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Suisse: Tournant décisif dans l’ »Affaire Haas »? (051296)
La Conférence des évêques suisses unanime pour réclamer « des pas courageux »
Berne, 5décembre (APIC) L’ »affaire Haas » a peut-être connu un tournant décisif jeudi. Pour la première fois depuis la nomination de Mgr Wolfgang
Haas comme évêque coadjuteur de Coire en 1988, les évêques suisses se sont
pronconcés à l’unanimité pour dénoncer la situation « quasiment sans issue »
dans le diocèse de Coire. Lors de la Conférence presse à l’issue de leur
234e assemblée ordinaire jeudi à Berne, les évêques ont réclamé des « pas
courageux » en vue d’une solution.
Même si une « démission de Mgr Haas ne peut en aucun cas résoudre tous
les problèmes du diocèse », la Conférence des évêques suisses (CES) constate
que la nomination en 1993 des deux évêques auxilaires, Mgr Peter Henrici et
Mgr Paul Vollmar, n’a pas conduit à la pacification souhaitée et ne pourra
certainement pas le faire à l’avenir.
Mgr Henri Salina, président de la CES, a témoigné que les évêques réunis
en assemblée ordinaire à St-Maurice sont rapidement tombés d’accord pour
rejoindre le diagnostic posé fin octobre par Mgr Paul Vollmar dans une
interview à une revue allemande. Mgr Vollmar y soulignait notamment que le
siège de Coire était « mal occupé ».
« Je ne suis cependant pas le patron des évêques et la Conférence des
évêques n’est pas un conseil d’administration qui aurait compétence pour
désigner ses membres », a souligné Mgr Salina. Pour la CES, qui n’a « aucun
pouvoir effectif » dans le domaine, la solution est à Coire même et au Vatican.
Pas de pression sur Rome, mais plus de ’langue de bois’
Mgr Salina refuse de parler de pression sur Mgr Haas ou sur Rome, mais
demande la clarté et l’exercice de la coresponsabilité. « Nous ne voulons
pas de langue de bois. Il faut dire que nous sommes conscients de la situation et que nous en souffrons. » Même son de cloche pour Mgr Kurt Koch qui
souligne que cette déclaration est destiné d’abord aux fidèles du diocèse,
pour leur exprimer la solidarité de l’épiscopat.
les évêques sont en revanche restés muets sur les diverses solutions envisageables, même s’ils admettent en avoir parlé. « Nous ne sommes pas d’accord sur ce point », a reconnu Mgr Koch qui a précisé s’exprimer au nom de
la CES et non pas en sa qualité d’évêque de Bâle. « L’éventualité de la
création d’un archevêché à Vaduz n’a jamais dépassé le niveau de la rumeur ».
Quand au délai de la fin de l’année annoncé par le nonce apostolique en
Suisse, Mgr Karl-Josef Rauber, « il s’agissait d’un voeu et non pas d’un engagement », renchérit Mgr Salina.
Mgr Salina dément par ailleurs le fait que le Vatican n’ait pas été
attentif aux problèmes suisses. « La nomination de Mgr Rauber comme visiteur
apostolique puis comme nonce en Suisse est la preuve de cette attention.
mais nous devons reconnaître aussi que nous ne sommes pas seuls au monde. »
L’évêque-Abbé de St-Maurice a osé tout de même la comparaison avec la
parabole évangélique de la veuve et du juge inique. A force de persévérance
et de tenacité, la veuve obtient gain de cause face au juge qui cède « pour
qu’elle ne vienne pas sans fin me casser la tête »(Lc 18,5).
Mgr Wolfgang Haas partage le diagnostic posé
Mgr Wolfgang Haas a participé lui-même à l’Assemblée à St-Maurice, a
confirmé le Père Roland B. Trauffer secrétaire de la CES. « Il partage le
diagnostic posé, mais y voit d’autres causes et d’autres remèdes. Et là les
divergences sont profondes », a précisé Mgr Koch. Mgr Haas ne souhaitait pas
cette déclaration, mais n’a pas opposé de veto à cette décision ni pronconcé d’ultimatum. « Il n’y a pas eu d’altercation. Nous cherchons tous le bien
de l’Eglise, chacun selon sa conscience. La situation est douloureuse pour
nous, elle l’est aussi pour lui. Mais l’impasse dure depuis trop longtemps », explique Mgr Salina.
Le nonce apostolique qui, comme à l’accoutumé, rend visite aux évêques
lors de leur assemblée, n’a semble-t-il pas non plus fait opposition à cette démarche inhabituelle de la CES. Mgr Koch n’a d’ailleurs pas le sentiment que la CES ait courtcircuité la voie hiérarchique normale qui veut que
les rapports entre les évêques et le Vatican passent généralement par l’intermédaire du nonce apostolique.
Dernière question: l’éventualité de la démission des deux auxiliaires de
Coire en signe de protestation, n’a pas été abordée par la CES. « Cette décision leur appartient en propre. Ils ne devraient pas du reste donner leur
démission à la CES, mais à Rome », conclut Mgr Salina. (apic/mp)
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