NOUVELLES OECUMENIQUES INTERNATIONALES Service de nouvelles
accord historique ENI-96-0328çF
Rome, le 16 décembre (ENIçLuigi Sandri) – Les controverses christologiques
qui, pendant quinze siècles, ont opposé les Eglises catholique romaine et
arménienne, devraient désormais être surmontées. C’est ce que souhaitent le
pape Jean-Paul II et le catholicos de tous les Arméniens, Karekin Ier du
Saint-Siège d’Etchmiadzin, dans une « Déclaration commune » signée durant la
visite officielle à Rome de Karekin Ier.
Accompagné entre autres de deux patriarches arméniens, Torkom Manoogian de
Jérusalem et Karekin Kazanjian de Constantinople, Karekin Ier est resté à
Rome du 10 au 14 décembre, et il a également rencontré à Milan le cardinal
Carlo Maria Martini.
Karekin, aujourd’hui âgé de 64 ans, était déjà venu en visite officielle en
Vatican en 1983, lorsqúil était catholicos du Saint-Siège de Cilicie, qui
se trouve au Liban.
En avril 1995, il a été élu catholicos de tous les Arméniens, le 131e à
occuper cette charge, et il a été intronisé dans la cathédrale
d’Etchmiadzin, près d’Erevan, en Arménie. Cette position est considérée
comme celle du « primus inter pares » (le premier entre ses pairs) au sein de
l’Eglise apostolique arménienne. Karekin a été vice-président du Comité
central du Conseil oecuménique des Eglises entre la Cinquième Assemblée
(Nairobi 1975) et la Sixième Assemblée (Vancouver 1983) de cette
organisation.
Converti par saint Grégoire l’Illuminateur, le peuple d’Arménie a adopté
officiellement le christianisme vers 301, douze ans avant la « conversion »
de l’empereur Constantin à Rome.
En 451, le Concile de Chalcédoine avait déclaré qúen Christ, il y avait
« deux natures », la nature divine et la nature humaine, et « une seule
personne », celle du Verbe incarné. Mais les Eglises syrienne, copte et
arménienne, qui expliquaient le mystère du Christ par une autre doctrine,
ont refusé les formulations de Chalcédoine.
Byzantins et latins, de leur côté, ont déclaré que les « monophysites » (qui
défendaient une « seule nature » en Christ) étaient hérétiques.
Historiens et théologiens des deux camps sont arrivés, en ce siècle, à la
conclusion que les « monophysites » n’étaient pas absolument hérétiques, mais
seulement des chrétiens qui employaient des termes et concepts différents
de ceux fixés par le Concile de Chalcédoine pour professer, en substance,
la même foi en Christ.
Ces thèses ont aussi été soutenues par le pape Jean-Paul II et Moran Mar
Ignatius Zakka Ier Iwas, patriarche orthodoxe syrien, dans une déclaration
commune du 23 juin 1984.
C’est sur cette base que se place la Déclaration commune du 13 décembre:
« Jean-Paul II et le catholicos Karekin Ier se félicitent des grands progrès
que leurs Eglises ont accomplis dans leur quête commune de l’unité en
Christ… La réalité de cette foi commune en Jésus Christ et dans la même
succession du ministère apostolique a parfois été éclipsée ou ignorée. Des
facteurs linguistiques, culturels et politiques ont énormément contribué à
accentuer ces divergences théologiques qui ont trouvé expression dans la
terminologie et la formulation de leurs doctrines. »
Pour cela, le pape et le catholicos déclarent qú »en raison de la foi
commune fondamentale en Dieu et en Jésus Christ, les controverses et
divisions malheureuses qui ont parfois découlé des fac,ons différentes de
l’exprimer, à la suite de la présente déclaration, ne devraient pas
continuer à influencer la vie et le témoignage de l’Eglise aujourd’hui ».
Dans cet esprit, les deux responsables expriment leur tristesse « face à ces
controverses et dissensions et leur détermination à supprimer de l’esprit
et de la mémoire de leur Eglises l’amertume et les récriminations
réciproques … manifestées dans le passé ».
Dans son allocution, Karekin a rappelé qúaprès « les tourments de
soixante-dix ans de régime soviétique », son Eglise a retrouvé finalement le
« souffle de la liberté » dans la République arménienne indépendante (depuis
1991, avec la chute de l’URSS).
Le catholicos a conclu son allocution en souhaitant que l’Eglise catholique
participe en l’an 2001 à la célébration solennelle du « 1700e anniversaire
de la reconnaissance officielle du christianisme comme religion de notre
nation ».
L’Eglise arménienne compte environ six millions de membres dans le monde:
3,4 millions vivent en Arménie, les 3 autres millions se trouvent au
Moyen-Orient (surtout au Liban et en Syrie, d’o? est originaire Karekin
Ier), en Europe occidentale et en Amérique du Nord.
L’Eglise arménienne a deux catholicossats traditionnels, l’un à Etchmiadzin
et l’autre au Liban, et deux sièges patriarcaux, à Jérusalem et à
Constantinople.
A part une minorité d’Arméniens évangéliques, il y a aussi un groupe
d’Arméniens unis à Rome depuis 1740. Ceux-ci, dépendant d’un patriarcat qui
a son siège à Beyrouth, se trouvent dans le Caucase, le Moyen-Orient et
l’Europe.
Le pape Jean-Paul II a rappelé au catholicos Karekin que « l’Eglise
arménienne catholique, qui a les mêmes racines spirituelles et la même
culture que votre Eglise … contribue à nous relier encore davantage. »
(807 mots)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/nouvelles-oecumeniques-internationales-service-de-nouvelles-2/