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Zaïre: « Toujours plus de 500’000 personnes réfugiées ou déplacées! »

Le directeur de MEMISA, de retour d’un voyage au Zaïre (310197)

Bruxelles, 31janvier (APIC) Pour les dizaines de milliers de réfugiés

rwandais, burundais et zaïrois qui depuis novembre errent encore dans les

forêts de l’est du Zaïre les conditions de survie sont épouvantables. Des

centaines de personnes meurent certainement chaque jour, presque totalement

isolées de toute aide humanitaire, constate Marti Waals, directeur de l’organisation de Coopération médicale missionnaire MEMISA, rentré le 28 janvier d’un voyage de quinze jours au Zaïre.

La décision prise aux Nations-Unies de ne pas envoyer de force d’intervention sur place a pu laisser croire que tous les réfugiés rwandais étaient rentrés au pays depuis la mi-novembre. C’est seulement le cas pour la

moitié d’entre eux. A l’époque, quelque 500’000 autres, auxquels se sont

ajoutés environ 300’000 Zaïrois déplacés dans leurs propre pays, se sont

terrés dans les forêts de l’est du Zaïre. Les uns, fuyant la région de Goma, se sont enfoncés vers l’ouest dans la forêt entre Masisi et Walikale.

D’autres, fuyant la région de Bukavu, sont descendus un peu plus au sud

vers Kindu, en se cachant dans la grande forêt de Shabunda. La plupart n’en

sont pas sortis.

Au cours de son récent voyage, Marti Waals a pu évaluer la situation

avec les responsable à Kinshasa de la coordination nationale de l’aide

fournie par MEMISA, ainsi qu’avec les représentants de MEMISA pour les programmes destinés aux personnes réfugiées et déplacées dans la région de

Kisangani.

Dès la mi-novembre, et grâce au gouvernement belge, reconnaît M. Waals,

deux avions militaires avaient pu amener à Kinshasa de l’aide médicale et

des vivres, aussitôt transportés vers Kisangani et vers Kindu. Très appréciée, cette aide n’a pu cependant couvrir qu’une petite partie des besoins.

A mesure que les personnes réfugiées ou déplacées étaient poussées par la

détresse à sortir des forêts où elles se terraient, on a vu se peupler des

camps de 10’000, 20’000, 30’000 personnes et plus.

« Zone sinistrée »

MEMISA dispose heureusement d’un double atout, explique Marti Waals. Ses

partenaires sur place sont des services zaïrois et ont une bonne connaissance du terrain. Ce sont donc des relais bien organisés et ils ne seront

pas tracassés comme les étrangers par les fonctionnaires ou les militaires.

C’est tout particulièrement le cas du Comité des Réfugiés et des Personnes Déplacées qu’a créé l’archidiocèse de Kisangani. Ce Comité a le souci

d’organiser la meilleure concertation possible avec les organisations non

gouvernementales présentes sur le terrain. Grâce à lui, il est possible

d’apporter une aide efficace aux populations concernées.

Mais dans le climat des troubles qui secouent l’est du Zaïre depuis des

semaines, les pillages et les saccages pratiqués par les militaires en déroute n’ont rien arrangé. Les dégâts et l’insécurité sont tels que « tout

l’Est du Zaïre, en particulier Kisangani, a été déclaré par le gouvernement

zaïrois zone sinistrée », vient de confirmer l’archevêché de Kisangani.

Pour l’archidiocèse de Kisangani, précise son vicaire général dans une

lettre à MEMISA Belgique, « cela signifie que toutes les paroisses de l’intérieur, en zones rurales, ne reçoivent plus les médicaments pour alimenter

leurs centres de santé. » Le Comité de l’archidiocèse pour les personnes réfugiées et déplacées vient donc d’adresser à MEMISA une nouvelle demande de

médicaments de première nécessité pour fournir une quinzaine de Centres de

santé des paroisses rurales, dont les réserves seront bientôt épuisées.

(apic/cip/mp)

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