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apic/Père Balasuriya/ Pas encore excommunié

Rome: Le Père Balasuriya (Sri Lanka) (121296)

n’est pas (encore?) excommunié

Il a introduit un recours

Rome, 12décembre (APIC) Le Père Tissa Balasuriya, un Oblat du Sri Lanka, a

«une nouvelle fois refusé la possibilité» que lui offrait la Congrégation

romaine pour la Doctrine de la Foi» de signer une profession de foi et en a

appelé à «l’autorité supérieure». Aucune sanction n’a été prise en attendant l’issue de ce recours, précise un communiqué publié jeudi par la salle

de presse du Vatican, démentant les rumeurs d’excommunication dont a fait

état la presse italienne de mercredi.

Depuis 1994, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a entrepris un

dialogue avec le théologien asiatique, à la suite de la publication de son

livre «Marie et la libération humaine». Malgré ce dialogue, le religieux «a

répété ses positions doctrinales», précise le communiqué. Le 7 décembre

dernier, la Congrégation dirigée par le cardinal Ratzinger lui proposé de

signer une profession de foi centrée sur «les définitions du magistère relatives à des vérités niées par lui ou interprétées de façon erronée». Le

religieux a une fois encore refusé. Aucune mesure n’a cependant été prise à

son égard étant donné son appel à l’autorité supérieure, dont on attend

l’issue.

La thèse centrale du livre du P. Tissa Balasuriya, d’après le quotidien

catholique italien «L’Avvenire», est que la tradition aurait fait de la

Vierge une «Marie déshydratée, une fidèle obéissante, une douce Vierge Mère, plutôt que celle par qui Dieu renverse les puissants de leur trône,

comme le dit la prière du Magnificat. Ce n’est donc «pas simplement une

question de sensibilité», affirme le quotidien. En effet, le livre nie le

coeur de la foi chrétienne lorsqu’il critique la présentation du Christ

comme rédempteur unique, universel et nécessaire. Enfin, il n’admet pas que

Marie ait dû être comme sauvée du destin humain grâce à l’Immaculée Conception.

Prochaine excommunication?

En cas de persistance dans l’erreur, selon «L’Avvenire», l’excommunication dite «latae sententiae» (ipso facto) risque de s’accompagner de la

destitution de la charge ecclésiastique et de son exclusion de la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée.

«Marie et la libération humaine»

Le livre du Père Balasuriya, sorti en 1989, a suscité une controverse

qui a dépassé largement les frontières du Sri Lanka. Les évêques de ce pays

l’ayant jugé «incompatible avec la foi chrétienne». L’affaire avait été

portée ensuite devant la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi.

En 1994, celle-ci avait également émis des objections et demandé au Père

Balasuriya de souscrire une profession de foi préparée à l’avance, faute de

quoi il risquait la perte de son statut de théologien catholique, l’excommunication et le retour à l’état laïc.

En mai dernier, l’épiscopat du Sri Lanka avait mis les catholiques en

garde contre le livre du théologien oblat. Sa commission doctrinale avait

précisé à l’époque que les raisons de ses graves réserves: le livre «Marie

et la libération humaine» minimise la tradition de l’Eglise catholique et

la valeur de la foi et présente la doctrine du péché originel d’une façon

qui met en doute la divinité du Christ, sa mission de salut, ainsi que le

rôle de la Vierge Marie dans l’histoire du salut. Selon la commission, «le

livre dit de manière implicite que le rôle de la religion est avant tout

d’aider à la libération humaine».

Le point de vue de son supérieur

Interrogé mercredi, le Père Alexandre Taché, procureur général de la

Congrégation des Oblats de Marie Immaculée, a dit espérer une réconciliation entre les instances romaines et le religieux âgé aujourd’hui de 72

ans. Pour lui, le Père Balasuriya est devantage un spécialiste des sciences

sociales qu’un théologien. Le Père Taché «regretterait vivement» l’excommunication d’un homme qui a «beaucoup apporté à la théologie asiatique, en

servant de pont entre celle-ci, l’hindouisme et le bouddhisme».

Au printemps dernier, l’Association théologique indienne, réunie en congrès à Bangalore, avait invité la conférence épiscopale de Sri Lanka à reconsidérer sa position à l’égard du Père Balasuriya. Les 45 théologiens

présents, «guidés par le souci du bien de l’Eglise en Asie et par celui de

la crédibilité de sa hiérarchie» exigeaient que le théologien sri-lankais

soit entendu de façon équitable et que toute décision à son sujet soit précédée d’un dialogue et d’un procès honnête, ainsi que d’une enquête impartiale. Les théologiens regrettaient l’utilisation par Rome de la «profession de foi», qui devrait être, écrivaient-ils, «un acte suprême de liberté et de joyeuse célébration».

Le Père Balasuriya avait de son côté entamé une action judiciaire contre

les évêques de son pays, estimant que leur mise en garde contenait des affirmations erronées et diffamatoires eu égard à sa qualité d’écrivain chrétien et de théologien. Le religieux précisait que l’action judiciaire entamée ne concerne pas une opinion théologique, mais la véracité des allégations contenues dans la mise en garde par rapport à ce que lui-même a écrit

dans son ouvrage. (apic/cip/eda/ba)

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