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APIC-FORUM
L’Opus Dei et la communion dans l’Eglise(200197)
Le point de vue de l’abbé Müller, porte-parole de l’Opus Dei pour la Suisse
Fribourg, 20janvier (APIC) Le nom et les activités de l’Opus Dei sont
souvent l’objet de controverses à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise
catholique. L’abbé Beat L. Müller, de Fribourg, est prêtre et docteur en
lettres. Il travaille dans la pastorale de la prélature personelle de
l’Opus Dei, dont il est le porte-parole pour la Suisse.
Dans cette contribution envoyée à l’APIC, l’abbé Müller livre un point de
vue « de l’intérieur », et dit pourquoi son mouvement, « qui se veut nettement
orienté vers la communion ecclésiale », est néanmoins présenté parfois « comme une force portée au dogmatisme et à la polarisation ». (ndr)
« Avec le Concile Vatican II, les catholiques ont pris conscience du fait
que l’Eglise ne se réduit pas à une structure gouvernementale et administrative. Elle est communion (’communio’) de tous les fidèles. Beaucoup
d’institutions sont au service de cette unité. Parmi elles, la prélature
personnelle de l’Opus Dei que le Saint-Siège a érigée en 1982.
Dans les dernières années, cependant, le nom ’Opus Dei’ a été évoqué
chez nous presque exclusivement dans le contexte des tensions bien connues
qui pèsent sur l’Eglise. Cela a donné parfois l’impression que l’Opus Dei
avait abandonné la volonté de servir l’unité. C’est pourquoi nous voudrions
exposer, par ce qui suit, en quoi consiste sa contribution à la communion
ecclésiale.
Promouvoir la communion en promouvant la perfection chrétienne.
Tout d’abord, il est très important que l’Opus Dei ne soit pas confondu
avec un ’groupe’ à l’intérieur de l’Eglise. En tant que prélature personnelle, elle est en fait une institution pastorale ordinaire intégrée dans
la structure de l’Eglise universelle. A l’aide de cette institution,
l’Eglise entend promouvoir parmi ses fidèles ’la sainteté et la perfection
de leur état’ (Vatican II, LG 42) auxquelles ils sont appelés, en particulier parmi les chrétiens courants qui vivent dans le monde et qui, dans le
passé, ont été trop souvent considérés comme des chrétiens d’une catégorie
spirituelle inférieure.
C’est par ce même message de la sainteté parmi les chrétiens courants
que l’Opus Dei contribue principalement à la communion ecclésiale. L’Eglise
est une dans la mesure où ses membres sont unis au Christ, leur Tête
(’communion verticale’), et union au Christ veut précisément dire sainteté.
En effet, l’Eglise est à sa racine une ’communion des saints’. Plus les
membres de l’Eglise recherchent la sainteté, plus ils seront en mesure de
faire face aux tensions inévitables sans causer des divisions.
L’activité de la prélature de l’Opus Dei appuie la pastorale diocésaine
et en étend la portée jusque dans des milieux éloignés de la vie ecclésiale. La plupart des fruits restent dans les diocèses et les paroisses.
L’Opus Dei n’intervient pas pour autant dans leur travail: les compétences
des autorités respectives restent entièrement intactes.
L’Opus Dei se limite à sa tâche
Or, l’Opus Dei contribue à la communion de l’Eglise non seulement parce
qu’il fait, mais aussi par ce dont il s’abstient. Cela signifie, tout
d’abord, que l’Opus Dei ne s’engage pas dans les questions temporelles,
notamment politiques et économiques. Selon son esprit, les catholiques courants – et donc aussi ses membres – doivent affronter ces questions en tant
que chrétiens autonomes, selon leur conscience bien formée et à titre personnel, soit individuellement, soit dans le cadre d’une association ou d’un
parti. L’Opus Dei s’abstient systématiquement de prendre des positions officielles ou officieuses dans ce domaine et d’y obliger ses membres. Cette
attitude correspond à une intention explicite du Concile (cf GS 43). Elle
permet un engagement pleinement chrétien de laïcs autonomes dans le monde,
sans que l’unité de l’Eglise ne soit compromise par des dogmatisations de
convictions particulières.
Loyauté envers les autorités légitimes
A l’intérieur de l’Eglise, la prélature de l’Opus Dei pratique la loyauté envers les autorités légitimes de l’Eglise universelle et locale. Par
conséquent, elle ne connaît pas de doctrine théologique, ni de conception
de l’Eglise, ni de liturgie qui lui soient propres. D’aucune façon elle ne
peut être conçue comme un parti intra-ecclésial ou comme un ’contre-mouvement’. Pour cette raison, une quelconque stratégie pour occuper les charges
ecclésiastiques est entièrement étrangère à son esprit. Si des membres comme tant d’autres – se mettent à disposition de l’Eglise locale, ce n’est
pas par initiative de l’Opus Dei mais à la demande expresse de l’autorité
diocésaine. Pour ce qui concerne leur tâche au service du diocèse, les intéressés ne rendent compte qu’à cette autorité du bon accomplissement de
leur charge. La prélature ne leur donne ni directives ni appui. Ainsi le
problème d’une ’double obéissance’ et le danger d’une monopolisation pastorale sont évités d’avance.
Les causes des controverses
On peut se demander pourquoi une institution si nettement orientée vers
la communion eccésiale est néanmoins présentée parfois comme une force portée au dogmatisme et à la ’polarisation’. Mises à part des causes secondaires ou dues à des circonstances particulières, deux réalités plus fondamentales jouent sans doute un rôle déterminant. En premier lieu, la vocation
du laïc à la perfection chrétienne ne suppose pas seulement une grande dignité, égale à celle du prêtre et du religieux, mais aussi un défi personnel
non moins grand.
D’autre part, l’Opus Dei est une manifestation de la présence de l’Eglise universelle dans les Eglises particulières. Si donc des tensions entre
Eglise universelle et particulière surgissent, l’Opus Dei est affectée involontairement, mais inévitablement. Il peut même arriver qu’il se retrouve
dans le rôle d’un ’paratonnerre’ sur lequel sont déchargées les tensions
(un service à l’unité plutôt peu confortable…)
Pour une unité dans la pluralité
En résumé, la prélature personnelle de l’Opus Dei est par sa nature même
au service de la communion ecclésiale. Elle développe un élément fondamental du dénominateur commun de tous les chrétiens – la sanctification de la
vie normale et concrète – sans établir son propre magistère ni gêner la légitime pluralité. Bref, elle s’efforce de suivre le principe directeur que
déjà saint Augustin a magistralement formulé: dans l’essentiel, l’unité;
dans l’accessoire, la liberté; en tout, la charité ». (apic/beat müller/ba)
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