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apic/France/Quand l’Eglise communique/1000 numéros pour le SNOP/

France: 1’000 numéros pour le BIP, le SNOP et le BIP-SNOP (050197)

Une date mémorable pour la communication des Eglises

Paris, 5janvier (APIC) Le SNOP, la lettre d’information de la Conférence

des évêques de France, en est à son millième numéro. Celui-ci, daté du 27

décembre 1996, propose un cahier spécial anniversaire faisant le bilan de

25 ans au service de l’information, mais aussi de l’oecuménisme.

C’est le 1er février 1971 que paraissent dans une même livraison trois

bulletins hebdomadaires: le BIP (Bulletin d’Information Protestant), le

SNOP (Secrétariat national de l’opinion publique) et le BIP-SNOP. L’idée de

ce triple cahier est lancée par le pasteur Richard-Mollard (Fédération Protestante de France), et par Mgr Pichon, responsable de l’information au secrétariat de la Conférence épiscopale catholique. Il s’agit de mettre à la

disposition des journalistes, ainsi que de tous ceux qui portent une responsabilité dans l’Eglise, le maximum d’information sur la vie des Eglises, mais aussi – et c’est là la grande nouveauté -, de réaliser ensemble

un bulletin oecuménique d’information, le BIP-SNOP.

Plus tard est venu s’ajouter le SOP (Service Orthodoxe de Presse), le

tout fonctionnant dans le cadre de l’Association des services d’information

chrétienne (ASIC), permettant aux Eglises catholique, protestante et orthodoxe de «donner ensemble aux communicateurs, et par eux à l’opinion publique, les différentes facettes de l’unique visage du Christ», note dans le

numéro anniversaire le P. Evdokimov, directeur du SOP.

L’argument oecuménique

Ce cahier anniversaire donne la parole aux directeurs successifs de la

lettre d’information du SNOP: le P. Paul Huot-Pleuroux, son créateur, et

ceux qui le suivirent, qui furent tous porte-parole de la conférence des

évêques: Mgr Jacques Fihey, aujourd’hui évêque de Coutances, Mgr Jacques

David, évêque d’Evreux, le P. Michel Boulet, le P. Jean-Michel di Falco.

Mgr David souligne la dimension oecuménique de l’entreprise, qui a permis au SOP de démarrer. «Nous avons eu des crises, avoue-t-il, j’ai dû une

fois ou l’autre discuter ferme avec le pasteur Georges Richard-Mollard, qui

dirigeait le BIP, mais nous avons toujours tenu par souci d’oecuménisme. La

Commission épiscopale de l’Opinion Publique a parfois posé la question de

sa suppression, se demandant si le rapport qualité-prix était suffisant.

C’est l’argument oecuménique qui a emporté la décision de continuer.»

C’est encore le souci oecuménique qui a présidé plus tard à la création

du bulletin oecuménique BSS (BIP-SNOP-SOP), par le P. Michel Boulet (SNOP),

la pasteure Claudette Marquet (BIP) et Jean Tchekan (SOP).

«Soyez em…bêtants»

Du côté des évêques, Mgr Marchand, qui préside le Comité permanent pour

l’Information et la Communication, souhaite que le SNOP continue de s’adapter pour devenir «une véritable petite agence de presse de l’Eglise» au

service de ceux qui sont chargés de la communication. Mgr Duval, président

de la conférence épiscopale de 1990 à 1996, rappelle que la fonction pemière du SNOP est d’être «un outil pour tous ceux qui doivent, pour des raisons professionnelles, être informés des positions officielles de l’Eglise

catholique en France». D’où son souhait que le SNOP «s’impose encore davantage comme une publication de la Conférence pour exprimer les positions officielles de l’Eglise catholique en France».

Le cardinal Lustiger se réjouit de voir le SNOP publier les textes «dans

leur intégralité et sans présentation interprétative» et relever dans le

flot des dépêches et communiqués touchant l’Eglise dans le monde «ceux qui

seront passés sous silence par les médias», afin de donner à ses lecteurs

la possibilité d’apprécier «les nouvelles quotidiennes que les rédactions

refaçonnent à leur gré». Il rappelle le conseil que Beuve-Méry donnait à

ses collaborateurs: «Soyez em…bêtants». Le SNOP ne doit pas chercher à

séduire ni à conquérir des lecteurs, dit-il, mais donner «avec une rigueur

vigilante les moyens d’une information honnête et complète sur la vie de

l’Eglise».

Du côté des journalistes, Martine Nouaille (Agence France Presse) se réjouit de trouver dans le SNOP des informations inédites et des textes qui

permettent d’étoffer une information. Outre qu’il regrette le rythme de parution (désormais bimensuel), Henri Tincq (»Le Monde») regrette le ton

«trop lisse» d’une revue «où ne transpire aucune trace des débats qui agitent (heureusement) l’épiscopat et l’Eglise». Monique Hébrard (Panorama»)

souhaite de son côté que le SNOP «apporte plus directement sa pierre (pourquoi pas une tribune ouverte à des journalistes, des patrons de presse…)

à un débat nécessaire et urgent sur la communication de l’Eglise au plan

national».

«Utile, mais pas indispensable», résume un peu abruptement Béatrice Houchard (»La Vie»). Le service rendu est néanmoins largement apprécié par les

utilisateurs: sur une trentaine de pages se succèdent des documents officiels, des échos de la vie des diocèses et de l’Eglise universelle, la présentation des services et des mouvements…

Le bien ne fait pas de bruit

«L’Eglise ne veut pas communiquer», entend-on pourtant. Le slogan fait

sourire le P. Olivier de la Brosse, actuel porte-parole de la conférence

épiscopale. La foi chrétienne repose sur l’incarnation en ce monde du Verbe

de Dieu, rappelle-t-il dans l’éditorial du no 1000: «Jésus-Christ est la

Parole même que Dieu adresse aux hommes; le recueil de ses paroles porte le

nom d’Evangile, c’est-à-dire Bonne Nouvelle. Dans ce petit livre, tout événement est rencontre, échange, communication…» L’Eglise «est» communication, et toute son histoire coïncide avec sa mission, puisqu’elle n’a cessé

d’être envoyée au plus loin pour porter son message.

D’autres diront: l’Eglise veut bien communiquer, mais elle ne sait pas

le faire. Le P. de la Brosse admet qu’il y a du vrai dans cette critique.

«Ce que l’Eglise aime à communiquer, ajoute-t-il, c’est l’Evangile, et pas

d’abord la communication en elle-même! Elle privilégie (…) l’annonce de

la foi ou le témoignage de la charité, l’action sociale ou l’éducation à la

prière, l’expression liturgique ou l’enseignement doctrinal: dans les mille

facettes de son rayonnement, elle ne place pas toujours au premier rang le

souci de faire savoir ce qu’elle fait. L’objet lui semble plus important

que l’image.»

De bons motifs plaident pour cette attitude: la croissance du Royaume

est comparée par le Christ à la lente germination du grain dans la terre, à

l’action invisible du levain dans la pâte. L’humilité ecclésiastique y

trouve aussi son compte à peu de frais: la discrétion dans la communication

permet parfois de masquer la timidité du message.

En réalité, l’Eglise fait beaucoup de choses, note le P. de la Brosse,

mais le clerc n’éprouve pas le besoin de trop le dire: la vérité dans le

domaine de la foi, l’efficacité dans celui de l’action, la fécondité dans

le domaine spirituel lui semblent suffisantes: «A ses yeux, très souvent,

le ’faire’ se passe de commentaire, et n’a pas besoin d’être escorté par le

’faire savoir’.» Le spirituel traduit: «Le bien ne fait pas de bruit, et le

bruit ne fait pas de bien». Mais le publicitaire rétorque: «Si vous dites

mal ce que vous faites bien, tout le monde croira que vous le faites mal.»

Pourquoi ces réticences de l’homme d’Eglise ? «Elles proviennent peutêtre, suggère le P. de la Brosse, en partie de la nature même de la

fonction d’enseignement. Dans un rôle de ’Mater’ et de ’Magistra’, l’Eglise

est à l’aise. Elle se sent alors au service de la Vérité, tâche dont elle

est investie par le Seigneur. S’il lui faut informer, elle est plus réticente, estimant n’avoir pas de comptes à rendre sur ce qu’elle fait. Quant

à la communication, qui est de l’ordre du bilatéral, de l’échange, elle

craint parfois d’y rencontrer la contestation et l’affrontement… Le clerc

aime enseigner, il informe avec réticence, il lui arrive de communiquer

avec crainte.»

Et cependant, le modeste bulletin SNOP porte le no 1000. Et cela fait 25

ans que ça dure! Il y a aujourd’hui en France 83 délégués épiscopaux à

l’information, 65 radio chrétiennes, 102 bulletins diocésains, sans parler

de la presse paroissiale et régionale, des émissions de télévision, des revues, des maisons d’édition et une presse catholiques… 1986 a vu naître

le minitel «3615 Gabriel», et la récente visite de Jean-Paul II en France a

coïncidé avec l’entrée de la Conférence des évêques sur un site Internet

qui lui est propre. Pas mal pour une Eglise qui a du mal à communiquer!

(apic/cip/mp)

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