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Belgique: des religieux précisent l’enjeu (230197)
de la « vie consacrée » pour notre temps
Tous les chrétiens ne sont-ils pas pourtant « consacrés »?
Bruxelles, 23janvier (APIC) Le 2 février, fête de la présentation de Jésus
au Temple, sera désormais, dans l’Eglise catholique, une journée de la vie
consacrée. Par cette initiative, décidée en octobre dernier, le pape veut
attirer l’attention sur cette forme de vie présentée comme « mémoire vivante
du mode d’existence et d’action de Jésus ». Par la prière et l’engagement
pastoral qu’elle suscitera, la journée devrait devenir, une journée des vocations. Réflexion et analyse de la « vie consacrée » en Belgique.
Dans un texte transmis à l’agence catholique belge CIP, le Père Jean
Burton et Soeur Noëlle Hausman, responsables de la revue « Vie Consacrée »,
précisent l’enjeu de cette journée au nom de l’Union des religieuses de
Belgique et de l’Association des supérieurs majeurs de Belgique.
Que le pape Jean-Paul II ait décidé de faire du 2 février, fête de la
présentation de Jésus au Temple, une journée d’information et de réflexion
sur la vie consacrée en surprendra plus d’un. N’est-ce pas une manière de
confisquer, pour une minorité à laquelle on vient déjà de consacrer un
Synode général, une célébration que la liturgie rénovée n’appelle plus, depuis longtemps, « Purification de Marie »? Ne sommes-nous pas tous consacrés,
dans l’Eglise, par les sacrements de l’initiation chrétienne, ou encore
lors des sacrements de l’ordre et du mariage?
Et s’il reste quelque crédibilité à ce genre de vie qu’on désignait autrefois comme un « état de perfection » et que l’exhortation postsynodale
« Vita consecrata » (25 mars 1996) nomme « vie consacrée », pourquoi se fait-il
si discret ? Au fond, l’innovation pontificale ne constitue-t-elle pas une
ultime tentative pour maintenir une espèce en voie de disparition, au moins
en Occident ?
Les trois conseils évangéliques
Qui sont-ils ? Combien sont-ils ? Le terme de « vie consacrée » est utilisé dans l’Eglise catholique, pour désigner le fidèle qui un jour déclare
publiquement trouver en Dieu la racine de son amour (par la profession de
chasteté), de son existence (par l’engagement dans la pauvreté) et de son
vouloir (par la promesse ou le voeu d’obéissance). La pratique des conseils
évangéliques, qui est l’affaire de tous les chrétiens, se condense pour lui
dans cette triple profession, reçue solennellement par l’Eglise, qui devient la forme même de sa vie.
En plus de ce fond commun à toutes les formes de la vie consacrée, certains vivent, travaillent et prient en commun de manière publique et visible (les religieux, de loin les plus nombreux) ou bien choisissent la discrétion d’engagements personnels et profanes (les membres d’Instituts séculiers, nés au XXe siècle), d’autres relèvent de modèles plus anciens et
moins institués (les vierges consacrées, certains ermites), d’autres encore
insistent sur l’apostolat plus que sur la consécration (les membres des sociétés de vie apostolique) d’autres enfin cherchent encore leur reviviscence (l’ordre de veuves), voire leur naissance (dans certaines communautés
nouvelles).
« Au point de vue numérique, les statistiques ne sont pas précises. On
parle, pour la Belgique, d’environ 25’000 religieuses, 7 à 8’000 religieux,
plusieurs centaines de membres d’Instituts séculiers, quelques dizaines de
vierges consacrées, les ermites se comptant par unités, et les membres des
sociétés de vie apostolique étant souvent repris avec les religieux. Sur ce
petit groupe très militant, malgré une pyramide des âges depuis longtemps
renversée, repose (en termes d’autorité, de forces et au moins d’argent),
on ne le sait pas assez, toute une partie du dynamisme institutionnel de
l’enseignement, du secteur hospitalier, du monde caritatif de toute la Belgique. Sans compter l’immense champ des secteurs associatifs et bénévoles,
comme celui de l’alphabétisation, de la catéchèse, de l’animation spirituelle, des aides d’urgence à ceux que le filet de la protection sociale
laisse si souvent échapper.
Changements en perspective?
« Or, ce monde des consacrés, réputé pour sa stabilité à travers les remous des époques antérieures, a considérablement changé depuis la fin du
Concile au moins ou doit encore le faire, s’il veut participer à l’évangélisation à l’aube de l’an 2000.
L’épineuse question des vocations grève l’avenir, car il y a une diminution réelle des effectifs. La baisse générale de la natalité, l’ouverture
aux femmes de l’éventail des professions, l’effondrement de la pratique
chrétienne, la désaffection de l’engagement civil et politique sont autant
de facteurs qui ne relèvent pas immédiatement de la responsabilité des consacrés eux-mêmes: leur relative diminution ne devrait pas se mesurer, comme
on le fait quasi toujours, d’après l’efflorescence du XIXe siècle, unique
dans l’histoire et qui ne peut être normative. Reste que le combat pourrait
finir, en bien des endroits, faute de combattants, au moment même où l’immense effort de ressourcement évangélique demandé par le Concile commence à
porter ses fruits de simplicité, de proximité et de discrète complémentarité.
« L’interpellation d’une journée comme celle du 2 février, concluent les
responsables de la revue « Vie conscrée », s’adresse cependant à toute la
communauté chrétienne: que veut-elle ? Le Synode et l’exhortation qui le
suit répètent, comme déjà l’affirmait le Concile, que la vie consacrée ne
peut manquer à l’Eglise, parce qu’elle en exprime la nature même, qui est
de répondre dans l’amour à l’appel de l’Amour (Vita consecrata, 29). (apiccip/ba)
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