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Pérou: un religieux belge négocie (191296)

la libération des otages de l’ambassade du Japon

Le Père Hubert Lanssiers, conseiller du président Fujimori

Bruxelles, 19décembre (APIC) Un religieux belge, le Père Hubert Lanssiers,

67 ans, a entrepris avec le «Défenseur du peuple» (ombudsman) péruvien,

Jorge Sanisteban, les négociations en vue de la libération des otages retenus par les révolutionnaires du mouvement «Tupac Amaru» à l’ambassade du

Japon à Lima. Le P. Lanssiers, qui vit depuis 1964 au Pérou, est aumônier

d’une prison de Lima et conseiller du président Fujimori pour les questions

de droits de l’homme.

Le religieux belge était aumônier de prison au Japon quand le futur président péruvien (d’origine japonaise) Alberto Fujimori, impressionné par

son travail, l’invita à venir au Pérou. Le P. Lanssiers qui y travaille depuis 1964, est aumônier de la prison la plus sévère de Lima. L’été dernier,

le président Fujimori l’a nommé membre de la commission chargée d’étudier

la situation des innocents envoyés en prison, et des victimes des excès des

militaires dans le cadre de la répression des mouvements du «Sentier Lumineux» et «Tupac Amaru», contre lesquels le gouvernement mène depuis une

quinzaine d’années une lutte acharnée.

Depuis 1980, plus de 25.000 personnes sont mortes victimes de la lutte

entre le «Sentier Lumineux», le mouvement révolutionnaire «Tupac Amaru» et

la contre-offensive des forces armées et policières. Bénéficiant des pleins

pouvoirs octroyés par une loi de «pacification», qui incite à la délation,

les autorités péruviennes ont libéré 4’300 «Sendéristes». Mais pour obtenir

les faveurs de la justice, ces militants «repentis» ont dû en dénoncer

d’autres, au risque d’envoyer en prison des centaines d’innocents. Ils seraient 700 à avoir ainsi été jetés en prison pour vingt ans ou à perpétuité. Les Eglises et les ONG se battent pour la réouverture de ces dossiers

et la libération des personnes innocentes.

C’est donc pour étudier les cas des personnes prises entre deux feux,

injustement détenues et condamnées pour faits de «terrorisme» et recommander leur grâce que, le 15 août dernier, le gouvernement a créé une commission spéciale, dont sont membres le P. Lanssiers, Jorge Sanisteban de Noriega, le «défenseur du peuple», et le ministre de la Justice Carlos Hermoza Moya.

Jusqu’à ce jour, la commission a obtenu la grâce présidentielle pour 45

innocents, et plus de 700 autres attendent encore leur élargissement. Le

délai de 180 jours imparti à la Commission devra probablement être allongé,

car certaines enquêtes doivent être reprises à zéro.

Le Père Lanssiers, qui est le conseiller du président Fujimori pour les

questions touchant aux droits de l’homme relève qu’»à force de rencontrer

tous ces prisonniers, vous finissez logiquement par savoir où se trouvent

les erreurs judiciaires». Au Pérou, le régime carcéral pour les prisonniers

inculpés de terrorisme est particulièrment dur: une demi-heure de promenade

par jour, lecture interdite, visite des enfants une fois par trimestre. Beaucoup de détenus ont été condamnés à l’issue d’un procès expéditif. Ainsi

F. E. Encarnacion N., arrêté par la police en 1994, inculpé pour terrorisme

et très rapidement condamné à 20 ans de prison, a contracté la tuberculose

en prison et est mort cinq mois plus tard. Huit jours après sa mort, le

tribunal qui l’avait condamné reconnaissait son innocence. (apic/cip/mp)

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