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Rome: la basilique Saint-Pierre se paie un lifting en vue du Jubilé

Les travaux débutent en mars pour se terminer en septembre 1999 (270297)

Rome, 27février(APIC) La guerre contre l’oxyde d’azote, l’anhydride sulfurique et l’ozone a commencé: Pour effacer leurs outrages, une campagne de

restauration de la façade de la basilique Saint-Pierre commencera. d’ici le

mois de mars 1997. Elle durera jusqu’en septembre 1999.

Protagonistes de cette entreprise monumentale: la fabrique Saint-Pierre

et la société pétrolière ENI, partenaire scientifique et technologique. Le

projet a été présenté ce matin à la presse par Mgr Vittorio Lanzani, secrétaire de la Fabrique de St-Pierre, représentant le cardinal Virgilio Noé,

président de la Fabrique et archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, grippé.

Pour le cardinal Noé, l’entreprise est à situer dans le cadre de la

marche vers le grand Jubilé, officiellement ouverte par le pape le 30

novembre dernier. Des milliers de fidèles franchiront les portes de la

demeure de Pierre, et la façade de Maderno devait retrouver sa splendeur,

endommagée surtout par la pollution atmosphérique. Le Jubilé offre

l’occasion propice à des travaux qui devaient de toute façon être

effectués.

Trois phases, de 1977 à 1999

Des travaux s’étaient déjà déroulés en 1985-1986, de façon à consolider

les structures de la basilique. Cette nouvelle campagne vise la restauration et le nettoyage de la façade, c’est-à-dire le retour à la blancheur

originelle de la pierre. Certaines technologies de pointe une fois mises en

place continueront de mesurer et de contrôler les modifications de l’environnement et des structures de la façade de la basilique, pour assurer à

l’avenir une meilleure conservation de l’ensemble.

De mars 1997 à septembre 1999, les trois phases de travaux seront la restauration, tout d’abord des ailes gauche et droite de la façade (surmontées par les horloges), puis des deux pans latéraux, et enfin du portique

central avec la loggia des bénédictions.

Ces phases comprendront la mise en place d’échafaudages neufs,

inoxydables et sans boulons, conformes aux dernières exigences des normes

européennes sur la sécurité dans le travail. La surface à restaurer

représente celle d’un terrain de football: 2’200 m2 pour les deux premières

phases et 1’700 m2 pour la dernière. Les échafaudages n’empêcheront pas le

va-et-vient des pèlerins et des touristes, ni les bénédictions Urbi et Orbi

depuis la loggia.

Haute technologie

Mais ceci n’est que la pointe de l’iceberg technologique. Les phénomènes

de dégradation, que l’INA a déjà analysés sur d’autres monuments, requiert

une connaissance approfondie des matériaux: morphologie, configuration moléculaire, différence entre superficie et masse interne. Elle requiert également un relevé des caractéristiques physiques et mécaniques dues à la dilatation thermique, la porosité, la conductibilité, etc.

Il faudra tenir compte encore des phénomènes météorologiques, de la qualité de l’air ambiant et de leurs variations selon les heures, les saisons,

les années, bref du micro-climat. Il s’agira de mesurer la vitesse du vent,

le niveau des radiations solaires, l’intensité de la pluie, tout comme la

pollution due à la circulation, au chauffage et à l’activité industrielle.

Mais ce n’est pas tout: des facteurs géologiques et les micro-séismes doivent eux aussi être pris en compte soigneusement.

Afin de diagnostiquer les causes de dégradation et les corrélations entre elles, l’ENI met sa technologie à la disposition de la restauration de

la basilique: résonance magnétique, tomographie acoustique (utilisation des

ultrasons pour reconnaître les matériaux), microscope électronique, diffraction aux rayons X, laboratoire chimique mobile etc. Les données seront

recueillies dans un ordinateur central capable d’analyser les variations en

temps réel et d’élaborer graphiques et diagrammes correspondants. Associé à

un modèle mathématique, l’ordinateur pourra intégrer toutes les informations et reproduire le comportement structurel de la basilique

Un apport certain pour la recherche scientifique sur les caractéristiques de la construction et les comportements des structures. Plus qu’un

sponsor Présente dans 80 pays, la firme ENI se veut attachée à l’amélioration de ses produits depuis 20 ans et en particulier de manière à améliorer

la qualité de l’air respiré par les citadins. Dans cette optique, elle insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de «sponsoriser» la restauration. La

firme déclare en effet prêter un intérêt particulier à la réduction de

l’impact des combustibles sur la ville. «Il y va de la qualité de notre

service au client, souligne Franco Bernabé, nous voulons mettre au service

de la restauration les connaissances et les compétences que nous aurions de

toute façon investies pour l’amélioration de la qualité de notre impact sur

la vie urbaine».

«Cela fait partie de notre logique d’entreprise, ajoute Guglielmo Moscato. Une logique qui est un sens de la responsabilité vis-à-vis de l’environnement naturel et culturel. Les coûts seront donc assumés dans l’optique

des dépenses de l’entreprise. Une opération de type «technique et scientifique» plutôt que «commerciale», en définitive. Mais Saint-Pierre n’est pas

n’importe quel monument et le Jubilé n’importe quelle circonstance: l’ENI

est bien consciente que des millions de personnes profiteront des résultats

de la restauration.

Trois fois 3 milliards de lires

En tout, on estime les dépenses à couvrir à 3 milliards de lires par an,

soumis aux fluctuations dues aux éventuels problèmes qui surgiraient en

cours de route et aux nouvelles analyses. Deux équipes d’une vingtaine de

personnes seront nécessaires. L’ENI se charge de leur formation.

La basilique «moderne» a atteint l’âge vénérable de 383 ans et célébrera

en 2006 le 5e centenaire de la pose de la première pierre. Sans doute l’occasion de s’attaquer à un autre morceau de choix: la coupole. Les relations

entre l’ENI et la Fabrique de Saint-Pierre devraient donc se poursuivre

dans le prochain millénaire. (apic/imed/pr)

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