Les Eglises sont appelées à trouver un nouveau style de mission
devraient trouver un nouveau style de mission pour le nouveau millénaire,
ont conclu les quelque 600 participants à la Conférence mondiale sur la
mission et l’évangélisation, organisée par le Conseil oecuménique des
Eglises (COE), qui a commencé le 24 novembre et s’est achevée la nuit
dernière, le 3 décembre, à Salvador de Bahia, au Brésil.
C’était la 11e Conférence sur la mission et l’évangélisation. La première,
la grande conférence oecuménique sur la mission, réunie à Edimbourg en
1910, est généralement considérée comme le début du mouvement oecuménique
pour l’unité de l’Eglise.
Les participants ont vigoureusement critiqué les méthodes agressives
d’évangélisation de missionnaires étrangers dans l’ancienne Union
soviétique et l’Europe orientale, depuis la chute du communisme. Ces
activités sont dénoncées comme actes de «prosélytisme» par les grandes
Eglises orthodoxes de la région qui estiment que les missionnaires
cherchent à attirer des membres de leurs Eglises. Les responsables de
l’Eglise orthodoxe russe, membre important du COE, ont également laissé
entendre que d’autres Eglises membres du COE se livraient à de telles
activités.
Dans une série d’»engagements», les participants à la Conférence ont rejeté
les «actes de contrainte et de prosélytisme éthiquement condamnables, qui
ne reconnaissent pas l’intégrité des Eglises locales et ne sont pas
respectueux des autres cultures». De telles activités, poursuivent-ils,
«contredisent l’amour de Dieu qui réconcilie en Christ».
Pour Vsevolod Chaplin, de l’Eglise orthodoxe russe, il devrait y avoir un
«traité de non-agression dans le cadre de la mission» qui serait une
première étape vers la réciprocité dans ce domaine.
Les participants se sont aussi engagés «à rechercher comment l’Eglise peut
contrecarrer les effets néfastes de la mondialisation et essayer de les
transformer pour les mettre au service de l’humanité».
Ils ont souligné que les activités missionnaires occidentales
traditionnelles avaient eu des conséquences nuisibles pour les cultures
traditionnelles dans l’hémisphère sud. Dans un message de trois pages,
adopté par la Conférence le 3 décembre, ils ont déclaré avoir entendu «les
cris de souffrance des peuples autochtones qui ont craint l’extermination
quasi-totale de leurs communautés et de leurs cultures».
Le Conférence, placée sous le thème «Appelés à une seule espérance l’Evangile dans les différentes cultures» était l’aboutissement d’un projet
d’étude de cinq ans sur la relation entre l’Evangile et les différentes
cultures. Les participants ont souligné que «toutes les cultures»
permettaient «d’exprimer dignement l’amour de Dieu et qúaucune culture ne
peut prétendre offrir le seul modèle de la relation de Dieu avec l’être
humain».
«Nous espérons de tout coeur que cette dernière grande conférence
missionnaire du 20e siècle aura clairement montré que, pour produire ses
fruits les plus abondants, l’Evangile doit à la fois être fidèle à lui-même
et s’incarner dans la culture d’un peuple», ont souligné les participants
dans le message.
«Les Eglises et les organismes missionnaires ont fait preuve de beaucoup de
bonne volonté pour reconna?tre leurs erreurs passées et refuser de
s’enfermer dans des stéréotypes; ils ont manifesté leur détermination de
demeurer ensemble et de travailler ensemble au bien de notre mission
commune», poursuit le message.
La ville de Salvador, dont la population est en majorité noire, était le
grand port de débarquement des esclaves africains. C’est aussi le centre de
la religion afro-brésilienne, le candomblé, qui compte de nombreux adeptes
dans la région.
Avant la Conférence, nombreux étaient ceux qui espéraient que le choix de
la ville favoriserait un intense dialogue avec les Afro-Brésiliens et les
adeptes du candomblé. Or, certains groupes afro-américains et
afro-brésiliens de Salvador ont reproché à la conférence de ne pas offrir
assez d’occasions de contacts avec la communauté noire de la région.
Pourtant, la Conférence a été le premier rassemblement oecuménique majeur
durant lequel a eu lieu un dialogue avec deux représentants du candomblé.
Il y a eu aussi un culte du souvenir et de repentance à la mémoire des
esclaves arrachés à la terre africaine et qui débarquaient sur le quai de
Salvador.
«Nous avons entendu, ont déclaré les participants, la colère des peuples
africains, afro-carai»bes, latino-américains et nord-américains d’origine
africaine devant les horreurs de l’esclavage, et perc,u la manière dont la
foi, bien qúelle leur ait été présentée de manière déformée, a pu se muer
en espérance de libération. Nous avons admiré leur détermination à ne pas
se laisser piéger dans les regrets du passé mais à resserrer les liens qui
unissent en étroit partenariat les peuples africains et les peuples de la
diaspora africaine.»
Les participants ont décidé de demander au Comité central de mettre en place un nouveau comité sur la mission et l’évangélisation afin d’assurer que
les questions de mission et d’évangélisation soient inscrites dans toute
nouvelle structure du COE.
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