apic/Bosnie/Tensions croato-musulmanes/Les deux côtés responsables
Sarajevo:Tensions entre Musulmans et Croates en Bosnie (170197)
Le cardinal Puljic dénonce
les extrémistes des deux bords
Sarajevo, 17janvier (APIC) En Bosnie, les extrémistes «des deux bords» Croates et Musulmans – sont responsables du «climat inamical» qui s’est développé dans la Fédération croato-musulmane, et dont souffrent les deux
communautés, déplore le cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo.
Dans une intervention en direct sur les ondes de la télévision de Sarajevo, le chef de la communauté catholique a critiqué la municipalité de la
ville qui favorise les Musulmans par rapport aux Croates en matière de logements. Les autorités de la ville n’aideraient pas dans la même mesure les
familles musulmanes et les familles croates pour la reconstruction des appartements détruits.
Les Croates poursuivent aussi la logique ethnique
Mgr Puljic regrette d’autre part que les membres croates des instances
de la Fédération croato-musulmane délaissent la minorité croate de Sarajevo. Certes, ces instances sont occupées de façon paritaire par les Croates
et les Musulmans, mais les Croates, dans une très large mesure, ne défendent que les intérêts des zones de peuplement croates comme l’Herzégovine,
Jajce, Vitez et Kiseljak.
Le voyage du pape a exacerbé les tensions
Le voyage du pape à Sarajevo, prévu en automne 94 puis abruptement annulé, a exacerbé les tensions interethniques dans la ville, a laissé entendre
le général français Philippe Morillon, qui se trouvait cette semaine à Rome
en tant que président du Comité de coordination interministérielle des
XIIème Journées Mondiales de la Jeunesse.
Ce ne sont pas seulement des raisons de sécurité mais également les tensions croissantes entre musulmans et croates en Bosnie qui ont été déterminantes dans la non venue du pape à Sarajevo, a relevé l’ancien chef de la
Force de protection des Nations Unies en ex-Yougoslavie. En septembre 1994,
les relations entre Croates, Serbes et Musulmans s’étaient radicalisées «de
façon presque irrationnelle» et il fallait craindre qu’une visite du pape,
au lieu de promouvoir la paix, eût encore davantage aiguisé les contradictions. Dans cette situation, les risques pour la vie du pape auraient été
extrêmement élevés. Yashushi Akashi, à l’époque représentant spécial de
l’ONU en ex-Yougoslavie, avait estimé les risques que le pape pût être tué
à 50%, a-t-il révélé. (apic/kap/be)
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