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Amérique centrale: visite d’une délégation de Pax Christi international

Inquiétudes pour les oubliés des accords de paix (190297)

Fribourg, 19février(APIC) Des centaines de milliers de personnes du Chiapas, du Guatémala et du Salvador vivent dans la pauvreté et dans la misère.

Les accords et le processus de paix les ont ignorées et continuent à les

ignorer, déplore la délégation de Pax Christi international, dans son rapport rédigé après sa visite au Salvador du 29 janvier au 7 février. Les 8

membres de la délégation, dont le secrétaire de Pax Christi Suisse, Martin

Bernet, avaient auparavant fait escale dans le Chiapas et au Guatémala.

Comme dans le reste de l’Amérique latine, les pauvres de ces pays, Indios ou descendants d’Indios pour la plupart, sont exclus de la participation aux prises de décision socio-économique, indique un communiqué. La délégation montre du doigt les «modèles de développement qu’imposent la Banque mondiale et le FMI». Au détriment des plus démunis.

Selon la délégation, la violence, la délinquance et les crimes ont dangereusement augmenté ces dernières années, en particulier au Salvador. «Les

racines de cette violence se trouvent essentiellement dans les structures

économiques et politiques inchangées. «Ces structures continuent à être

l’obstacle majeur à une paix globale dans la région». De plus, constate la

délégation, des lois d’amnistie générale ont été prononcées au Guatémala et

au Salvador. L’impunité est «ainsi devenue un principe quasi légal qui ouvre la porte à toute sorte d’abus et de corruption».

Au Salvador, la délégation a rencontré de nombreux représentants des

différents secteurs de la société salvadorienne, des défenseurs des droits

de l’homme, des membres de l’Assemblée nationale, de la Cour suprême et de

la commission électorale, de l’Eglise catholique, du monde associatif et de

communautés paysannes.

Craintes pour les prochaines élections

La délégation s’inquiète enfin des élections prévues à la mi-mars. «Elles auront lieu dans quelques semaines, mais sans que des réformes essentielles de la loi électorale aient pu se réaliser. Le gouvernement s’est

appliqué maintes fois à les retarder». Pour la première fois depuis les accords de paix – 16 janvier 1992 -, ces élections se dérouleront «sans surveillance massive internationale». Seront-elles réellement «un lieu d’expression de la volonté politique de tous les secteurs du Salvador»? De ne

pas l’être, elles pourraient bien exprimer «la fausse promesse d’une démocratie encore inexistante» et devenir «simplement une autre façon de réprimer le peuple».

Des entretiens, conclut la délégation, il ressort très clairement que la

construction d’une économie solide permettant la participation de tous les

Salvadoriens reste encore à faire. Selon les membres de Pax Christi, les

indicateurs économiques pointent vers le haut, «mais ils masquent une économie dépendante des millions de dollars que les expatriés font parvenir au

pays et du blanchiment d’argent du trafic de drogue et de voitures. (apiccom/pr)

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