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Vaud: 3e plate-forme romande des écoles catholiques (021296)
Le rôle de la paroisse
Lausanne, 2décembre (APIC) Quel rôle joue – ou devrait jouer – la paroisse
à l’égard des écoles catholiques? C’est pour tenter d’apporter des réponses à cette question qu’une vingtaine de personnes, dont Mgr Pierre Bürcher, évêque auxiliaire à Lausanne, ont participé à la troisième plate-forme romande des écoles catholiques qui s’est tenue fin novembre à Lausanne.
La rencontre, mise sur pied à l’initiative de Bruno Santini, secrétaire
de la Conférence des écoles catholiques de la Suisse (CECS), avait pour but
avoué de s’informer, réfléchir et discuter du rôle de la paroisse à l’égard
des écoles catholiques. La Conférence des évêques suisses a été interpellée. On attend d’elle plus de soutien, a-t-on déclaré en cours de journée.
L’expérience vaudoise en la matière a été très largement mise en évidence.
A ce titre, Jean-Philippe Gogniat, secrétaire général de la Fédération
des paroisses catholiques du canton de Vaud, a rappelé l’importante modification intervenue le 11 juin de cette année, lors de la dernière Assemblée
générale de la Fédération des paroisses: la réforme des écoles catholiques.
Dorénavant dans ce canton, a-t-il précisé, écoles paroissiales et écoles
catholiques privées sont sur pied d’égalité grâce à un nouveau système de
financement.
L’article 11 bis, qui régissait le soutien des seules écoles paroissiales par la Fédération au moyen de subsides de 50% des salaires du personnel des écoles, a en effet été abrogé. Certes, la Fédération réduit progressivement (sur sept ans) ses subsides, mais les subventions sont à
l’avenir étendues aux écoles catholiques privées et aux écoles paroissiales
sous forme de fonds de bourses.
En clair, après avoir adopté les principes d’une Charte des écoles catholiques, la Fondation des écoles (anciennement Fondation des écoles paroissiales catholiques du canton de Vaud, devenue Fondation des écoles catholiques en Pays de Vaud) vole aujourd’hui de ses propres ailes. Les premiers versements ont du reste été opérés. Les écoles paroissiales se sont
autonomisées par rapport à leur paroisse et tous les partenaires ont créé
un nouveau système, stimulant les écoles catholiques entre elles et les
personnes, a fait remarquer J.-P. Gogniat.
Un défi majeur à relever
Mgr Bürcher a pour sa part donné le « point de vue d’un évêque sur les
paroisses de Suisse romande et leur position à l’égard des écoles catholiques ». Pour l’évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg, « si les
écoles catholiques ont été fondées à une époque où il était ressenti comme
nécessaire de rassembler les enfants catholiques, la situation a bien changé depuis lors. Aujourd’hui, l’école catholique n’est plus « le » lieu où les
catholiques se retrouvent et se reconnaissent, mais « un » lieu parmi d’autres où se vit l’annonce de la Bonne Nouvelle ».
Cette situation doit donc être abordée par l’Eglise comme un défi majeur
à relever. Car sa mission est bien d’annoncer l’Evangile à tous les hommes
et ceci par l’ensemble des moyens que se donne la pastorale: éveil à la
foi, catéchèse, pastorale des jeunes, des adultes, du troisième âge… »
L’école catholique doit être un instrument d’évangélisation
Prenant notamment en exemple l’école catholique du Valentin, à Lausanne,
Mgr Bürcher a rappelé que, dans cet établissement, l’enseignement religieux
demeure un moment privilégié de la semaine. L’école met un accent prononcé
sur la dimension didactique. Il s’agit en priorité de nourrir l’intelligence de la foi, en mettant en oeuvre des méthodes conformes aux options pédagogiques prises dans le domaine des sciences profanes.
Or l’intégration harmonieuse de cet enseignement religieux dans le cursus scolaire est une des spécialités majeure de l’école catholique, a ajouté Mgr Bürcher. Avant de conclure: « En étant largement ouverte à tous,
l’école catholique a la grande chance d’être en contact avec des enfants de
familles qui, autrement, n’auraient aucun contact avec l’Eglise. Elle a besoin d’un noyau d’élèves chrétiens, qui soient levain et pâte. L’école catholique est – ou doit être – un instrument d’évangélisation ».
La Conférence des évêques interpellée
Captivé par les propos, l’auditoire s’est cependant inquiété du manque
de soutien des évêques suisses. L’un des intervenants a même lancé: « Les
évêques ne pourraient-ils pas en faire plus? La dernière lettre pastorale
relative aux écoles catholiques date de 1963″.
En réponse, Mgr Bürcher s’est engagé à soulever cette question lors de
la prochaine Conférence des évêques qui se tient cette semaine à Saint-Maurice. « Mais pour l’avenir, un document écrit et concret serait néanmoins
préférable », a-t-il précisé.
Intervenant à son tour, l’abbé Claude Ducarroz, curé de la paroisse Notre-Dame à Lausanne, a évoqué « les possibilités des paroisses à l’égard des
écoles catholiques ». Pour sa part, l’ancien recteur du Collège de Champittet, à Pully, le chanoine Gérard Payot, a regardé le thème proposé « par
l’autre bout de la lorgnette ». Il a essentiellement parlé de ce que les
écoles catholiques peuvent apporter aux paroisses.
Quatre délégués romands se sont enfin engagés à rédiger une résolution
qui pourrait par exemple être envoyée aux paroisses et aux autorités ecclésiastiques, afin de les sensibiliser ou d’attirer leur attention sur la
« problématique des écoles catholiques ». (apic/id/jcz/pr)
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