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Rome: L’Eglise et la femme: pas de complexe à avoir (190297)
L’Eglise n’est pas la General Motors, rappelle M.A. Glendon
Rome, 19février(APIC) «L’Eglise n’a aucun complexe à avoir. Dans le domaine de l’égalité entre les hommes et les femmes, les institutions ecclésiastiques s’en sortent mieux que les grands groupes économiques et financiers, que les bureaucraties étatiques, que les universités et les Nations
Unies, estime Mary Ann Glendon, la juriste américaine qui conduisit la délégation du Saint- Siège à la conférence internationale sur la femme de Pékin.
«En effet, dans tous ces secteurs, la participation des femmes, spécialement au plus haut niveau, n’est pas toujours acceptée.» M.A. Glendon,
professeur de droit à l’Université de Harvard, tient ce propos dans la préface d’un ouvrage intitulé «Au delà de Pékin. Les femmes et l’Eglise de
l’an 2000″, qui vient de paraître en Italie chez l’éditeur Mondadori. Le
livre recueille plusieurs interventions de personnalités italiennes sur de
ce thème.
Dans son plaidoyer, la juriste observe que, contrairement aux entreprises et aux institutions publiques, «l’Eglise ne demande pas aux femmes de
sacrifier leur vie familiale à leur carrière». Elle répond aussi d’un trait
à la critique courante selon laquelle, dans l’Eglise, le sacerdoce est réservé aux hommes: «Il est évident que l’Eglise n’est pas régie comme la General Motors ou comme un Etat. Le sacerdoce n’est pas une profession, mais
un appel divin. Il ne s’agit pas de commandement mais de service. Qui pourrait soutenir que l’appel à la sainteté de Mère Teresa soit inférieur à celui de l’archevêque de Calcutta?»
Sur un plan historique, elle rappelle qu’»une des grandes conquêtes de
l’Eglise fut de faire accepter l’idée de monogamie permanente dans un contexte culturel où l’homme pouvait répudier sa femme et où la polygamie
était courante». Plus tard, l’Eglise s’est opposée avec fermeté aux mariages de raison sans l’assentiment de la future épouse. Enfin, plus récemment, observe Marie Ann Glendon, «les politiques des pays européens en matière de protection des mères et des enfants furent profondément influencées par la pensée sociale catholique».
Depuis le Concile Vatican II, note M.A. Glendon, l’Eglise a encore insisté davantage pour obtenir l’égalité des droits entre l’homme et la femme,
en particulier dans les pays ou les couches sociales où personne ne prend
la défense des femmes. Un combat de l’Eglise qui repose la volonté de voir
les femmes «participer pleinement à la vie sociale, économique et politique».
Sur un plan interne à l’Eglise, le concile Vatican II a déclenché «une
augmentation extraordinaire de la participation féminine à la vie de
l’Eglise», à tous les niveaux et dans tous les secteurs d’interventions.
(apic/imed/mp)
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