Immeuble londonien: camouflet pour le Vatican

Un tribunal britannique affirme que le Vatican n’a pas été trompé lors d’un procès statuant sur un des volets de l’affaire de l’immeuble de Londres, affirme le quotidien Il Corriere della Sera le 24 mars 2021. Le juge a estimé que dans une des opérations suspectes conclues avec le courtier Gianluigi Torzi, le Saint-Siège – notamment le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État – était pleinement au courant des conditions acceptées.

Le 5 juin 2020, les promoteurs de justice du Vatican avaient procédé à l’arrestation de Gianluigi Torzi, homme d’affaires à qui la Secrétairerie d’État avait confié, quelques mois plus tôt, le transfert des actions qui lui donnaient le contrôle de l’immeuble du 60, Sloane Avenue, à Londres. La justice vaticane avait contre lui plusieurs chefs d’accusation, dont celui d’extorsion, et avait demandé le gel de tous ses avoirs liés à l’affaire.

Trompés ou pas trompés?

La justice anglaise avait été sollicitée par le Vatican à propos des fonds gérés par Vita Healthy Ltd, basée à Londres, une des sociétés avec laquelle Gianluigi Torzi avait opéré le transfert des actions jusqu’alors administrées par Raffaele Mincione, un homme d’affaires italo-britannique au cœur du volet principal du scandale de l’affaire de Londres. Cependant, le juge britannique de la cour de Southwark, qui a étudié l’opération, a considéré que les responsables de la Secrétairerie d’État n’ont pas été trompés dans cette affaire. Il a donc ordonné le dégel des avoirs du courtier originaire de Molise, au centre de l’Italie.

Les promoteurs de justice – magistrats du Saint-Siège – considéraient que Gianluigi Torzi avait profité de l’incompétence d’un des acteurs de l’affaire, Mgr Alberto Perlasca, pour conclure le marché de façon malhonnête. Selon eux, il aurait alors donné à la Secrétairerie 30’000 actions sans droit de vote et gardé pour lui les seules 1’000 actions avec droit de vote, celles qui lui donnaient le droit de gérer la propriété. Il aurait alors utilisé ce levier pour essayer d’obtenir 15 millions d’euros de la part du Saint-Siège.

Le Saint-Siège au courant

La justice britannique considère au contraire que le Saint-Siège était au courant des termes de l’affaire puisque même le cardinal Parolin avait donné son aval par écrit à l’opération. Une note du haut prélat italien a été lue lors du procès. Il y est écrit: «Après avoir lu ce mémorandum, également à la lumière des explications fournies hier soir par Mgr Perlasca et le Dr Tirabassi, après avoir été rassuré sur la validité de l’opération (qui apporterait des avantages au Saint-Siège), sa transparence et l’absence de risques de réputation […], je suis favorable à la conclusion du contrat. Merci. P Parolin».

Autre problème soulevé par le juge: le fonctionnaire laïc en charge de l’opération du côté de la Secrétairerie d’État, Fabrizio Tiribassi, aurait même conclu un accord oral avec Gianluigi Torzi. Une note signée par le fonctionnaire présentée lors de l’audience affirme que les deux hommes étaient tombés d’accord sur une rémunération à hauteur de 3% de la valeur totale de l’immeuble, soit 9,1 millions d’euros environ. (cath.ch/imedia/cd/rz)

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