Salvador, le 4 décembre (ENIçStephen Brown) – Les Eglises du monde entier

Les Eglises sont appelées à trouver un nouveau style de mission

devraient trouver un nouveau style de mission pour le nouveau millénaire,

ont conclu les quelque 600 participants à la Conférence mondiale sur la

mission et l’évangélisation, organisée par le Conseil oecuménique des

Eglises (COE), qui a commencé le 24 novembre et s’est achevée la nuit

dernière, le 3 décembre, à Salvador de Bahia, au Brésil.

C’était la 11e Conférence sur la mission et l’évangélisation. La première,

la grande conférence oecuménique sur la mission, réunie à Edimbourg en

1910, est généralement considérée comme le début du mouvement oecuménique

pour l’unité de l’Eglise.

Les participants ont vigoureusement critiqué les méthodes agressives

d’évangélisation de missionnaires étrangers dans l’ancienne Union

soviétique et l’Europe orientale, depuis la chute du communisme. Ces

activités sont dénoncées comme actes de «prosélytisme» par les grandes

Eglises orthodoxes de la région qui estiment que les missionnaires

cherchent à attirer des membres de leurs Eglises. Les responsables de

l’Eglise orthodoxe russe, membre important du COE, ont également laissé

entendre que d’autres Eglises membres du COE se livraient à de telles

activités.

Dans une série d’»engagements», les participants à la Conférence ont rejeté

les «actes de contrainte et de prosélytisme éthiquement condamnables, qui

ne reconnaissent pas l’intégrité des Eglises locales et ne sont pas

respectueux des autres cultures». De telles activités, poursuivent-ils,

«contredisent l’amour de Dieu qui réconcilie en Christ».

Pour Vsevolod Chaplin, de l’Eglise orthodoxe russe, il devrait y avoir un

«traité de non-agression dans le cadre de la mission» qui serait une

première étape vers la réciprocité dans ce domaine.

Les participants se sont aussi engagés «à rechercher comment l’Eglise peut

contrecarrer les effets néfastes de la mondialisation et essayer de les

transformer pour les mettre au service de l’humanité».

Ils ont souligné que les activités missionnaires occidentales

traditionnelles avaient eu des conséquences nuisibles pour les cultures

traditionnelles dans l’hémisphère sud. Dans un message de trois pages,

adopté par la Conférence le 3 décembre, ils ont déclaré avoir entendu «les

cris de souffrance des peuples autochtones qui ont craint l’extermination

quasi-totale de leurs communautés et de leurs cultures».

Le Conférence, placée sous le thème «Appelés à une seule espérance l’Evangile dans les différentes cultures» était l’aboutissement d’un projet

d’étude de cinq ans sur la relation entre l’Evangile et les différentes

cultures. Les participants ont souligné que «toutes les cultures»

permettaient «d’exprimer dignement l’amour de Dieu et qúaucune culture ne

peut prétendre offrir le seul modèle de la relation de Dieu avec l’être

humain».

«Nous espérons de tout coeur que cette dernière grande conférence

missionnaire du 20e siècle aura clairement montré que, pour produire ses

fruits les plus abondants, l’Evangile doit à la fois être fidèle à lui-même

et s’incarner dans la culture d’un peuple», ont souligné les participants

dans le message.

«Les Eglises et les organismes missionnaires ont fait preuve de beaucoup de

bonne volonté pour reconna?tre leurs erreurs passées et refuser de

s’enfermer dans des stéréotypes; ils ont manifesté leur détermination de

demeurer ensemble et de travailler ensemble au bien de notre mission

commune», poursuit le message.

La ville de Salvador, dont la population est en majorité noire, était le

grand port de débarquement des esclaves africains. C’est aussi le centre de

la religion afro-brésilienne, le candomblé, qui compte de nombreux adeptes

dans la région.

Avant la Conférence, nombreux étaient ceux qui espéraient que le choix de

la ville favoriserait un intense dialogue avec les Afro-Brésiliens et les

adeptes du candomblé. Or, certains groupes afro-américains et

afro-brésiliens de Salvador ont reproché à la conférence de ne pas offrir

assez d’occasions de contacts avec la communauté noire de la région.

Pourtant, la Conférence a été le premier rassemblement oecuménique majeur

durant lequel a eu lieu un dialogue avec deux représentants du candomblé.

Il y a eu aussi un culte du souvenir et de repentance à la mémoire des

esclaves arrachés à la terre africaine et qui débarquaient sur le quai de

Salvador.

«Nous avons entendu, ont déclaré les participants, la colère des peuples

africains, afro-carai»bes, latino-américains et nord-américains d’origine

africaine devant les horreurs de l’esclavage, et perc,u la manière dont la

foi, bien qúelle leur ait été présentée de manière déformée, a pu se muer

en espérance de libération. Nous avons admiré leur détermination à ne pas

se laisser piéger dans les regrets du passé mais à resserrer les liens qui

unissent en étroit partenariat les peuples africains et les peuples de la

diaspora africaine.»

Les participants ont décidé de demander au Comité central de mettre en place un nouveau comité sur la mission et l’évangélisation afin d’assurer que

les questions de mission et d’évangélisation soient inscrites dans toute

nouvelle structure du COE.

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/les-eglises-sont-appelees-a-trouver-un-nouveau-style-de-mission/