobilisation n’est envisageable que sur un long terme. Elle passe nécessairement

par une concertation avec les autorités traditionnelles que sont le chef de

village et le mollah, responsable religieux musulman.

Ceci a nécessité la mise au point de méthodes adaptées au contexte islamique radical de la région. Ainsi, les autorités Taleban interdisant la musique, le jeu et les représentations humaines ou animales, « Handicap International » a privilégié d’autres moyens d’information et de prévention: les

récits d’accidents, les témoignages de victimes, le théâtre, la radio et

surtout l’enseignement des mollahs, pour qui la mise en garde sur le danger

des mines est devenue un devoir religieux. En favorisant des relais méthodiques de l’information dans la région, la découverte d’un engin explosif

provoque aujourd’hui immédiatement son signalement aux villageois et au

service de déminage. De même, toute personne handicapée nécessitant des

soins est mise rapidement en rapport avec le service de santé adéquat.

Cette prise en main progressive du problème des mines par les villageois

eux-mêmes parallèlement à la constitution de tout un réseau d’information

régionale rend viable à long terme un projet qui s’étendra encore sur plusieurs années. Le résultat le plus spectaculaire est qu’il n’y a plus eu

d’accident de mines, dans le district de Dand, depuis le début du mois de

septembre. (apic/cip/ba)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/apic-afghanistan-programme-de-deminage-positif/