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apic/Liège / CIDSE

Liège: des évêques d’Europe et d’Amérique du Nord (190197)

plaident pour une aide renouvelée au développement du Sud

Réunion générale de la CIDSE

Liège, 19janvier (APIC) Tous les trois ans, les directeurs d’une dizaine

d’agences catholiques de développement d’Europe et d’Amérique du Nord,

(dont pour la Suisse l’Action de Carême) réunis au sein de la Coopération

Internationale pour le Développement et la Solidarité (CIDSE) font le point

avec les évêques concernés. La rencontre, qui avait lieu cette année à Liège, en Belgique, a débouché le 16 janvier sur une déclaration résumant les

préoccupations principales en matière de développement.

Mgr Pierre Morissette, évêque de Baie-Comeau, au Québec, a relevé l’accent principal de cette déclaration: la cause du développement semble susciter moins d’intérêt en Occident qu’à l’époque du Concile Vatican II

(1962-1965). Or, les richesses restent inégalement réparties. On ne remédiera pas à ce grave problème par des aides d’urgence aux victimes de catastrophes. Les évêques invitent donc les catholiques et leurs concitoyens à

entreprendre un nouveau combat pour le développement, tout en plaidant pour

des relations de partenaires entre le Nord et le Sud.

Pour le secrétaire général de la CIDSE, Koenraad Verhagen, cette déclaration épiscopale arrive au bon moment pour encourager dans leur travail

les différentes agences catholiques de développement, alors que la CIDSE

essaie de prendre «un nouveau tournant». Ce tournant concerne, d’une part,

un affinement dans la concertation et dans la répartition des efforts: chaque organisme peut ainsi être plus efficace dans la prise en charge d’une

région particulière, tout en gardant la possibilité de faire appel à ses

associés européens ou américains pour plus de moyens.

Intervenir auprès des responsables politiques

D’autre part, tous attendent de la CIDSE une capacité d’intervention et

de pression politique auprès des instances et des institutions internationales, à commencer par l’Union Européenne. Cet aspect sans doute plus

nouveau a été vivement encouragé par les évêques. Il serait impensable que

les responsables politiques ne soient pas interpellés sur leur politique en

matière de développement alors qu’il y va de la répartition mondiale des

ressources et de la justice internationale.

La réunion de Liège a été l’occasion de préciser une autre priorité pour

la CIDSE: la rédaction d’un document nuancé sur la dette internationale, de

manière à mieux définir les réactions communes à adopter face aux sévères

politiques d’ajustement structurel imposées aux pays du Sud par la Banque

Mondiale et les gouvernements occidentaux.

Vous avez dit: développement ?

Les organisations catholiques d’aide au développement sont nées pur la

plupart dans la foulée du concile Vatican II. Elles ont été voulues par les

Conférences épiscopales des pays du Nord en vue de soutenir les populations

du Sud dans leur propre développement. Les Actions de Carême représentent

donc, rappelle Mgr Morissette, «l’effort de toute une Eglise».

Les campagnes de Carême n’ont certes pas toujours été bien comprises. Il

arrive encore, reconnaît Mgr Morissette, que des évêques eux-mêmes se posent des questions: «Est-il bien nécessaire de maintenir des organisations

spécifiquement catholiques? L’argent récolté ne doit-il pas aller en totalité aux pays du tiers monde? Les sommes consacrées à conscientiser les

gens du Nord ne sont-elles pas disproportionnées ou même inutiles?»

Sur ces deux points, tous les évêques délégués à Liège par leur Conférence épiscopale ont été d’accord avec les orientations mises en oeuvre depuis des années. Comme le rappelle Jacques Vellut, coordinateur national

d’»Entraide et Fraternité» de Belgique : «Le fait d’être catholique ne saurait intervenir comme critère dans les projets que nous soutenons. Bien entendu, nos partenaires peuvent être des animateurs d’un diocèse, lorsqu’il

dispose de structures d’intervention bien organisées. Mais en Asie, les

groupements de pêcheurs que nous appuyons ne sont pas catholiques, alors

qu’ils oeuvrent dans le sens d’un développement intégral. De même, en Afrique du Sud, c’est sur une base oecuménique que se mènent les actions majeures pour le développement.»

Le défi qui a marqué la rencontre de Liège est celui d’une nouvelle solidarité. Mgr Morissette explique: «Ces dernières années, on a vu naître

des organisations nouvelles qui suscitent des appels de fonds en passant

par la télévision, en misant sur le misérabilisme ou sur le parrainage. Je

ne dis pas que c’est inutile ou que c’est perdu. Mais qu’est-ce que ça va

changer à long terme? En réglant le problème au cas par cas, on ne s’attaque pas aux causes. Bien sûr, c’est plus facile d’aller chercher de l’argent en montrant des cas misérables. Mais le développement, c’est autre

chose. C’est la justice, la paix, la solidarité, l’échange des cultures

tout à la fois. Avec la difficulté supplémentaire qu’aujourd’hui, l’aide au

développement doit se situer sur un marché de concurrence. Il faudra bien

apprendre à vivre avec ça.» (apic/cip/mp)

La déclaration intégrale de la CIDSE figure en document à la fin de ce bulletin APIC

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