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Rome:Sollicitude de l’Eglise pour les divorcés remariés (250297)
Ils restent toutefois exclus des sacrements
Rome, 25février(APIC) Dans un document sur les divorcés remariés publié
mardi, le Vatican insiste une nouvelle fois sur la sollicitude pastorale à
leur égard, mais souligne à nouveau qu’ils restent exclus des sacrements.
Les quatre pages de « recommandations » aux évêques, publiées mardi dans
le bulletin de la salle de presse du Saint-Siège, réaffirment en effet
clairement à l’adresse des pasteurs que les divorcés remariés ne peuvent
recevoir ni le sacrement de pénitence ni l’eucharistie.
Les divorcés remariés restent membres de l’Eglise
« Que ces hommes et ces femmes, déclare Jean-Paul II à propos des personnes divorcées remariées, sachent que l’Eglise les aime, n’est pas loin
d’eux, et souffre de leur situation. Les divorcés remariés sont et demeurent ses membres, parce qu’ils ont reçu le baptême et conservent la foi
chrétienne ».
C’est dans cet esprit que le Conseil pontifical pour la Famille a tenu
au Vatican, fin janvier, sa XIIIe assemblée plénière sur le thème de la pastorale des personnes divorcées remariées.
La valeur du sacrement de mariage réaffirmée
Les « recommandations » aux évêques publiées mardi réaffirment la foi dans
la valeur du sacrement de mariage et la compassion pour les souffrances qui
accompagnent l’échec de l’amour conjugal et les divorcés. Ne voulant pas se
contenter de « dénoncer les erreurs », le magistère romain veut « mettre en
oeuvre » tous les moyens pour que les communautés locales puissent apporter
leur soutien aux personnes qui vivent de telles situations.
Quatre principes sont affirmés d’emblée: la solidarité de toute la communauté, l’importance de la vertu de miséricorde, dans le respect de la
vérité du mariage, la confiance dans la loi de Dieu et les dispositions de
l’Eglise en faveur du mariage et de la famille, un esprit animé par l’espérance. Ces principes doivent, suggère le document, inspirer la formation
des prêtres et des laïcs engagés dans la pastorale familiale.
Considérer l’éventuelle nullité du mariage
De plus, trois objectifs sont présentés de façon à aider la redécouverte
du sens du mariage chrétien et de la vie conjugale. La fidélité: la communauté chrétienne doit apporter son soutien à la fidélité au sacrement du
mariage. L’aide: pasteurs, familles, amis doivent apporter leur soutien aux
familles en difficulté, y compris par le recours aux tribunaux ecclésiastiques, en aidant les personnes à considérer l’éventuelle nullité de leur mariage. Enfin, l’accompagnement spirituel.
Surtout aucun signe de légitimation de la nouvelle union
Les recommandations affirment, dans le cas de chrétiens divorcés qui recourent à un second mariage civil: « l’Eglise ne peut exprimer aucun signe,
public ou privé, qui pourrait apparaître comme une légitimation de la nouvelle union ». Mais cela suppose une présence auprès des personnes pour leur
témoigner autrement de la miséricorde de Dieu et permettre éventuellement
un chemin de conversion.
Sur fond de miséricorde et de solidarité de la communauté chrétienne,
les recommandations conseillent enfin d’inviter les personnes à reconnaître
leur situation irrégulière comme comportant un état de péché, et donc à
demander à Dieu la grâce d’une vraie conversion. Les inviter aussi à satisfaire aux exigences de justice élémentaire envers le conjoint et les enfants, à prendre conscience de leurs responsabilités, et à commencer un
chemin vers le Christ, en particulier grâce à un dialogue de foi avec le
nouveau partenaire. Conversion, prière, participation à la liturgie. Mais
le document réaffirme clairement à l’adresse des pasteurs que les divorcés
remariés ne peuvent recevoir ni le sacrement de pénitence ni l’eucharistie.
Le Vatican, qui qualifie le nombre croissant de divorces de « plaie sociale », estime que l’Eglise doit faire plus pour empêcher cette tendance.
Quant à l’Etat, il n’est pas épargné, car il porte aussi une part de responsabilité dans ce fléau en raison d’une législation trop libérale et d’un
manque de soutien à la famille.
L’admission aux sacrements, la demande essentielle des divorcés remariés
Certes, ce document montre un souci pastoral envers les divorcés remariés, mais ne répond pas à leur demande, à savoir l’admission aux sacrements sous certaines conditions, comme le réclament plusieurs évêques dans
différents pays. En septembre 1993, trois évêques du sud-ouest de l’Allemagne – Mgr Karl Lehmann, évêque de Mayence et président de la Conférence
épiscopale allemande, Mgr Oskar Saier, archevêque de Fribourg-en-Brisgau,
et Mgr Walter Kasper, évêque de Rottenburg-Stuttgart – avaient publié une
lettre pastorale commune.
Les trois évêques allemands ne mettaient pas en doute l’indissolubilité
du mariage, mais ils estimaient que l’on ne pouvait pas sans autre exclure
des sacrements, de façon globale et sans examiner les cas particuliers, des
catholiques divorcés et remariés, comme l’exige en principe l’Eglise.
L’Eglise devrait respecter le désir d’un catholique divorcé remarié de recevoir la communion « après un examen sérieux ».
Dans la rubrique « Forum » du quotidien français « La Croix », Mgr Armand Le
Bourgeois, évêque émérite d’Autun, rappelait récemment que ces évêques se
sont fait « rappeler à l’ordre » par Rome. Ils ont toutefois réaffirmé leur
position en insistant sur le rôle de la conscience individuelle pourvu
qu’elle soit dûment éclairée. Mgr Le Bourgeois, auteur de l’ouvrage « Chrétiens divorcés remariés », plaide dans le même sens, et il affirme que plusieurs évêques et nombre de théologiens partagent ce point de vue. (apiccic/imedia/kna/cx/be)
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